#anthologie #40 | seuils

Hypothèse sur l’auteur : L’auteur serait une autrice qui a laissé des traces très grandes de son « je » et presque de son moi. On sent bien qu’elle a voulu parfois se camoufler, s’enlever de la surface de ses lignes, mais enfin elle est bien là et quelque fois on a l’impression qu’il n’y a qu’elle, même quand elle montre les autres, Continuer la lecture#anthologie #40 | seuils

#anthologie #39 | appartements

L’appartement de la dame du dessous qui crie le nom de son fils la nuit est cossu. Il est cossu comme le sont les appartements des vieilles dames qui ont eu beaucoup d’argent et qui se retrouve seule dans un appartement de cent-quarante mètres carré avec pour compagnie leur aide de vie et leur fils, quand celui-ci n’est pas en Continuer la lecture#anthologie #39 | appartements

#anthologie #38 | 7 octobre 2023

7 octobre 2023 Samedi. Comme c’est samedi, il n’y a pas de réveil le matin. On peut se réveiller à n’importe quelle heure entre 9h et 11h. On peut même prendre son temps dans le lit pour se réveiller. Prendre le temps de pianoter sur son téléphone, de regarder son fil sur Instagram, de regarder les nouvelles vidéos sur Youtube Continuer la lecture#anthologie #38 | 7 octobre 2023

#anthologie #37 | engloutis

Je vis des regards se détourner du mien alors que mon regard parcourait la ligne des visages parfois très proches l’un de l’autre à cause de la perspective. Le kaléidoscope des visages se déformait à chaque passage de mes yeux, car les visages se tournaient de droite à gauche, parfois de gauche à droite, soit pour éviter soit pour rencontrer Continuer la lecture#anthologie #37 | engloutis

#anthologie #36 | sur mon visage

On arrive devant la bouche de métro, place de Clichy. Lui est à vélo, il l’a déjà partiellement enfourché, nous sommes sur le départ, je dois descendre les marches. Pour l’instant je tourne le dos à l’escalier, je le regarde, comme si j’attendais sa permission pour partir. Je ne sais pas comment dire au revoir. « J’ai envie de t’embrasser partout Continuer la lecture#anthologie #36 | sur mon visage

#anthologie #35 | retours

Route de forêt. Pente à 15 % depuis le haut de la pente. Arrêt au panneau rouge. Des voitures sur la gauche passent. Voix off : Personne ne parle dans la voiture. Ils sont trois, le conducteur et deux autres. Celle à l’arrière regarde par la fenêtre de droite. La forêt défile sous ses yeux. Elle ferme les yeux et elle laisse Continuer la lecture#anthologie #35 | retours

#anthologie #34 | entendre ça

La parole doit sortir.Elle pleure et elle se cache derrière son mouchoir.C’est laid tout ça.Coupez.On ne devrait pas en parler.Pourquoi parle-t-on de ça en fait ?Il ne sait pas ce qu’il dit, il n’y connaît rien, il parle sans connaître.Coupez.C’est mon histoire.Ce n’est pas son histoire et pourtant il la raconte.Il faut bien que quelqu’un raconte l’histoire.Coupez.Les sœurs elles étaient très Continuer la lecture#anthologie #34 | entendre ça

#anthologie #33 | fond bleu

Intensité du vert sur fond bleu. Lumière du jour par intermittence. Intensité du vert lumineux par éclats. Éclats du ciel entre deux branches. Deux branches entrelacement au centre du ciel. Au-dessus des têtes entrelacement de verts sur fond bleu. Chaque feuille son éclat de lumière. Précision du faisceau lumineux. Tâches lumineuses entre les feuilles vertes. Tâches de lumière illumination du Continuer la lecture#anthologie #33 | fond bleu

#anthologie #32 | ligne 9

La ligne 9 relie la gare de Sartrouville à la gare d’Argenteuil. L’attente du bus de la ligne 9 se fait devant la gare de Sartrouville. Les personnes qui attendent forment une ligne irrégulière tout le long du trottoir prévu pour l’attente, une ligne de personnes aussi longue que le bus lui-même qui est composé de deux compartiments rattachés l’un Continuer la lecture#anthologie #32 | ligne 9

#anthologie #31 | la voisine du dessous

#23 – J’ai cessé de l’appeler le Bruno. Il doit être bien content maintenant de ne plus être emmerdé par mes cris à travers l’appartement, à travers l’immeuble, à travers la nuit, depuis mon lit, toute seule. J’étais toute seule, complètement abandonnée la nuit. Bien sûr que je criais. J’avais l’impression d’être morte. Morte pour eux, pour toujours, à jamais Continuer la lecture#anthologie #31 | la voisine du dessous