#livre #06 | les héroïnes

Ce serait l’indépendance de Claude du Club des Cinq, ou peut-être le calme d’Alice Détective, l’inventivité de Jo des quatre filles du Docteur March, ou bien Camille et Madeleine, Sophie peut être, les récits désuets de la Comtesse de Ségur,Ce serait l’ennui des mercredis après-midi et des repas du dimancheCe temps infini passé dans la chambre non pas par punition Continuer la lecture#livre #06 | les héroïnes

#livre #6 | Traversée

Étrangement, ça a commencé comme une histoire de prison. Parachuté dans un lieu incomfortable où tout le monde affiche une contenance supérieure à la mienne. J’étais tout petit, ma contenance étant très faible. Que voulez-vous faire quand vous n’avez pas assez de bouteille ? Personne ne m’écoutait, ils étaient tous imbus d’eux-même. J’avais bien mon avis sur la situation mais Continuer la lecture#livre #6 | Traversée

### Le livre comme fiction #06le CDI n’existait pas

Dans les années 60, j’étais interne dans un lycée de jeunes filles. La bibliothèque était mon refuge, la version grecque et le gros Bailly mon prétexte. Interdiction de quitter l’enceinte même en l’absence de cours pendant la journée, direction l’étude ! Aucune autre activité après les cours ou en soirée que l’étude après la promenade en rond dans la cour. Continuer la lecture### Le livre comme fiction #06le CDI n’existait pas

#livre #06 | Club-sandwich

Le livre s’effeuille à force d’avoir été lu, il a perdu son dos, décoiffé, échevelé, froissé, abîmé, défraîchi. Espérant qu’il n’ait pas été vraiment maltraité mais comment savoir entre les mains coupables de quelle enfant moins soigneuse que les autres il est passé, qui l’a lu avec avidité une fois, deux fois, dix fois. Le pauvre livre englouti, digéré, son Continuer la lecture#livre #06 | Club-sandwich

#LLCF#06|« Elle se fait du lard »

« Elle se fait du lard ». Ma mère parle de ma sœur qui passe ses journées à lire allongées sur son lit. Dès la classe de sixième et peut-être même avant – on ne sait plus ni l’une ni l’autre et la mère est morte – elle lit tout ce qui lui tombe dans les mains à commencer par Les Misérables dans Continuer la lecture#LLCF#06|« Elle se fait du lard »

#LLCF #06 | Robert-Louis, Alexandre, Enid et les autres

Je me souviens de l’appartement et de mes lectures d’enfant. L’appartement était immense aux yeux de l’enfant. Je dis « l’enfant », à cause de son premier prénom, identique à celui du père, et du second, qui était celui de la mère. On lui avait certes assigné un genre, qui lui faisait fréquenter l’école des filles et porter des jupes. Mais quand Continuer la lecture#LLCF #06 | Robert-Louis, Alexandre, Enid et les autres

#livre #06 | À chacune de mes naissances

Quand j’étais petite, je n’avais pas de livres, on ne m’en lisait pas, ou tout au moins, je ne m’en souviens pas. Des albums pour enfants, j’en ai peut-être lu, vu, feuilletés, mais je n’en ai aucun souvenir. Pas d’étagère avec des livres dans la petite pièce sous les toits où je dormais et qu’on pourrait appeler ma chambre quand Continuer la lecture#livre #06 | À chacune de mes naissances

#livre #07 #08 | mise en abîme

d’encres et de plomb écrasant comme un soleil il n’est plus qu’ennuis Et puis l’immensité effrayante, incommensurable, de tout ce qu’il faudrait savoir, pouvoir, rompre : secrets des familles, interdits, non-dits, omerta, tabous, indicibles. Abyssal volume de silences toxiques que l’eau dans la bouche occulte, interdit de cracher. On ne dira jamais assez ce que les polyphonies doivent au concert Continuer la lecture#livre #07 #08 | mise en abîme

#Livres #06 #07 #08 – Divagations.

Elle m’a tendu le livre en disant :  » Tiens, ça c’est complètement toi !  » Elle a déposé le livre. J’ai regardé la couverture Madame Bovary de Gustave Flaubert. Je l’ai lu. Et je n’ai pas compris. Je l’ai lu. Et je ne me suis pas vue. Je n’étais pas. Je n’étais pas. Je n’étais pas Emma. Je n’avais Continuer la lecture#Livres #06 #07 #08 – Divagations.

#livre #06 | Temps des poches

Trois jours durant l’été 1995, autour du 15 juillet j’ai enchaîné la lecture des éditions de poche (Folio) d’Annie Ernaux. J’ai lu, alors, la presque totalité des références disponibles, six sur les sept minces volumes se glissant sans l’alourdir — un à la fois, de 77 à 182 pages — dans la poche portefeuille de la veste. Continuer la lecture#livre #06 | Temps des poches