A propos de Laure Humbel

Site internet : Sur mes tablettes, laurehumbel.fr. Dans l’écriture, je tente de creuser les questions du rapport sensible au temps et du lien entre l’histoire collective et l’histoire personnelle. Un élan nouveau m'a été donné par ma participation aux ateliers du Tiers-Livre depuis l’été 2021. J'ai publié «Fadia Nicé ou l'histoire inventée d'une vraie esclave romaine», éd. Sansouire, 2016, illustrations de Jean Cubaud, puis «Une piétonne à Marseille», éd. David Gaussen, avril 2023. «Ton Nombril» et «BigBang» (Toutàlheure, 2023 et 2024, illustrations de Luce Fusciardi) sont des albums pour les tout-petits qui forment un diptyque sur le thème de l'origine.

#carnets #prologue | my precious

© L. Humbel, 2022 C’est qu’il y en a encore dans l’autre tiroir ! Mais non, il n’est pas là non plus. Je ne vois que mes deux vieux carnets avec leur grosse spirale et leur couverture rugueuse, mes cahiers Clairefontaine encore plus vieux, le paperblanks avec sa couverture de faux cuir reproduisant l’écriture de Shakespeare – tu parles d’un cadeau ! Continuer la lecture#carnets #prologue | my precious

#photofictions #09 | les contours du monde

les sources qui ruissellent de ce plateau. Elle ne savait plus ce qu’avaient dit les deux archéologues. Elle se demanda ce qui coûte le plus, du premier ou du dernier pas. Presque atteint, le but qu’elle s’était donné lui paraissait inatteignable : étrangement puisqu’elle irait jusque là et que tout à l’heure, les sources de la Seine ne seraient plus Continuer la lecture#photofictions #09 | les contours du monde

#photofictions #01 | Bandes de sable

© L. Humbel, entre Nouakchott et Rosso, 2022 Bandes horizontales au format paysage. Sable, sable, sable, sable, dune où sont piqués des arbres rachitiques, ciel. Le grain du sable est grossier au bord de l’image, puis semé d’accrocs blancs qui sont cailloux et coquillages, rugosité pour la plante des pieds, et une tong en cuir est abandonnée là, à côté Continuer la lecture#photofictions #01 | Bandes de sable

#40jours #40 | Une piétonne à Marseille

Table des matières Les micocouliersLe Jarret et la PlaineL’anniversaire de la CommuneSur la piste animaleLes beaux quartiersPour traverser la CanebièreMonumentalitéLe prénom des ruesGare d’ArencIl y avait un arbrePassant souviens-toiUne littérature de piétonÉlémentsLe vide des ruesLa ville et le désir J’ai hésité à vous emboîter le pas, car j’avais peur de ne pas réussir à mener de front l’écriture quotidienne de Continuer la lecture#40jours #40 | Une piétonne à Marseille

#40jours #39 | Bateaux mouches

J’ai souvent regardé le plan de Paris, avec la courbe de la Seine qui lui fait une bouche triste. Peut-être connaissais-je déjà la forme de la ville en bordure de laquelle j’habitais. Il en est ainsi des savoirs de l’enfance, qui sont loin d’avoir tous été reçus à l’école, nous les possédons, sans savoir le moins du monde quand ni Continuer la lecture#40jours #39 | Bateaux mouches

#40jours #38 | En deçà des seuils

Le texte initialement publié ici a trouvé sa place dans Une Piétonne à Marseille, éditions David Gaussen. Ce texte ne répond pas exactement à la consigne (même si pour moi le lien est évident), car à Pérec se sont jointes ce matin des lectures de Walter Benjamin et l’écoute d’une conférence de Jean-Christophe Bailly à son sujet, où il insiste Continuer la lecture#40jours #38 | En deçà des seuils

#40jours #37 | De mémoire

© L. Humbel, Marseille, 2021 On dirait qu’on reviendrait. Qu’on aborderait la ville par l’eau. Que le bateau s’appellerait le Pharaon et qu’on débarquerait à la consigne sanitaire. On dirait qu’on n’aurait pas beaucoup de temps parce que le bateau bientôt repartirait – ou le train, qui sait. Le bateau serait à voiles, parce qu’autrefois (c’est-à-dire de nos jours) le Continuer la lecture#40jours #37 | De mémoire

#40jours #36 | Cimetière Saint-Pierre

Un mur haut. Sans issue. Seul un portail d’entrée, un peu plus loin. En face, le dépôt des tramways. Elle n’a aucun mort dans ce cimetière, ici. (…) Elle se met à penser à la guerre de Corée, et pourquoi cette guerre-là en particulier ? Elle revoit un monument sombre, des corps de bronze en armes avec casque et fusil Continuer la lecture#40jours #36 | Cimetière Saint-Pierre

#40jours #34 | Langue de feu

Du balcon après les linges, après les jardins et les toits, au-delà des platanes où les cigales se sont tues, plus loin que les pylônes de la voie ferrée, que les pins du cimetière, que les cheminées du crématorium, au-delà des barres construites au moment des rapatriés, lingots d’or en fusion dans le couchant, après les taches vertes les taches Continuer la lecture#40jours #34 | Langue de feu