#chroniques #09 #10 | Le réel du monde

Projet en cours – YU

1 | du monde

Pas encore de réponse.

Quelle écriture à partir de ce réel du monde ?

2 | le réel, le réel, encore le réel

Jouer à penser

Il a mal, on lui a fait mal, il a fait mal.

Jouer ainsi avec le feu… Un impensé.

Il dit : il ne faut pas pousser.

Tant d’efforts

Il se tenait debout devant cette frontière peuplée de désirs fous. Lui aussi le voulait ce trousseau de clés. Ça l’avait rendu dingue à force ces cliquetis interdits. Il les franchirait ces portes – même étanches, imprenables et obscures.

Aller vers

En attendant, sa tenace défaillance titube encore vers ce qui n’éclot pas. Il fait des détours, il a le tournis, il revient au point de départ. Il s’accroche, va et vient, sans fil et de tout son poids. Ce mouvement de l’instant, c’est sa vie.

Dans vingt-cinq ans

Ils habitaient là. Ils ont été expulsés, sans ménagement – gardés en détention – sans sursis ni remise de peine.

Des gros mots au théâtre

Aujourd’hui encore, on s’invective depuis les collines, tantôt à l’intérieur, tantôt à l’extérieur des murailles, un pied dans une vallée, l’autre dans le désert, entre le monde des morts et celui des vivants.

  • He, de quoi tu me parles là ?
  • Tu sais pas ? Vraiment, tu vois pas ?

3 | Ecrire avec C. Lispector

Les grandes punitions

Ceux-là, les asservis sous une pluie de feu.

Ceux-autres, les suprémacistes hissant leur drapeau.

Une question de périmètre ?

Puissance et fragilité

Une citadelle sur une ligne de faille qui enjambe des plaques tectoniques. Des portes tout autour. Lui, à l’abris des murailles, sous des chênes et des oliviers inquiets. On lui a raconté qu’il y a des millénaires, en contre-bas de la bourgade, ceux-là et ceux-autres – Cananéens, Hébreux, Romains, Byzantins et Arabes – avaient puisé leur eau à la même source.

En faveur de la peur

Il ne se sait plus comment ça a commencé. … ça n’a pas cessé de déraper … Conquêtes, dominations, croisades, occupations, conflits – génocides…

Une chose

Le temps de l’Histoire – en embuscade derrière le roulé-boulé du présent.

Anonymat

Quand derrière les murs, l’affolement fait loi, d’aucuns lancent l’alerte, mais n’ébruitent pas les questions sous silence. L’anéantissement joue-t-il, pour ou contre nous, pour ou contre eux ?

Se sentir utile

Ils croient en la sécurité à tout prix. Ils se battent pour la paix de leur territoire éternel. On était là avant vous. Se défendre reste la grande affaire. S’ils doutent parfois, la façade ne craque pas. Ils font en sorte d’avoir le pied sûr, d’afficher une mise décontractée. Ils parlent efficace, lisse, taisent le reste.

Persona

Est-ce que je souscris à la politique actuelle ? Je suis un fonctionnaire, j’applique la loi. Je suis un soldat, j’obéis aux ordres. Au revoir Monsieur.

Le cri

Il ne s’apitoyait pas, il contournait les tensions, il supportait les frustrations, les dépossessions, les humiliations du rouage. Il cherchait à survivre avec dignité.

Hermétique

Ses entrailles, engourdies, sidérées.

Scandale inutile

Et ses alarmes assourdissantes… A force, on ne l’entend plus.

Est-ce que l’ensauvagement, c’est la vie ?

4 | de soi-même, et d’écrire

L’ambassadeur écrivain

Aujourd’hui, mon cœur bascule vers ce regard.

A propos de Yael

Je me balade entre théâtre et écriture. Avec le Tiers livre, j'ai envie de me surprendre, de jouer plus ! Sinon souvent scotchée de réaliser comment l’invisibilité finit toujours par poindre et surgir avec fracas. Je voudrais incarner par l’écriture ce trouble profond. Plus que jamais aujourd'hui. "Un dimanche à Auschwitz," Yaël Uzan-Holveck (orchestration d'extraits d'interviews) et Laurent Wajnberg (photographies), éd. de l'Aube, 2003, réédition 2024

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