Dans les années 60, j’étais interne dans un lycée de jeunes filles. La bibliothèque était mon refuge, la version grecque et le gros Bailly mon prétexte. Interdiction de quitter l’enceinte même en l’absence de cours pendant la journée, direction l’étude ! Aucune autre activité après les cours ou en soirée que l’étude après la promenade en rond dans la cour. Je lisais (tout ce que la bibliothèque d’un lycée de jeunes filles pouvait proposer en prêt) et j’écrivais (un journal, sans doute). La bibliothèque c’était ma chambre à moi, un petit ilot de solitude, une petite ouverture sur le monde. On n’imaginait même pas qu’il put exister autre chose, des divertissements. C’est l’indépendance de l’Algérie et les personnels rapatriés qui apporteront dans l’internat des plaisirs autres comme le cinéma ou les sorties au théâtre qui pouvaient (trop rarement) remplacer l’étude du soir.