A propos de Géraldine Queyrel

Vend des rêves dans la vie réelle Rêve de fiction le reste du temps. Son blog : antepenultiemefr.

#techniques #05 | variations Wajsbrot

Je me réveille. Les carreaux de la fenêtre encadrés de rideaux jaunes tirant sur le paille. Trois hirondelles passent. Une d’abord, suivie de deux autres. Les branches de tête du sapin frémissent. Au fond : le ciel déjà bleu. Au tout début est écrit « Je me réveille ». Les dés sont jetés d’emblée. Je est le protagoniste. Il a Continuer la lecture#techniques #05 | variations Wajsbrot

#revisite 09 | à nul moment je n’ai décrit votre visage

Ses lignes en mouvement perpétuel, flou, fluctuant, mais toujours mobiles. Comme les vaguelettes désordonnées qui se forment à la surface d’une foule dense et serrée se laissant aller tout naturellement vers le mouvement de reptation qui est le sien. Interminable ondulation des passants qui me frôlent. Géométrie dont j’ignore les lois et les coutumes. Peut-on avoir une foule grouillante sous Continuer la lecture#revisite 09 | à nul moment je n’ai décrit votre visage

#ateliers| derrière les silences mon corps

Mon corps frissonne sous le souffle du vent qui hérisse la surface tannée de ma peau.Je suis si vieille que je ne peux m’en souvenir. L’amnésie me frappe. Autant qu’elle me sauve. C’est impressionnant la capacité qu’à l’amnésie à se souvenir indéfiniment de sa nécessité a tout effacer avec constance et application. De mes cinq sens je ne me fie Continuer la lecture#ateliers| derrière les silences mon corps

#revisite #02 | Dérive

Du vague à l’âme,à l’âme aux vagues,la fine crête d’écumed’une vague Les vers ont percé la quille. L’espoir à la dérive. Les rimes en gouvernail. À la confluence du corps et de l’esprit, la phrase liquide au bout de mes doigts, coule encore toute humide sur le plancher de bois flotté de ma frêle embarcation. Les embruns absents, l’air vide Continuer la lecture#revisite #02 | Dérive

#revisite #07 | autobiographie aux noms propres

Un pays de rocaille et de sommets escarpés et pointus, un pays de verticales. Exactement où le Champsaur et le Dévoluy s’épousent au creux de la vallée du Buêch. Après le village de Montmaur s’y coule la Sigouste qui garde le tumulte des ruisseaux des sources froides alimentées par les névés. Il faut descendre plus bas le long de la Continuer la lecture#revisite #07 | autobiographie aux noms propres

#atelier|paysage, image phrase|Nuit

Le béton anthracite des buildings. La lumière partout, les bandeaux publicitaires aux néons bariolés déroulant la verticale et allongeant l’horizontale, les vitrines, phares aveuglants, inondant le trottoir, les couleurs criardes, tantôt clignotantes souvent paralysantes, crues et impudiques, si omniprésentes que la nuit oublie d’en afficher ses étoiles, renie l’espoir d’une aube, s’éternise. Le boulevard est insomniaque. La foule sans fin couche Continuer la lecture#atelier|paysage, image phrase|Nuit

technique#1Tarkos Le sentiment

Le sentiment de la marée, le va et vient de l’eau, marée montante puis descendante, l’eau commence par monter puis par redescendre, ou l’inverse, se retirer puis revenir, les vagues balancent, plus petit, plus rapide, il faut observer longtemps pour réaliser le sentiment de la marée, les vagues s’enroulent, pour mourir sur le sable, remonter et partir, emporter les coquillages, Continuer la lecturetechnique#1Tarkos Le sentiment

#carnet individuel | Géraldine Queyrel

Je n’aurais pas dûNous n’aurions pas dû tourner la première page de ce carnet et nous convaincre que tout se terminera une fois que nous aurons tournée la dernière. Nous n’aurions pas dû accepter de sortir de la douce anesthésie des jours qui filent. Nous n’aurions pas dû croire que d’arracher les mots au réel serait chose évidente.Nous aurions dû laisser tout Continuer la lecture#carnet individuel | Géraldine Queyrel

#carnets #prologue | fleur de peau

Si vous saviez tous ces machins qui me passent par la tête. Tout ce superflu, ces trucs qu’on a habituellement ni l’idée ni même l’envie de penser. Et pourtant ils sont là. Ils s’entassent se bousculent, se marchent dessus. Poussez vous ça déborde. Je crois que mes carnets c’est plus pour la propreté de la tête, une sorte de papier Continuer la lecture#carnets #prologue | fleur de peau