En coupant à travers la ville dans l’idée de rejoindre les amis de la librairie Vaugeois, on tombe par hasard sur cette allée qui s’enfonce sous les arbres : dans cette ville où tout est en français, le fer forgé indique Saint-Patrick cemetary.
Il faut avoir visité Grosse-Île pour que l’histoire des Irlandais (et celle en creux de l’Irlande) soit définitivement mêlée à celle des émigrants de France, même pauvreté, même radicalité de l’accueil dur.
C’est ici qu’on les enterre, les (…)
chronique photos et journal, par François Bon
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2010.01.28 | Québec, tombes, fleuve, neige
28 janvier 2010, par François Bon -
mettre en page
25 janvier 2010, par François BonToujours bizarre de penser qu’ayant publié un premier livre en 1981, il m’ait fallu attendre 2008 et l’onde de choc sismique du numérique pour avoir à m’occuper de mise en page. Avant, non : en 80 et 81, équipé d’une IBM à sphère il m’arrivait fréquemment d’effectuer des travaux de dactylographie, corrections de thèse etc, mais ce n’était pas la préparation d’un livre. Avec la collection Déplacements au Seuil (merci Flore Roumens et Gilles Toublanc) j’ai pu, pendant 18 mois, bénéficier de (…)
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0,75 dollar le repas
22 janvier 2010, par François BonDepuis notre déménagement, c’est la maison d’à côté. Il fait un hiver à Québec beaucoup plus serein qu’en France, mais à 17h il fait nuit noire. Alors, passant devant le couloir avec la file, et l’immense salle jaune aux grandes tables, il y a tous les visages, face, profil. Et cette façon si spécifique de manger, ici, à Nancy, n’importe où, quand c’est ici qu’on mange. Ils gardent casquettes ou bonnets. Il y a tous les âges, des couples aussi, beaucoup. L’Amérique comme machine à faire les (…)
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2010.01.20 | Descartes crâne à Québec
20 janvier 2010, par François BonCe n’est pas de la faute des Québécois, et l’exposition paraît-il est remarquable, tant mieux. M’enfin, pourquoi venir respirer dans nos petits secrets de famille, pas les plus avouables ? En plus, ici, les urinoirs sont partout de marque Crane, on a ce mot-là devant les yeux chaque fois que. En Europe, c’est notre plaie : on a le crâne de Goethe et sa cervelle, à la BNF le coeur momifié de Voltaire en petites bandelettes sous le socle de la statue, et donc environ 4 ou 5 crânes de (…)
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2010.01.18 | à Québec il y a aussi des dimanches
18 janvier 2010, par François Bonusine, bateau, silo, trains
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2010.01.17 | Montréal, atelier, les mains
17 janvier 2010, par François BonMain douce, main pâle, mais forte et main vieille
Main des étés au soleil
Main du travail à la chaîne
La main qui salue par en-dessous, comme pour rattraper le dernier moment avant de filer
Ta main, ta culture, je n’ai rien compris
La main touche-à-tout qui juge par la texture
Une main dans les poches se réserve
La main couverte d’or et d’argent, celle qui d’emblée, révèle trop d’artifices
Une main pauvre dans une poignée peu convaincante
La mienne, trop décidée, lui écrase les (…) -
légendes Nord
16 janvier 2010, par François BonNeiges mouillées, neiges éternelles, matsaaq, kavisilaq. Elle a le goût de la bannique, ta langue pleine d’umimmaq, d’amaulligaaq, de nasaq, de qamutiik. Raconte-moi des légendes, Takanaaluk Arnaaluk, accroupi devant les trois soleils d’une parhélie.
Texte de Jean Désy. Et l’accueil dans sa maison, « là où l’asphalte finit » (sur le plan pour s’y rendre), les livres de poésie face aux montagnes, puis la marche sur la rivière gelée, le thé façon Inuit qu’on a pris assis là, dans la neige. (…) -
respirer
15 janvier 2010, par François Bon« Depuis qu’il écrit, il ne lit pratiquement plus, estimant que ces deux activités sont incompatibles.
[...]
-- Ça n’a pas d’importance, de n’être pas publié. On fait cela pour pouvoir respirer.
[...]
Mais ce qu’il préfère, c’est ne rien faire. Rester des heures à regarder par la fenêtre. Il aime tout particulièrement le silence.
[...]
-- Plus jeune, je n’aurais jamais pu supporter de rester seul pendant autant de jours. »
Atelier d’écriture à partir de Charles Juliet, Rencontres (…) -
évaluer
12 janvier 2010, par François BonQue je déteste le mot évaluer. Cela fait partie du contrat de l’enseignant provisoire. On me demande de répartir au moins les notes selon échantillonnage statistique. En France, dans de précédentes expériences facs, je négociais que – si présence et implication effectives – tout le monde la même note, aux 2/3 hauts de la moyenne des autres UV. Donc je tranche et répartis. Implication et présence, possible. Progression de l’implication des textes eux-mêmes, possible. Travail réflexif, en (…)
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ce que j’ai à leur dire
10 janvier 2010, par François BonReprise des cours demain. Evidemment la trouille : j’avais toujours du mal à croire les copains profs là-dessus. Jusqu’ici, je concevais un stage d’après ce que j’avais moi à en retirer, dans cette configuration précise. Là, il s’agit de recommencer, trois groupes au lieu des deux du premier semestre, et aller plus loin bien sûr. Mais en même temps reprendre en amont depuis ce que je n’ai pas décroché au premier semestre. Parler des auteurs comme de hauts funambules on y arrive toujours. (…)