#anthologie #33 | Salle treize

Salle treize sans lumière sinon celle artificielle des rectangles de verres, sinon celle sombre des tapis graves et des corps penchés. Une voix chargée, une voix légère, clé dans la serrure, objets précieux, ouverture de la vitrine, le temps s’ouvre, âge de la vitrine, âge de l’objet, mains habiles déshabillent le voile de protection, offrent à nu à l’autre, paume Continuer la lecture#anthologie #33 | Salle treize

#anthologie #33 | couché dans la grande prairie

Une nouvelle lueur, un nouveau langage gravé sur les parois suintantes de la sueur et du sang des vivants, on n’oublierait pas la couleur du ciel inscrite en nous depuis longtemps ni l’odeur de la terre rafraîchie par l’averse, mais le monde d’en-bas serait immense et pas aussi silencieux qu’on l’aurait cru, chaque murmure amplifié par le jeu des échos Continuer la lecture#anthologie #33 | couché dans la grande prairie

#anthologie #33 | soleil cour coupée

couperet. soleil cour coupée moitié blanchie moitié ombre. deux triangles parfaitement découpés. confusion de l’esprit cueilli à la faux. diagonale du fou. sa condition de vivante l’exténue. elle est  cloche fêlée sans battant. porcelaine cassée. écrasée sous le ciel chauffé à blanc métallique. blancheur du ciel écorché à l’os. étouffera sous le couvercle de plomb scellé à sa robe. soleil Continuer la lecture#anthologie #33 | soleil cour coupée

#anthologie #33 | Chasse aux papillons

Blanches pierres clarté debout sanctuaire. Éblouissant éternel sacré tour dressée. Mollets nerveux culotte courte enfance. Pas à pas montée effort impatient chaleur été trop de souvenirs. Éclairage précision contours cylindre inviolable. Il regrimpera filet pas épuisette yeux verts aguets chasse cœur battant. Sans bruit papillon beau tellement beau. Géométries couleurs vitraux fascinant tant de souvenirs. Seul fier cachette inviolable vieux Continuer la lecture#anthologie #33 | Chasse aux papillons

#anthologie #33 | sècheresse

Aplat jaune descend mer ligne d’horizon se mue dans les vergers carrés clairs à boules rouges. Descente vers le creux de l’aine. Douleur. Air brise la rivière sourde de pierre en pierre par menu filet. Chant des corneilles au cœur de masses granites. Rein, drain, bain de bleu ligne d’horizon, le clair sur le sombre rectangle de blés murs, tâches Continuer la lecture#anthologie #33 | sècheresse

#anthologie #33 | Dehors dedans

Gorge en gravats eaux de roches tracés de serpents à la faille de la ville ; outre-sarine comme on dirait d’outre-tombe. Ce refuge un retrait une descente un suspend surtout. Plongée verte pour comprendre le paysage de son oubli. Verticale friable parois de falaises au-dessus les rapaces. Leurs rondes lentes majesté en extension repérage vorace froissé d’indifférence de morgue de beauté Continuer la lecture#anthologie #33 | Dehors dedans

#anthologie #31 | dans ma bouche, un goût de cendre

(j’ai choisi de suivre l’errance de mon personnage de la #29) Je m’appelle Alain et je suis mort dans la nuit du 29 juin 2023 dans l’incendie de mon royaume. Pour être plus précis – et vous aurez peut-être du mal à y croire mais c’est pourtant aussi vrai que Saint-Antoine de Padoue encore debout dans la dévastation –   c’est Continuer la lecture#anthologie #31 | dans ma bouche, un goût de cendre

#anthologie #33 | La maison des écrevisses

Pente pente pente dévale court crie l’enfant déroule ses pas roule ses jambes au plus vite plus grandes plus loin ses jambes aux rebonds magnifiques qui font la course du plat de la terrasse jusqu’à l’eau grise en contrebas descente brutale du corps de l’enfant de l’esplanade à la maison des écrevisses secousses secousses mâchoires qui claquent l’enfant rit bras Continuer la lecture#anthologie #33 | La maison des écrevisses

#anthologie #33 | chambre

Lit, vrai refuge, d’aussi près masse ouatée. Murs quatre et le corps seul. Rien qui bouge.Murs quatre blanc-craie et corps à la renverse. Vrai refuge. Lit. Livres. Feuilles volantes. Pas de bruit. Lunettes. Jour noir bleu sous verre. Bris de lumière alternatif dehors. Comme au temps de balbutiement long corps nu à la renverse. Rien qui bouge encore : œil Continuer la lecture#anthologie #33 | chambre

#anthologie #31 | Léonie (4)

Ton texte, des bribes de mon histoire… Très touchée. Soixante ans nous séparent. Avec tes mots (le temps de la lecture de tes mots), je ne suis plus tout à fait morte. Étonnée des traces que tu as trouvées. Internet, c’est quoi ? je n’ai pas compris, mais cet outil me semble fabuleux. Une encyclopédie sur tous les sujets ? Continuer la lecture#anthologie #31 | Léonie (4)