#40jours#23 | ne pas s’encombrer

photographie_arme_centre_pompidou_exposition_Wide world photos New York Times — Archives Charlotte Perriand Entraînement, milieu des années 1930

Ne pas s’encombrer des portes, traverser, ne pas s’encombrer des fenêtres, voler. Partir de la chambre nuit, sentir avec les doigts les obstacles qui n’en sont plus. Je frôle le ventilateur je passe devant un peu d’air frais dans les viscères, je n’ai pas besoin de toucher la poignée je passe le panneau en verre sans blessures traverse saute les marches sans rebondir, ce ne sont pas des marches je suis en bas sans même plier les genoux, j’ai passé la porte d’entrée la nuit engloutit quelques étoiles, la chaleur vive encore sombre, les pavés ne rencontrent pas d’accros, la guêpe sur laquelle je marche ne me pique pas le pied et ne meurt pas écrasée, je suis légère, la brise suffirait à déplacer mon corps, ne vous trompez pas je traverse mais ne suis pas morte, pas maintenant car j’ai dit non, je suis juste transparente à l’apesanteur, mon corps lourd ne ressent plus le rugueux, les flashs lumineux ne m’empêchent pas de voir je marche dans la nuit traverse l’eau sans m’enfoncer, je ne suis pas l’homme miracle mais je suis en équilibre, les oiseaux se posent sur mes épaules, ils pensent que je suis branche, deux tronc solide par les jambes pourtant invisible aux racines, l’ancrage parfait sans attache. Je flotte au-dessus des âmes, je suis encore là et compte demeurer sourire, ma bouche souffle sur les joues des mots d’amour, je traverse le toit et vois le sommeil précieux de ceux qui aiment fort. Je suis rassurée, je peux rendormir l’œil. Pas maintenant pour ne plus.

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