je l’ai déjà dit, j’aime les boites à livres.
Dans une boite à livres, on n’emprunte pas, on adopte. C’est un autre rapport au livre, moins consumériste, moins sensible à l’achalandage, plus proche de la cueillette et du plaisir de la découverte. Moins sensible au contenu qu’à l’histoire de l’objet à son parcours jusqu’à soi. Qu’a vécu cette édition scolaire de la journée d’un condamné de Victor Hugo et ce Lagarce abanconné? Je les recueille, je les adopte, je leur offe l’abri de ma maison.
À la boite à livres, je cherche autre chose qu’en bibliothèque comme une cueillette je l’ai déjà dit : si je ne trouve qu’une fraise des bois ou qu’un poignée de framboises dans la clairière, je suis heureuse. Je vais au marché pour un kilo d’abricots. Vous sentez la différence.
Je suis curieuse de qui fréquente la boite à livres. L’autre jour c’était ma collègue de Qi qong qui en partant est passée à la boite à livres. Le bibliothécaire de mon village a un grand respect pour la boite à livres qu’elle a d’ailleurs contribué à faire installer. Ce n’est pas le même public dit-elle.
Je ne vais pas assez souvent à la boite à livres car ma vie ne fait pas assez de place à la poésie, à la légèreté, à l’improductivité, au hasard. L’inutile, le recyclable, l’aléatoire