
1 Fierté
Fierté de la femme qui donne la vie, fierté de la vie en éclosion
2 Des collections
De la plus ancienne collection je dirais que c’est celle des timbres qui m’a occupée pendant des années et dont je ne suis sans doute pas encore détachée, puisqu’il m’arrive encore de mettre de côté des timbres qui me plaisent. De moins en moins il faut bien le reconnaître car le courrier postal est de plus en plus rare. Une collection qui a nourri mes jeunes années et a permis à la peite fille que j’étais de découvrir des pays du monde entier, de les situer sur une carte, et d’apprendre le mot de taille-douce….
Ensuite ce fut les pierres. Une collection commencée en classe de quatrième, car la géologie était au programme et a permis de débuter une passion qui ne m’a pas quittée. Ma collection d’adolescente très bien constituée avec nom, date et lieu de découverte a disparu et j’ai toujours la vision de ces boîtes à chaussures emplies de pierres qui m’avaient regardée. Je cueille toujours des « cailloux » que je pose sur des étagères mais il n’y a plus la dimension scientifique, simplement le besoin de sentir entre mes doigts la texture d’une pierre.
Il y eut une période cartes postales qui s’est concentrée sur des illustrations de tableaux de peintres qui m’ont été utiles dans mon métier d’enseignante. Je possède encore un gros classeur rempli de ces cartes classées par artistes et que je feuillette de temps à autre, que je nourris encore aussi.
Il y a ma collection de plumiers, assez récente. Lors de passage dans des brocantes l’été, j’apprécie d’en voir sur les étals, notamment ceux laqués d’origine japonaise. Ma collection est modeste. Et se pose la question : à partir de combien d’objets peut-on dire que l’on fait une collection ?
Souvent, lors de promenades en forêts, je ramasse, cueille des branches avec lichens, gisant sur le chemin. Cela compose des bouquets ou bien des formes posées sur des tables ou étagères. Je ne sais si on peut dire que c’est une collection, ou alors une collection de regards qui se posent sur cet être végétal que j’affectionne. J’ai une collection de photographies d’écorces et de lichens.
Des carnets, lignés si possible, vierges de toute écriture, s’accumulent dans mes tiroirs, sans doute dans l’intention louable de les remplir de petites phrases à ne pas oublier. Étant donné le nombre que je possède il semble bien que je mourrai avant de les avoir tous utilisés…Ma petite-fille de cinq ans est aussi une passionnée de carnets et saura s’en emparer pour poursuivre l’accumulation.J’en ai encore acheté un hier lors d’une exposition dans un musée : sur la couverture orange épaisse et douce une reproduction d’une œuvre de Camille Claudel l’implorante. Oserais-je un jour poser des mots sur ces pages ? Carnets vierges ou écrits font-ils partie de la même collection ?
Peut-on nommer collection ces phrases que je rassemble sur mon site dans la rubrique Lumina depuis le mois de janvier ? Noter chaque jour une phrase lue qui plait ou interroge. Les regrouper par cinq et les déposer sur mon site sans autre écho qu’une de mes photos. Pour l’instant j’ai dû en poster plus d’une centaine. Ce recueil de phrases, sentences, questions, aphorismes, pour ne pas oublier ce qui, à un instant donné, a fait une étincelle.
Et les livres, peut-on dire d’eux qu’ils sont collectionnés ? Ils ont là dans leur présence quotidienne et si nécessaire que, lors de voyages ou séjours hors de la maison il est plus qu’essentiel d’en emporter plusieurs avec soi. Une collection vitale donc, dont il faut à tout moment l’avoir à portée de mains…
3 Superstitions
Ne pas partir sans un livre dans le sac, cela va de soi. Et le carnet avec stylo qui vont de paire. Faire un pas de côté, et même plusieurs au croisement d’un chat noir, blanc ou de n’importe quelle couleur. Entre les deux araignées préférer celles du soir. On peut toujours, l’air de rien, traverser la rue juste avant une échelle. Ne pas ouvrir un parapluie à l’intérieur d’une maison, il est vrai que cela ne sert à rien. Un brin de buis sur un mur, en général près d’un crucifix, et les souvenirs d’enfance remontent en mémoire, mais c’est de plus en plus rare. Toucher du bois, cela se fait malgré soi. Et s’il faut choisir un chiffre pour un jeu quelconque, c’est toujours le sept qui est l’élu. Se tenir attentif aux coïncidences sans trop savoir quoi en faire. Avoir toujours de l’argent sur soi pour ne pas être considéré comme un vagabond.
4 Tranche de journal endormi
Le temps des vacances est aussi là pour laisser des vagues de vide envahir et laisser sur le bas-côté ce qui importe pourtant. Même les notes s’estompent. Le carnet est en sommeil.
5 Élégance
En vacances dans un gîte de Bretagne, chez un sculpteur sur marbre apparemment renommé, je côtoie le propriétaire chaque jour. Sa tenue est toujours identique : un pantalon blanc et une chemise à manches courtes d’un bleu vif plutôt sombre, assortie à ses yeux bleus. Voilà le comble de l’élégance d’un artiste.