A propos de Solange Vissac

Entre campagne et ville, entre deux livres où se perdre, entre des textes qui s'écrivent et des photos qui se capturent... toujours un peu cachée... me dévoilant un peu sur mon blog jardin d'ombres.

#enfances #01 | les nommer

Il s’adressait à elle en disant Nini, elle lui répondait avec mon petit. C’était mon père, grand et fort comme un père, qu’on appelait mon petit. Elle, c’était une vieille femme acariâtre, on a le droit de le penser, qui avait mis toute la tendresse dont elle était capable, dans ces deux mots, et qui n’avait rien d’autre à offrir Continuer la lecture#enfances #01 | les nommer

# enfances #00 | quelque part

Égarée,  à côté . Absorbée par un au-delà sans contour. Ensevelie sous des couches d’ouate. Perdue entre les lignes des livres où se tenir. Traversant une géologie et une cartographie à moi seule destinées. Errant dans les strates d’un monde qui n’appartenaient qu’à moi, dont je ne parlais pas. Et je ne parlais presque pas. Je venais d’une famille de taiseux. Continuer la lecture# enfances #00 | quelque part

#été2023 #11 bis | respirer

C’est à ce moment-là qu’Antoinette comprit que les livres allaient être son seul soutien. Le livre offert par sa maîtresse d’école, d’Hector Malot, qu’elle avait vu sur les rayonnages de la bibliothèque de la classe, mais qu’elle n’avait jamais emprunté, peut-être par superstition ou simplement par peur, elle eut la sensation qu’il allait la préserver du reste du monde qui Continuer la lecture#été2023 #11 bis | respirer

#été2023 #11 | comme une sauvegarde

Avant que l’on puisse dire quelque chose de sa vie d’après, il faut réaliser ce qu’il se passe dans la tête de l’enfant. Dans les pensées de l’enfant de onze ans. Antoinette revient du cimetière où le corps de son père a été enfoui. Elle ne saurait même pas retrouver l’endroit exact. Elle a marché sans savoir qu’elle marchait. Sa Continuer la lecture#été2023 #11 | comme une sauvegarde

#été2023 #10bis | alors comme ça…

Alors comme ça tu me fais apparaître comme un peu fêlée quand même. C’est vrai que je n’ai pas été une grand-mère conventionnelle. Pas très chaleureuse sans doute. Un peu revêche j’en conviens, mais folle, non! Je vois bien que tu essaies de décrypter quelle fut ma vie, comment j’ai pu traverser toutes les épreuves rencontrées, mais tu sais la Continuer la lecture#été2023 #10bis | alors comme ça…

#été2023 #10 | Gildo

Gildo lance un coup d’œil en direction de Mafalda. Elle s’est assoupie sur sa chaise. Il se lève sans bruit. Pas besoin de parler. Il se dirige vers la porte du sous-sol. Il l’ouvre avec précaution. La referme derrière lui . Il descend les marches de ciment en colimaçon. Sa main droite se pose sur le mur par sécurité ou Continuer la lecture#été2023 #10 | Gildo

# été 2023 #9 bis| dilution

En filigrane de chaque vie, on trouve toujours les arcanes d’autres mondes. Mafalda erre entre plusieurs. Il lui faut faire face au quotidien des faiblesses de son corps de plus de soixante ans, gérer le quotidien d’une maison, poursuivre encore quelques taches dans l’entreprise comme répondre au téléphone, prendre les rendez-vous pour que ses fils travaillent dans de bonnes conditions, Continuer la lecture# été 2023 #9 bis| dilution

# été 2023 #9 | au loin, le regard

Dès que les rêves se sont réfugiés sur les rives de l’au-delà, Mafalda se lève, sans bruit pour ne pas réveiller Gildo qui dormira encore une heure ou deux. C’est le moment qu’elle préfère quand elle est seule à se déplacer dans la maison. Elle enfile très vite sa tenue pour aller dans le jardin, une robe de coton toute Continuer la lecture# été 2023 #9 | au loin, le regard

# été 2023 #8 bis | du temps qui passe

L’ombre comme la poussière est notre fonds secret. (Roberto Peregalli) La cuisine est plongée dans la pénombre, avec ses volets à demi-clos, en cette matinée de juillet. C’est dans cette pénombre et ce silence ciselé à la hache par le battement du balancier du carillon, que Mafalda et l’enfant, que j’abrite encore un peu dans mon corps, doivent venir à Continuer la lecture# été 2023 #8 bis | du temps qui passe

# été 2023 #8 |fenêtre

C’est à peine si on les remarquait. Il y en avait cinq ou six, et peut-être moins. Insérées dans la rainure, entre la vitre et le cadre de la porte. Elles dissimulaient la vaisselle sise à l’arrière, des verres sans doute, je ne me souviens pas, mais j’imagine bien des verres, les verres de tous les jours, car les autres, Continuer la lecture# été 2023 #8 |fenêtre