autobiographies #01 | Champs de visions

Un champ. De l’herbe, rien que de l’herbe. Des feuilles d’herbe, des tiges d’herbe, des fleurs d’herbe. Du pissenlit peut-être. Le ciel bleu, il fait chaud. C’est l’été. C’est toujours l’été. Assis. Rêver. Rire. Le champ est est en pente. Le monter. Aller au plus haut. Pas possible d’aller plus haut, après c’est les broussailles, la route. Se mettre en Continuer la lectureautobiographies #01 | Champs de visions

autobiographies #01 | itinéraires

Sur le chemin de l’école Un palais sur une butte… baroque, aux toits verts en courbes…des colonnes, des balcons ouvragés…tant de fenêtres…pour y accéder une montée de marches, de perrons, de marches, tant de marches en marbre, des rampes en marbre…les enfants y glissaient à la descente… montée cadrée par les conifères taillés pointus, ponctuée en haut par un sphinx Continuer la lectureautobiographies #01 | itinéraires

autobiographies #01 | trois fenêtres

Une femme, une cigarette, l’empilement des balcons et la peinture saumon ternie par les années, un train passe en-dessous, il sifflera à l’orée du bois, arbres nus, vacillants, un platane solitaire, une bande montagneuse qu’on ne devine que l’hiver, un creux dans l’horizon, un peu de ciel avant le brouillard, le jardin d’en face, la Sainte Vierge dans sa grotte Continuer la lectureautobiographies #01 | trois fenêtres

autobiographies #01 | paysages autobiographiques

Dans la famille on disait que si le grand -père avait acheté cette maison pour sa retraite, c’est que le paysage des Albères lui rappelait celui du Tonkin, les collines vert bleuté au loin et l’eau partout présente. Le souvenir qu’il en a lui est celui d’un naufrage. La plupart des maisons vides, parfois louées, souvent abandonnées. Quelques unes habitées Continuer la lectureautobiographies #01 | paysages autobiographiques

autobiographies #01 | trois couleurs verre

Sur une chaise haute au comptoir de bois sombre, elle attend. Elle connaît le temps de son attente, long parfois, toujours défini. L’horaire du chemin de fer est précis. Des lampes aux globes verts, vitreux et dépolis, suinte une lumière gluante qui a du mal à trouver sa voie dans l’épaisseur de l’air ambiant. Tout le décor est imprégné de Continuer la lectureautobiographies #01 | trois couleurs verre

autobiographies #01 | Le sentier du lait

Autobiographies #01 / Le sentier du lait Elle avait pris le chemin qui la menait au lait autrefois. Elle se rappelait qu’elle allait chercher le lait à l’heure de l’Île aux enfants. Elle le faisait sous demande expresse de sa mère mais elle savait qu’elle perdait gros en allant chercher le lait, d’autant que le lait tombait sur ses godasses Continuer la lectureautobiographies #01 | Le sentier du lait

autobiographies #01 | trajets

Du troisième étage, les marches usées de l’escalier de pierre dévalent la rampe froide au goût de fer rouillé. Odeur des poubelles pourtant ramassées très tôt chaque matin, haut mur de boites aux lettres en bois ciré, plaques de cuivre rivetées ou bouts de carton punaisés. Claquement de bois de la porte. La rue. Etroit couloir entre les immeubles sombres. Continuer la lectureautobiographies #01 | trajets

autobiographies #01 | entre chien et loup

Marcher dans ce pré serait comme entrer dans un tableau, le déchirer de ses gestes. Alors, ne pas. Se tenir sur le chemin qui le surplombe si peu mais qui permet une vision élargie, presque aérienne de cette combe, cernée par des collines dans le lointain afin de bien clore le cadre. Ne pas dresser le cadastre des espaces, mais Continuer la lectureautobiographies #01 | entre chien et loup

autobiographies #01 | un coin d’Auvergne

La petite fille au chien bleu cherche des fraises des bois. Les arbres ne menacent pas. Elle ne sait pas. Pas encore. Insouciante, elle avance. Se perd. Ne sait pas qu’on la cherche. Rien n’existe que le goût sucré, la nature qui s’ébroue et ses petites jambes vaillantes qui la portent. Droites et sereines. La petite fille sans chien cherche Continuer la lectureautobiographies #01 | un coin d’Auvergne

autobiographies #01 | de la rue K.

Que l’on puisse s’asseoir sur le peu d’herbe aux heures de déclin, près du tronc où s’enroule une manière de papier à cigarettes, sous les branches fines, cassantes, sous les feuilles en amandes, dentelées, ne dansant à aucun vent mais donnant un toit laissant voir le ciel sombrant, à terre, le jardin prolétaire s’agrandissant, s’ensauvageant, la rue disparaissant, le jaune Continuer la lectureautobiographies #01 | de la rue K.