#40jours #04 | des pieds loin

Des pieds
des pieds d’été poussière sales
des pieds nus ou sandales
des pieds avec orteils disgracieux
foulent
du carrelages dedans, du carrelage dehors,
des ardoises fissurées des pavés blessés gris sur l’allée des herbes à travers.
La route béton noir chauffent la plante du verre s’enfonce dans la chair est-ce une bouteille cassée un débris d’accident une poubelle éventrée ?
Le trottoir enrobé coloré rouge clair presque rose, gravier et sable pour revêtement amical, le village sans pesticides parsème des pots géants d’oliviers dans lesquels butent les pieds ou les capots, puis des bancs, pour les corps fatigués.
Mon œil réfléchit la place blanche, le mirage réel, même la nuit, comme une chaleur, danse.
Les pieds tremblent lorsque la direction ne sait plus sens.
Des excréments sur les sols laissés par les maîtres qui pensent seuls sur les trottoirs. Des mégots soufflés jetés écrasés, des déchets encore là après vivants.
Un bout de route, un bout d’asphalte, des lignes, des pointillés, le nez rivé sol, les œillères sons, je m’imagine sans vision, me dit qu’un bout déjà suffit à porter loin.