#anthologie #27 | Trois débuts

1 – Un homme, vêtu d’un blue-jean, d’une chemise blanche, chaussé de mocassins, vient de descendre d’un taxi. Il retient par l’index replié de sa main droite son blouson de cuir rejeté sur l’épaule. Au bout de son bras gauche un sac de voyage, qui en a tant vu. L’homme, que tout Chinatown de New-York appelle Gattopardo en raison de Continuer la lecture#anthologie #27 | Trois débuts

#anthologie #26 | bruits de fond

Comme une brise dans mes oreilles, un souffle continu, le bruit du dedans. Il fait si chaud, ça amplifie, et puis un train qui passe, il n’y a pas de voie ferrée ici, peut-être le cahot d’une valise à roulettes sur les pavés, un airbnb perdu dans la nuit ? le souffle revient, puis comme un frottement, une présence là tout Continuer la lecture#anthologie #26 | bruits de fond

#anthologie #22 | avenue Albert 1er

Avenue Albert 1er, on la prend en voiture, rue qui n’a de l’avenue que le nom, rue à sens unique, chaussée défoncée, la pharmacie à l’angle, à l’entrée de la rue, il faut que ce soit une pharmacie pour qu’encore ouverte, encore fréquentée, pour combien d temps, sans parking, sans aucune des commodités pour se garer, qui pour la tenir, qui pour la conserver, qui pour y aller sinon les pauvres gens qui se déplacent à pied, habitent le quartier, la plus proche est éloignée, d’où l’intérêt que le nombre soit contingenté, ignorer les règles des officines, mais croire que leur installation relève de certaines règles, il faudrait vérifier, savoir déjà qu’on ne vérifiera pas, pour quoi faire, nul projet d’acheter une officine, nul moyen, nul intérêt, mais apprécier toutefois la permanence de cette pharmacie dans ce quartier populaire, Continuer la lecture#anthologie #22 | avenue Albert 1er

#anthologie #27 | Jusqu’où s’en va l’imaginaire

Un homme vient à bout du secret de sa fuite, comme on reçoit en plein front une pierre balancée par mégarde. Il est assommé sur le coup. Ce qu’il n’avait osé entrevoir apparaît découpé sur les années, sa mémoire revisite les situations, les incompréhensions, les silences, et aujourd’hui, le corps de son frère lui arrache ce qu’il savait déjà qu’il Continuer la lecture#anthologie #27 | Jusqu’où s’en va l’imaginaire

#anthologie #27 | Potentiels

1) Ça la prendrait vers seize ans, cette femme, du moins la trace la plus ancienne daterait de ses seize ans, ça la prendrait comme de fuguer ou de faire du violoncelle, le besoin d’avoir un enfant. Il ne s’agirait pas d’envie mais de besoin viscéral, car d’emblée, ce qui s’aggraverait jusqu’à l’inéluctable mur des quarante-deux ans, d’emblée l’unique alternative Continuer la lecture#anthologie #27 | Potentiels

#anthologie #27 | étrangement

1/ C’est une femme étrange, dont la personnalité est difficile à appréhender. Elle est à la fois une femme profondément solitaire et tournée sur elle-même, et par une autre facette, quelqu’un qui peut parler pendant des heures au milieu d’autres qui ne comprennent pas toujours ce qu’elle dit mais qui semblent hypnotisés par sa personnalité. Elle oscille au long de Continuer la lecture#anthologie #27 | étrangement

#anthologie #27 | des numéros et une porte

Il lui ressemble certainement. Il doit bien avoir quelques traits dans son visage extrait du sien. Ne voit-on pas sur certaines photographies la petite dernière ressembler trait pour trait à la vieille tante éloignée, particulièrement sur cette photo de mariage qui a plus d’un siècle, comme si elle avait été déjà là, ce jour-là. Le même sourire, la même tenue Continuer la lecture#anthologie #27 | des numéros et une porte

#anthologie #24 | dans le TER

Dans le TER qui rejoint Lyon à Valence.En face de moi, une jeune femme souriante. Après consultation obligatoire de son smartphone, elle s’endort. Son visage si plaisant éveillé se transforme, ses mâchoires se serrent pour ne laisser qu’un filet de lèvres et surtout, elle fronce les sourcils si fort que de profonds sillons courent du front jusqu’aux ailes de son Continuer la lecture#anthologie #24 | dans le TER

#anthologie #24 | ils dorment

Ils dorment le dos courbé, front posé sur les bras croisés sur la tablettel’arrière du crâne plaqué à l’appui-tête, gorge déployée et bouche ouvertela tête penchée vers le magazine tombé sur les genouxaffalé sur l’épaule du voisinle front sur les genoux remontés sous le mentonun masque noir cache les yeuxla tête ballotée contre la vitreluttant, la tête s’alourdit, sursaut, se Continuer la lecture#anthologie #24 | ils dorment

#anthologie #23 | nuage aux entrailles

Perchée sur mon nuage, j’ai regardé la ville de haut, j’ai frôlé les terrasses des immeubles et me suis décidée à me laisser tomber.J’ai rebondis telle une balle d’étage en étage, parfois le corps pleins de bleus. En bas, la machinerie de l’immeuble, son ventre, ses organes, ses pets de vapeur, ses bruits pétaradants, on aurait dit un ventre malade Continuer la lecture#anthologie #23 | nuage aux entrailles