A propos de Line

De métier éducatrice auprès d'adolescents en difficulté. Animatrice d'atelier d'écriture depuis 2020 (DU Université AIx-Marseille) . Porosité entre ces deux espaces là qui se mélangent quelque fois, parfois plus que je ne le crois.

vers un écrire/film #01 | une heure de ta vie – les liserons

Les bouts déchiquetés de la viande, pâle par endroits et presque brune, suintante à d’autres, au milieu d’un fouillis de sauce blanche, de légumes mâchés et la galette qui entoure tout ça au bout de la main. L’herbe rase aux pieds, verte parfois jaune comme brûlée. Le petit endroit où les pieds se posent, sous la chaise et où il Continuer la lecturevers un écrire/film #01 | une heure de ta vie – les liserons

autobiographies #15 | compartiments

Entre les deux wagons le bruit est assourdissant il ne faut avancer que deux mètres pourtant mais à chaque fois c’est comme crever. Crever les tympans, crever de froid et se tenir aux parois qui ne font que  glisser. Marcher droit alors que tout autour est comme plissé. Appuyer – bruit de décompression Le jeune homme penché à peine décontenancé Continuer la lectureautobiographies #15 | compartiments

autobiographies #13 | Denise

Quand j’étais petite on a dit tourne sept fois ta langue dans ta bouche et au pays de la poussière et du soleil j’ai appris à me taire. J’ai appris qu’on descend les escaliers quatre à quatre et que la vie peut s’écouler lentement devant des porches endormis dont on se réveil uniquement pour la poussière. Enlever la poussière, taper Continuer la lectureautobiographies #13 | Denise

autobiographies #14 | une image pour

Une image de chaque film vu, de chaque film oublié ou aimé, de tous les films qu’on ne revoit pas, parce qu’on ne s’en souvient pas une image pour chaque vie ville morceau de vie retrouvé comme jeté en arrière les grands arbres plantés là au bout du chemin des chiens qui aboient, une maison pour un chien, une semaine Continuer la lectureautobiographies #14 | une image pour

#autobiographies #10 | elles sont prêtes

1937 Elle se rassoit. Elle dispose d’un peu de temps, là, entre deux. Elle s’assoit sur le lit. Elle pense foutu lit. Elle pense un lit à soi. Elle remonte ses bas. Elle ouvre le tiroir. Elle est déjà en retard. Elle prend l’allumette au fond de la petite boite. Elle allume sa cigarette. Elle fume lentement. Elle regarde la Continuer la lecture#autobiographies #10 | elles sont prêtes

autobiographies #08 | intérieurisés

le couloir sombre et immense ; la poubelle de jardin verte là fichée dans l’entrée ; et les fenêtres calfeutrées de cartons ; et parfois monsieur dort au salon ; et le petit chat qui fait des pirouette ;l’ enfant qui rit sans trop savoir comment ; et les griffes sur le tapis noir et blanc ; mes enfants, c’est tout pour moi ; les pièces grandes et Continuer la lectureautobiographies #08 | intérieurisés

autobiographies #07 | portes, foyers

Des portes bleues, portes de bois peintes en bleu, bleu sombre, bleu vieux ;  portes aux clés des lieux, milles petites clés collées ta patience aussi au seuil porte défoncée, porte brulée, porte enlevée , porte pas réparée, porte pas remise, portes taguées, portes nettoyées, puis réparées et remises sur pied porte à clé unique à présent  portes peintes de couleur différentes Continuer la lectureautobiographies #07 | portes, foyers

autobiographies #06 | penser au participe présent – trajet de nuit retour

Quitter la grande ville de l’est de nuit, suivant les traces blanches au sol que l’on ne comprends pas – comme la langue des gens de là-bas dansant et mangeant pour la dernière fois, mais manger tellement que l’on y croirait pas d’être sur la route maintenant, de repartir déjà, sans plus s’arrêter  – et ceux qui ne conduisent pas Continuer la lectureautobiographies #06 | penser au participe présent – trajet de nuit retour

autobiographies #03 | les arbres dans le trou

C’est le trou entre les tours blanches qui en bordent les coins, c’est un trou et ça ramène loin. De la continuité des branches plus basses et du sol au fond, tes pieds qui frottent presque leur plafond. Ce n’est pas un mais plusieurs et peut être cent. Tapis réunis là, foisonnant, qui éclosent. C’est le carré vert sur fond Continuer la lectureautobiographies #03 | les arbres dans le trou

autobiographies #02 | portraits usagés

Michel commence toujours ses journées par ne pas dire bonjour en arrivant au bureau. Puis il pose devant lui une ou deux boites en carton contenant des choses à son nom, qu’il se fait livrer là au lieu de chez lui. Michel fait un travail difficile mais parfois on pense qu’il l’oubli. Il ne se préoccupe pas trop des messages Continuer la lectureautobiographies #02 | portraits usagés