#enfances #06 | la voix de l’absence

Si l’absence était une voix ce serait la sienne. C’ était celle de ses disparus, partis en fumée C’ était celle des cris rauques venus d’autres ventres affamés  C’ était celle prisonnière de ses entrailles, à laquelle en un cri primal j’ai tenté de mêler la mienne, mes oreilles ont tremblé Sa voix une souffrance échappée d’une bouche craquelée du Continuer la lecture#enfances #06 | la voix de l’absence

#enfances #07 | Odradek le baigneur

Nu la tête enfouie dans la travailleuse tout de cellulose rosée, sauvé du dernier recours en grâce, ses pieds potelés témoignent d’une solide santé. Pourtant une fois extirpé d’entre les boutons et bobines la tête rigide en sa matière semble ne plus appartenir à ce corps que par un fil élastique. En relief sa mèche de cheveux châtains moulée à Continuer la lecture#enfances #07 | Odradek le baigneur

# enfances # 05 | si l’enfance m’était contée

                                      Sextidi Les quatre heures du samedi à l’odeur de cire d’abeille accompagnés de sandwiches de petits- beurre Lu beurrés, du jus d’oranges pressées comme mes lèvres au bord du verre, collées par la pulpe Quand elle posait sa fatigue du bout des fesses sur la chaise rembourrée simili-cuir, délicatement elle sortait de je ne sais quel endroit secret un flacon Continuer la lecture# enfances # 05 | si l’enfance m’était contée

#enfances #04 |  garder le lit

Se lover comme un fœtus dans le creux de l’oreille à écouter la vie entendre le glouglou utérin comme un rêve lointain le regard amniotique la lumière balayant un brouillard fiévreux mériter l’inconscience à toute épreuve de l’école obligatoire avec pour seule obligation garder le lit, de ses lèvres maternelles prononcer la sentence un gros trente-neuf thermométrer pour vérification énoncer Continuer la lecture#enfances #04 |  garder le lit

#enfances #03 | Bonnefoy triple-saut

Pourquoi sauter ? c’est la consigne je m’y conforme, les trois bois posés à distance chaque fois revue et augmentée, se concentrer sur le pied d’appel, bander les muscles regarder loin devant soi, je n’ai d’autre but, en traversant l’espace de le voler à la difficulté, aux regards des autres et surtout ne pas me vautrer dans le ridicule. Perplexe,  pourquoi le Continuer la lecture#enfances #03 | Bonnefoy triple-saut

#enfances #02 | la travailleuse

Ces moments que je volais aux querelles familiales, à l’agonie d’une paix qui ne reviendrait pas pour n’être jamais venue, je les passais auprès de la travailleuse. Je la prenais dans mes bras, de son corps dodu en côtes de bois vernis doré doux au toucher tapissée d’une cotonnade imprimée de tiges de fleurs à inventer, elle se tenait sur Continuer la lecture#enfances #02 | la travailleuse

#enfances #01 | de nos propres ailes…

Mamanbébelle Combien de fois ? je ne saurais dire, mes parents m’ont déposée chez Mamanbébelle, chaque vacances d’école. Un monde à part et peu de mots… la cour aux poules les cages à lapins et la soue au cochon car il n’y en avait qu’un, côtoyaient le puits au seau suspendu à la chaîne bruyante, en me penchant je pouvais voir Continuer la lecture#enfances #01 | de nos propres ailes…

#enfances #00 | le manège

Sur la place, le métro, le manège, il la tient par la main, une main ferme, celle d’un père qui rassure. Le plateau du manège s’immobilise il la hisse, frêle silhouette sur le grand cheval de bois peint. Lui glisse dans la main des tickets qu’elle tient de ses doigts serrés. Ses yeux le remercient fièrement. Lentement ça se met Continuer la lecture#enfances #00 | le manège

#été 2023 #16 | Nathalie Quintane | en chemin…

Je me suis lancée dans ce livre tel un plongeon dans l’inconnu, cet inconnu, un inconscient qui abrite notre mémoire… Nous sommes nos choix, des acteurs à part entière. Un été s’est écoulé bercé par l’imagination d’un décor dans un lieu de pratique ayurvédique, ce n’était pas seulement le décor mais la respiration d’une atmosphère si singulière qui s’en dégage Continuer la lecture#été 2023 #16 | Nathalie Quintane | en chemin…

#été2023 #15 | pas un mot juste un son 

La palissade en bois, vieille sentinelle se perd dans sa propre existence, elle se tient là muette et réservée comme la gardienne des mystères qui s’étire au-delà de ses planches usées par le temps. Une porte, une simple porte presque dissimulée à nos yeux curieux, constitue l’unique point d’entrée dans cet univers caché. C’est par cette porte que les masseuses, Continuer la lecture#été2023 #15 | pas un mot juste un son