le livre comme fiction #07#08 /mémoire ensablée

« Bosman s’était souvenu qu’un mot  Chevreuse revenait dans la conversation »…

C’est cette phrase, juste cet incipit, qui revient, sans cesse, alors que je me mets à ma table de travail. D’où vient-t-il , de quel roman? Lu? Entendu? Récemment ? Où il y a des années ? Je ne sais plus. Trouble. Je revois ce mot « Chevreuse » imprimé sur une couverture jaune. C’est surement un des Gallimard. Je m’approche de ma bibliothèque. Je cherche. Yeux, bras, mains, doigts, ongles, tous tendus sur les rayonnages : Je pousse, écarte, me hisse entière entre les livres installés à la verticale, à l’horizontale, tête penchée, cou tordu. Rien à faire, je ne le trouve pas. Je suis sûre maintenant que c’est un de mes Modiano : il a dû être déplacé, lu, relu, pour que cette phrase m’obsède ainsi. Perdu, égaré sous un lit, dans un déménagement .Un Modiano, c’est sûr. Il manque, il n’est pas rangé avec Place de l’étoile et deux Dora Bruder en livre de poche. Rachetés. Retrouvés.

« Bosman s’était souvenu qu’un mot  Chevreuse revenait dans la conversation »…mais revenons à ce nom propre Chevreuse. Que nous dis Google : commune Française située dans le département  des Yvelines en région île de France. Commune périurbaine de Paris, à proximité du pôle scientifique et technologique de Paris Saclay… elle fait partie intégrante du parc naturel régional de la haute vallée de Chevreuse.

Alors, un nom propre de banlieue parisienne peut déclencher un roman…Je me souviens maintenant, une enquête, un souvenir qui revient par bribes et, je l’ai relu plusieurs fois, ce roman, un homme, sur des lieux de son enfance, trauma, et l’enfant et l’homme devenu, se rappelle des présences qui ont l’air de cacher quelque chose…

A mon tour, et Modiano m’entraine… Je pourrais revenir, revenir sur ce lieu de mémoire. Titre provisoire « Essonne », un beau titre pour un retour en arrière. Un chemin à rebours. Un nom propre qui « revient dans les conversations », dans les articles de journaux, une ville pas loin d’une usine d’Aéronautique. Des présences qui ont l’air de chercher quelque chose  qui s’ échappe alors que la mémoire croit tout retenir. Sable mouvant en creux du souvenir . Des hommes, une femme, inspecteurs des finances, ils avaient l’air de chercher quelque chose…

Une volonté soudain, de faire le chemin à rebours, de combler les vides, les manques, l’incompréhension, répondre aux pourquoi. Revenir. Faire enquête. Un livre à écrire.    

A propos de Carole Temstet

animatrice d' atelier d 'écriture depuis 18 ans , dans les milieux scolaires et associatifs, j 'aide adultes et enfants à développer leur créativité et à y prendre goût au sein de l ' association Mots et Pinceaux à Nogent sur Marne. J'ai publié , un premier roman intitulé "Hors sujet" aux Editions de la Société ds Ecrivains et 2 romans pour la jeunesse à partir de 9 ans " Violon d'étoiles" illustré par mes aquarelles, dit par P. Calmon (acteur) et joué au violon par I. Scialom (violoniste). (lien à trouver sur Publibook.fr) , et Retour à Lune Rousse, illustré par mes aquarelles et publié chez Nombre 7, coll Horizon Jeunesse. insta: Carole Temstet Lévy

Un commentaire à propos de “le livre comme fiction #07#08 /mémoire ensablée”

  1. J’ai aussitôt pensé à lui. Modiano pourtant je l’ai peu lu. « Chevreuse » Ça sonne bien ( c’est mon frère qui me tanne, il a tout lu, il y a près de chez nous la rue de l’ermitage qui figure dans un de ses romans La danseuse que j’ai beaucoup aimé d’ailleurs) . « Essonne » ça sonne mieux encore. Une magie opère dans tes fragments. On se prend à rêver à ce roman qui va naitre. Merci.

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