#anthologie #13 | Un matin d’ennui sur la plage

Vers la mi-juin, le rituel commence. On laisse la voiture n’importe où, sur un chemin poussiéreux, au bord d’une route, sur un parking, quand on a de la chance. On poursuit le chemin à pied, tongs, chapeau sur la tête, serviette au bras, sac à dos. Selon la plage choisie, on descend un talus, une dune, des rochers escarpés, si Continuer la lecture#anthologie #13 | Un matin d’ennui sur la plage

#anthologie #13 | Place du Bourguet

Sur la place du Bourguet, on pourrait dire petit bourg, mais depuis le Moyen Age un grand carrefour de foire agricole et gigantesque marché, les silhouettes s’entrecroisent, derrière elles leur sillage vierge est immédiatement habité par les bandes de pigeons tournant autour des bancs, cou et pattes en polyrythmie, les vieux se reposant qui avec un chien qui avec rien, Continuer la lecture#anthologie #13 | Place du Bourguet

#anthologie#13 | San Zanipolo

Dans la présence absence des silhouettes, presque des êtres de fiction, qui traversent, stagnent, rêvent, photographient, jouent ou simplement se contentent de regarder et de fixer dans un coin de l’esprit quelques images qui referont surface le soir sur un carnet à spirales d’un rouge rubis, sans lequel il n’aurait pas été possible de séjourner dans Venise. Les mots tenteront Continuer la lecture#anthologie#13 | San Zanipolo

#anthologie #07 | Mon rêve d’eau

Dans la banalité des heures solitaires, entre mon jardinet, ma table de travail et le mur qui me fait face, je me délecte intimement du caractère répétitif de mes vacances à venir. D’une certaine manière, elles ont, dans la projection fantasmatique que je m’en fais, le caractère et la valeur d’un rituel qui doit enfin me permettre d’écrire. C’est ainsi Continuer la lecture#anthologie #07 | Mon rêve d’eau

#anthologie #13 | observatoire

Le disloqué, le fragmentaire, les allers et retours vers un passé reconstitué, les terreurs de l’enfant de Silésie qui a tout oublié de sa ville et a été forcé d’abandonner son père abattu par les balles ennemies dans le froid de la neige, la quête de l’écriture jour après jour, l’anéantissement du temps chaque soir. La solitude aussi qui s’agrandit Continuer la lecture#anthologie #13 | observatoire

#anthologie #13 | Omaha Beach en 765 mots

  C’est l’été. La marée est basse. Le ciel gris bleuté se fond à l’horizon avec la mer. Bientôt onze heures. Les occupants journaliers de la plage sont tous là. Parlons d’abord des oiseaux, ce sont les plus bruyants : goélands argentés, goélands marins et mouettes rivalisent de cris rauques, parfois plaintifs ou aigus et rieurs. En loopings gracieux, affairés, imprévisibles, Continuer la lecture#anthologie #13 | Omaha Beach en 765 mots

#anthologie #13 | bureaux avant fermeture annuelle

Pour achever l’année universitaire il va dans la matinée sans précipitation rejoindre l’équipe constituée de deux autres personnes. Lui est engagé à temps partiel et ses horaires sont souples. Ils se sont baptisés « la fine équipe » Avant de prendre la route il anticipe l’endroit de la cuisine où il posera quelques friandises ; il n’a pas encore décidé quoi. (fruits ou Continuer la lecture#anthologie #13 | bureaux avant fermeture annuelle

#anthologie #10 | Grisélidis, le réel

Devant la Chapelle Saint-Bernard en juin mille neuf cent septante-cinq toutes elles sont sœurs, elles brûlent, elles crient, elle a quarante-six ans et elle sait qu’elle est au cœur de sa lutte, celle qu’elle gueulera une vie entière en grands mots bariolés. Elle a six ans, son père dirige l’école suisse d’Alexandrie, elle l’adore plus que tout, il lui parle Continuer la lecture#anthologie #10 | Grisélidis, le réel

#anthologie #13 | la petite église du village

La petite église du village est pleine, chapelles latérales comprises. On rend un dernier hommage à la femme de l’ancien maire, encore conseiller municipal. Sur les premiers bancs, la famille, les deux enfants, leurs épouses, les petits enfants et arrière-petits-enfants en noir. Le mari de la morte porte une chemise blanche sans cravate ; ce qu’on a l’habitude d’appeler un bel Continuer la lecture#anthologie #13 | la petite église du village

#anthologie #13 | la gare de Bordeaux en 3981 signes

J’aime prendre le train. J’aime les gares, les départs, j’aime aller y accueillir des ami.es, j’aime quand je prends un train arriver en avance pour observer. Observer, c’est déjà voyager, c’est lire les panneaux d’affichage des trains et rêver. C’est contempler dans le hall principal éclairé par une grande verrière, la vaste carte peinte entièrement à la main à même Continuer la lecture#anthologie #13 | la gare de Bordeaux en 3981 signes