#chroniques #00 | Retard brûlant

1/

Dans quel état il est l’Etat ?

2/

Il y a de l’air mais j’ai la peau qui brûle. Seulement la peau, pour le moment, le sang est encore frais.

« L’âge s’inscrit dans le corps » dit le texte. « Tu n’as pas pris une ride » elle m’a dit samedi. Je ne vieillis pas, certes. Je m’épaissis.

Fatiguée, je lutte pour garder les yeux ouverts. Le marchand de sable se glisse derrière moi alors qu’on est le matin. Sortir fumer ? Où est l’air ?

Je ne suis plus fatiguée, j’ai dormi sur la table d’examen des patients. J’ai trop mangé. Du pain d’épice. Le soleil brûle comme si il était à ma table. Je sens la cannelle.

Qui a pris le ventilateur ? Les autres se servent toujours dans mes affaires !

Bonsoir, a-t-il dit. Il est 15 heures. Il n’y a plus de saison ni de temps !

J’aime ses boucles d’oreilles. Plusieurs anneaux en or qui s’entremêlent. Elles attirent le regard sur son ovale de visage.

Je ne comprends pas l’asphalte. Il faut l’écarter, l’arracher, défoncer le bitume et laisser la terre crue, sableuse, reprendre ses droits. Qu’a-t-on fait à la Terre et comment va-t-elle nous le rendre ?

3/

Légende arabe, Etienne Dinet

Aucun ne porte d’alliance. Elle, les bijoux lourds. Et ce trait sacré sur le menton. Le regard absent. Lui, désir brûlant, le sable dans la peau. Ecoute-moi. Non, ne m’écoute pas. Sûrement murmure-t-il des litanies dans des dialectes oubliés. Sûrement dans le revers de sa robe a-t-elle cousu un bijou, une mèche de cheveux, un cil, avec une bouillie de sa salive. Là, sur la bordure de ses hanches puissantes. Là, où lui n’ose regarder, de peur de se consumer avec la Nuit. Et les enfants ne savent pas lequel des deux est un djinn et lequel a ensorcelé l’autre. 

Quand le sable aura repris ses droits sur le monde, je sortirai le châle et le khôl de ma grand-mère et j’ondulerai comme cette femme. Le Sahara est dans l’air mais les touaregs regardent de l’autre côté.

4/

La complainte de juin – Perséphone a fait remonter les enfers sur Terre.

Projet de poésie : un poème par mois

L’île sans rivage – le Vent semble bienvenue en ce moment, n’est-ce pas ? Ca change le texte.

A propos de Léa Yasmine Djenadi

Psychologue. Métisse. J'aime aussi lire dans des langues que je ne parle pas. En création d'une newsletter... (comme tout le monde, non ?)

Laisser un commentaire