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Avant tout, au réveil, boire de l’eau, doucement. Pas réveillée, ne pas parler, ne pas trop me parler. Déplier et chausser mes lunettes dans le silence du matin. Assise, ne pas trop m’agiter, ne pas m’étrangler en lisant les titres sur mon téléphone, du journal du matin. Différer l’ouverture des articles à plus tard. Manger quelque chose, boire du thé, beaucoup de thé. Laisser du temps entre chaque geste, Lire les quelques sms ou messages sur whatsap, puis les mails. Entre ceux provenant d’une liste de diffusion et les autres, les personnels, d’abord consulter les personnels. Éviter d’ouvrir les messages qui risquent d’être contrariants surtout avant d’être à même de m’en défendre. Ensuite regarder les prévisions météo, espérant qu’elles soient en accord avec mon envie de lumière. Commencer à avoir assez bu de thé, et laisser les mots sortir, les miens enfin ceux qui veulent venir, ceux qui émergent. Éviter les pensées plombantes, les choses encombrantes de l’organisation de la vie matérielle La danse des mots, des images et les associations d’idées peuvent arriver, j’ai de quoi noter, j’écris à la main sur de grandes feuilles de brouillons, bic noir, graphie peu lisible, mots en désordre sur la feuille, noir sur blanc .Et le temps de l’écriture plus ordonnée va venir, mais plus tard, là c’est encore le matin. Et encore un peu la toute fin de la nuit.

La lecture de roman, ce sera dans l’après midi ou la soirée. Pas le matin. Pas le matin blanc.

A propos de Pascale Sablonnières

photographe autrice et professeure dans une école d'arts plastiques, j'écris. j'écris, en lien ou pas avec des images, en lien ou pas avec des œuvres visuelles, ou avec ce qui se passe ou ne (se) passe pas. http://www.pascale-sablonnieres.fr/ https://montreuilsurpage.blogspot.com/ https://dungesteverslautre.blogspot.com/