#été2023 #02bis | plus tard

Plus tard, elle s’est aperçue que c’était un bel immeuble. Sans doute alors était-il encore noirci de la suie que les ravalements systématiques des années 60 n’avaient pas encore atteinte. Des briques et une porte cochère peut-être Art Déco – fer forgé encadré de pierre dorée – signature sophistiquée de l’architecte gravée en fronton, ornements floraux sculptés au dessus et Continuer la lecture#été2023 #02bis | plus tard

#été2023 #02 | en montant, en descendant

Le lieu de roman.. ce serait une cage d’escalier, pas n’importe quelle cage d’escalier. Six étages sans ascenseur dans un immeuble années 30 du Paris encore populaire (avant boboïsation récente). Un étage supplémentaire vers les caves, les catacombes à charbon . Ce serait celle des apprentissages, de la marche à l’envol, de la parole à l’expression, des mots vus aux mots Continuer la lecture#été2023 #02 | en montant, en descendant

#été2023 #01 | Autoportrait de l’auteure/trice en procrastinateure/trice

Voilà, elle en ai plein de ces textes… ceux-là, les courts, sympas à assembler. Et puis les longs, à reprendre, forcément. Le long, ce n’est pas son fort. Elle élague, taille, sabre, éclaircit. Souvent, ça finit en raccourcir encore, retirer ça et là les adjectifs superflus, couper dans les leitmotiv qu’elle affectionne, elle revient sur des ponctuations maniaques, auto-critique de Continuer la lecture#été2023 #01 | Autoportrait de l’auteure/trice en procrastinateure/trice

#été2023 #00 | Mise en joie

C’est la première scène qui accroche. Quatre pages virtuoses, un décor, quatre personnages. On a leurs noms, leurs surnoms, et eux, pendant que nous on lit, ils discutent et jouent aux dominos. C’est MA scène préférée, presque une scène de cinéma, totalement visuelle et joyeuse. Oui, c’est la joie qui domine, quatre anars réjouissants de mauvaise foi. Une scène comme Continuer la lecture#été2023 #00 | Mise en joie

#40jours #03 | façade éclatée

21 heures, novembre, pluie. 1969. Façade d’un immeuble de briques bas dans une rue étroite de la grande ville. Trois étages, et peut-être quelques occupants sous le toit en pente puisqu’on voit des vasistas éclairés. Rez de chaussée : Un store ouvert sur une pièce lumière allumée. Rien d’autre. Concierge ? Rien ne bouge, mais on voit des étagères sans livres ni Continuer la lecture#40jours #03 | façade éclatée

#40jours #01 | en reculant

En reculant…. Prendre ses distances, revenir en arrière pour vue d’ensemble, un détail qui accroche et puis autour, le mur : c’est un dessin sur un bâtiment gris, un dessin de joie, un petit Miss Tic qui demeure là, revendicatif, féministe, une trace, une pierre un peu décalée qui ressort juste à côté, un peu jaune, couleur des pierres de la Continuer la lecture#40jours #01 | en reculant

#40jours #prologue | gros plans

Prologue Ville 1 Gros plan. Elle adore les gros plans. En balade dans une ville, elle photographie la petite étiquette qui dit encore ‘gaz à tous les étages’ ou bien le timide dessin d’une fleurette innocente posée sur un mur gris. Et elle en a des milliers comme ça : un heurtoir sur fond de porte rouge sang, une petite cloche Continuer la lecture#40jours #prologue | gros plans

autobiographies #03 | arbres

Il y a ce cerisier là- haut : tombé, racines en l’air depuis plus d’un an. Au printemps, il a fleuri et fait des feuilles,comme si de rien n’était. Mais n’est jamais venue la saison des fruits. Ça s’est arrêté là, jachère. Personne ne l’a tronçonné, déblayé : il gît encore dans le jardin abandonné, avec encore un air de dignité, celle Continuer la lectureautobiographies #03 | arbres

autobiographies #01 | les paysages

Quand elle regarde par la fenêtre de sa chambre, elle voit celle de sa copine, de l’autre côté de la rue, par dessus l’immeuble plus bas. Comme elle est toute seule, elle s’ennuie et passe le temps : elle surveille. La lumière s’est allumée là bas, ça fait une tache jaune sur la façade, elle reconnaît la couleur des rideaux sur Continuer la lectureautobiographies #01 | les paysages

#P9 Texte et photos C’est une photographie que je n’ai pas prise, dont j’ignore l’auteur, mais qui me parle, me touche au plus profond, cette image de mains posées sur un tronc d’arbre, sans doute très vieux – les rides de l’écorce en attestent, qui portent la trace des ans et des intempéries. Je l’ai découpée un jour dans une Continuer la lecture