#40 jours #18 | retour d’école

L’enfant revient de l’école. C’est écrit école primaire garçons mais dans son école il y a aussi des filles, ce n’est pas la même école, il a fallu prendre le bus, mais depuis l’école d’ici, on rentre à pied. Il ne faut pas donner à manger aux poissons rouges, il ne faut pas non plus les attraper, il ne faut Continuer la lecture#40 jours #18 | retour d’école

#40jours #18 | revenir au pays

Tu as eu plusieurs chez toi depuis le temps. Tu ne sais pas lequel choisir. Les répertorier d’abord. Constater que le lieu de l’enfance demeure encore et toujours primordial, tu dis chez moi quand tu en parles aujourd’hui encore. Ce n’était qu’un village, un bourg au bord de la mer de Bretagne. Tu revenais de l’école par un chemin bordé Continuer la lecture#40jours #18 | revenir au pays

#40jours #18 | vers la Picardie natale

Les affaires de la petite fourrées dans le sac à dos decath’, une robe pour chacune soigneusement pliée dans la petite valise, toujours le vague survêt’ qui sert décidément à tout, allez on y va, l’ado de la voisine est bien mobilisé pour câliner les chats pendant que, alors que, tandis que, les billets sont bien présents sur l’appli sncf, Continuer la lecture#40jours #18 | vers la Picardie natale

#40jours #18 | sur aucune carte

Souvent je suis rentrée chez moi. J’ai mis la clé dans la serrure d’une porte rouge. D’une porte d’un bleu âgé. J’ai tourné le verrou d’une porte beige et d’une porte grise. Parfois la clé était sous le paillasson où je frottais mes pieds chargés du poids de ma ville, la laisser derrière la porte précédée de quelques marches. D’un Continuer la lecture#40jours #18 | sur aucune carte

#40jours # 18 | Truffaut

Rentrer ce jour là par Brochant — tu peux choisir de rentrer par Brochant ou pas. Rentrer les cheveux mouillés, enceinte jusqu’aux dents. Par Brochant. Passer devant le marché couvert. Puis prendre par la rue des Moines. Remonter la rue sur ta gauche, pour rejoindre le 58 une quarantaine de numéros plus haut; se souvenir qu’à cette époque la boutique Continuer la lecture#40jours # 18 | Truffaut

#40jours #18 | écrevisse.

« Elle se retira à reculons ; car elle n’avait pas voulu quitter sa robe d’écrevisse. » Elle pensait souvent à ce conte qu’elle n’avait jamais vraiment bien compris, juste retenu que l’écrevisse pouvait rentrer à reculons. Qu’une robe d’écrevisse serait parfait pour rentrer chez elle. Qu’elle n’en n’avait pas. Ce retour maintes fois reculé. Il n’y a plus d’il était une fois, Continuer la lecture#40jours #18 | écrevisse.

#40 jours #17 | gestes d’elle

Elle tient la brosse dans ses mains gantées. Des gants de vaisselle, jaunes. Les boilles d’abord puis la brouette. Ne pas toucher le produit avec la peau, ne pas s’ébouillanter. Elle frotte puis elle rince, les couvercles aussi. Elle est pliée en deux. Le bras qui frotte est plus musclé que celui qui tient. La brouette, les boilles, les couvercles Continuer la lecture#40 jours #17 | gestes d’elle

#40jours #17 | self-made women

Elle a fait ça pour son père. Il fallait l’entendre aux repas de famille, il ne parlait que d’elle: sa petite fille qui réussissait comme un garçon que le ciel avait refusé de lui offrir. Avocat! vous rendez vous compte? Alors pour réparer cette injustice elle a travaillé dur, appris, persévéré, brillé, tracé une croix sur sa vie privée. Son Continuer la lecture#40jours #17 | self-made women

#40 jours #18 | Vers les Sargasses

« Quand j’étais petit je passais l’été au pays, les deux mois, pas moins. On voyageait en train à travers l’Europe. France, Allemagne, Autriche, Italie. Ceux qui allaient le plus loin (les Serbes) s’installaient contre la vitre du compartiment. Les Slovènes qui descendaient en premier se calaient contre la porte coulissante, les Croates sur les places du milieu. Personne n’avait un Continuer la lecture#40 jours #18 | Vers les Sargasses

#40jours #18 | là tout près

Les odeurs de foin coupé, les couleurs chaleureuses de l’été, l’air de l’océan, les virages en lacets, les villages aux toits rouges, les rangs de vignes quadrillés sur les coteaux, les vagues des champs de blé, le bruit des tracteurs, les kilomètres défilent, le vent siffle, la broderie au coin de la cheminée, les roses trémières, la grosse porte à Continuer la lecture#40jours #18 | là tout près