#40 jours# 16 – où l’on apprends que voyager ne fait pas écrire

Une fille met dans ses poches des gens et quelques pièces et part plus loin que là où sont jamais allé les siens. Elle trouve une place au cent cinquantième étage d’une tour qui en a plus de deux cent. Elle s’assoit sur un petit balcon rouillé qui tient plutôt bien et elle regarde entre les immeubles, les anciens, et Continuer la lecture#40 jours# 16 – où l’on apprends que voyager ne fait pas écrire

#40jours #16 | Les forces mentales de l’écriture

Tout écrivait quand j’écrivais dans la maison. L’écriture était partout. Ça rend sauvage l’écriture. On rejoint une sauvagerie d’avant la vie. Et on la reconnaît toujours, c’est celle des forêts, celle ancienne comme le temps. Celle de la peur de tout, distinct et inséparable de la vie même. On est acharné. On ne peut pas écrire sans la force du Continuer la lecture#40jours #16 | Les forces mentales de l’écriture

#40 jours #16 | Lieux-mentis

Parfois je rêve qu’on me jette en prison. Je suis victime d’une injustice, seuls les vrais les gens qui comptent le savent, mais ce qui compte dans ce rêve, c’est que je suis coupé de tout et que je suis enfin tranquille pour écrire, lire, lire, écrire encore. Dans ce rêve, une pensée plutôt, un film que je me repasse Continuer la lecture#40 jours #16 | Lieux-mentis

#40jours #16 | si j’écrivais … mais non

Écrire dans la ville, prendre des carnets, des crayons, des livres et laisser passer les gens. Mal assise, trop de vent, trop de soleil, se sentir regardée, craindre les questions et n’exister pour personne, regretter l’ordinateur, croiser les jambes pour avoir un support, le pied qui s’endort, convoiter un bout de pelouse, se coucher sur le ventre, s’appuyer sur les Continuer la lecture#40jours #16 | si j’écrivais … mais non

#40jours #16 | les rues vides

Ce que je cherche dans les villes, c’est l’oubli. Je n’aime ni les villages, ni les voisinages familiers. Je préfère les artères passantes où des gens anonymes marchent vite en ayant l’air de savoir où ils vont ou bien les bords de voies rapides ou encore les rues vides à l’heure du déjeuner. J’aime le flux des corps, le mouvement Continuer la lecture#40jours #16 | les rues vides

#40jours #16 | inconnue à cette adresse

La petite table de la chambre étudiante, la brique rouge des laboratoires, la lumière allumée, les pièces du bâtiment d’en face, les nuits lourdes autour du Panthéon, les nuits grasses, la toile le long des échafaudages qui claque comme des voiles, les rues qui descendent jusqu’à la Seine, les lumières humides, les traînées des pas des passants persistantes, tenaces, imprimées, Continuer la lecture#40jours #16 | inconnue à cette adresse

#40jours #16 | la carte de Tendre

9 septembre 2009, les coqs s’exposent.Il a quatre heures devant lui avant qu’elle ne revienne, il sillonne la ville, piétine, erre, photographie, retourne à l’hôtel et invente une histoire. Le temps passe comme cela. Il effectue des recherches pour agrémenter son texte, ne pas trahir l’Histoire avec un grand H. Il ne lui fera pas lire à son retour. C’est son Continuer la lecture#40jours #16 | la carte de Tendre

#40 jours #16 | Halte-médiathèque

La médiathèque, il n’y va plus que pour les enfants et leur dernier Gardiens des Cités perdues, de temps en temps. Rarement en fait. Pour emprunter quelques livres et des DVD. Il n’emprunte jamais rien. Ou rarement. La dernière fois c’était un film de Tarkovski, Stalker. Il est tombé dessus par hasard. Sinon, il n’emprunte rien. Seulement les allées, les Continuer la lecture#40 jours #16 | Halte-médiathèque

#40jours#16 | bus ou café?

Je descends de l’horrible bus et suis enfin débarrassée de son affreux chauffeur qui m’impose deux heures durant, chaque jour, la musique la plus dégueulasse que je connaisse et les blagues les plus vulgaires qu’on  puisse faire, et cela à fond, mais de quoi je me plains, j’ai un bus pour moi seule pour me conduire à mon travail? J’ai Continuer la lecture#40jours#16 | bus ou café?

#40 jours #16 | En terrasse s’il fait beau, derrière les vitres s’il pleut.

Écrire dehors, c’est à dire pas chez soi. Se porter, soi, au milieu de la ville et donc un peu au milieu de la foule aussi et tenter de s’en isoler pour mieux les regarder l’une et l’autre ou pour mieux se percevoir soi même dedans. C’est sur qu’on perçoit mieux un mouvement dès qu’on a fait un pas de Continuer la lecture#40 jours #16 | En terrasse s’il fait beau, derrière les vitres s’il pleut.