#anthologie #02 | Elle se regarderait en train de se regarder

Ce serait donc une grande pièce à vivre avec une table de ferme vissée au milieu. Des chaises recouvertes d’un simili cuir bordeaux seraient disposées tout autour. Dans un coin, entre le réfrigérateur et la panière à pain, le fusil du père serait triomphalement rangé dans une housse en tissu marron. Il n’aurait toujours pas bougé depuis sa mort. De Continuer la lecture#anthologie #02 | Elle se regarderait en train de se regarder

#anthologie #03 | Brosse-pomme de terre

J’ai trouvé dans un carton de déménagement une petite brosse d’environ sept centimètres qui ressemble en tous points, à une petite pomme de terre, en dehors des poils. Son corps est bosselé, ocre jaune, un peu sale par endroit, il reproduit jusqu’aux yeux qui précèdent la germination. Les poils sont encore blancs, mais ils ne sont plus droits. On peut Continuer la lecture#anthologie #03 | Brosse-pomme de terre

#anthologie #04 | En frag’

Un jour j’ai habité un fossé. Revisiter les différentes lieux du retrait, du dormir, est un jeu de vieux. Une maison comme une chambre, on en aura été l’hôte de passage, on croit les avoir tenues, détenues, c’est elles qui nous possèdent. J’ai renoncé à venir voir comment elles m’ont trahies. J’ai longtemps habité chez les autres. Habiter le lit Continuer la lecture#anthologie #04 | En frag’

#anthologie #04 | habiter sa mémoire

1 – Habiter le ventre de sa mère | un monde d’eau | de vibrations | s’y mouvoir comme un hippocampe | un poisson | un petit poulpe 2 – Habiter une carapace | s’y réfugier du bruit des autres | s’y recroqueviller | réfléchir sur soi | chercher sa lumière | jouer à l’ermite | s’enfoncer à l’intérieur de soi | en Continuer la lecture#anthologie #04 | habiter sa mémoire

#anthologie #03 | Palette

Démarrer à la manière de Tarkos, je suis tombée nez à nez avec une palette, pas une palette à la diable, ni une palette en couleurs, encore moins une palette en bois qui sert à transporter des objets ou se transforme en meuble, non une palette, oui en bois, à la fois palette et tableau, pas tout à fait palette Continuer la lecture#anthologie #03 | Palette

#anthologie #04 | Ce qui m’habite

Habiter, moins bien loti que l’âne, une chambre où passe la pluie. Travailler dur pour l’amour, pour l’espoir, pour la vie, fabriquer avec ses mains, avec son travail et ses mains, une maison de briques crues. La beauté du matériau, l’esthétique d’une architecture minimaliste et douce, l’attention aux hirondelles, dépassent les engins de démolition et les chantiers de béton. Elles Continuer la lecture#anthologie #04 | Ce qui m’habite

#anthologie #03 |  Mon sabre-coutelas

J’ai retenu comme cette injonction lointaine qu’il faut entretenir notre jardin. Des années interminables à étudier puis travailler, apprendre, nuits blanches, gardes retenir de mémoire pleins de choses fut la première partie de ma vie d’étudiant permanent. Toutes les corvées manuelles ou agricoles sont longtemps restées à distance Des équipes d’activité « entretien d’espace vert » se sont multipliés dans le paysage Continuer la lecture#anthologie #03 |  Mon sabre-coutelas

#anthologie #04 | Habiter

Habiter enfant à la campagne, s’ennuyer ; habiter adulte en ville, se sentir à sa place. Habiter un pays et aimer l’habiter. Craindre après le 7 juillet de ne plus aimer l’habiter. Voir depuis ces dernières années des sans domicile fixe, de plus en plus nombreu.ses habiter sous le auvent de la Bourse du travail de Bordeaux. Vivre sur des matelas, Continuer la lecture#anthologie #04 | Habiter

#anthologie #04 | familiarité des lieux

2. Habiter le studio minuscule de Jian Shan. Son lit énorme, recouvert de deux édredons épais pour affronter l’hiver humide de Shanghai sans chauffage. Un lit professionnel, dira Kosmo, en riant la première et la dernière fois qu’on a couché ensemble. 3. Habiter chez Mr et Mme Tout le monde. Pour quelques jours à Rennes, à Marseille, à Flins, à Continuer la lecture#anthologie #04 | familiarité des lieux

#anthologie #03 | Oreiller

Donc j’ai ouvert les yeux et l’oreiller était par terre. Moi je n’étais pas par terre, l’oreiller si, comme si on avait été séparés. Ou bien, peut-être, il s’était déplacé. Et il avait glissé, doucement, petit à petit. Pourtant il était bien coincé, je l’avais bien coincé entre ma main sous lui et ma tête dessus. La paume de ma Continuer la lecture#anthologie #03 | Oreiller