#anthologie #24 | ils dorment

respires et murmures dans la moiteur d’un dortoir marée de soupirs les souffles enflent s’apaisent les corps crissent sur la toile bleu marine tendue entre les armatures métalliques des lits qui se déplient pour accueillir les petits corps blottis sous les couvertures et se replient une fois la sieste terminée ils dorment bruits de bouche succion gémissement sanglot ils dorment Continuer la lecture#anthologie #24 | ils dorment

#anthologie#20#séparation

La photo a été prise à l’extérieur du restaurant après le repas. Un groupe de quarante deux personnes de tous âges posent face à l’objectif sous un ciel bleu parsemé de nuages filamenteux. En contrebas du pré d’herbe jaunie sur lequel le groupe se réparti en rang de différentes hauteurs, du côté  gauche, une crique parsemée de bateaux explique le Continuer la lecture#anthologie#20#séparation

#anthologie #22 | la maison rouge hier et aujourd’hui

Le lieu réel (aujourd’hui) bien moins saisissable que le lieu mémoriel (hier). La maison rouge est toujours là. Au bout de la rue et après d’autres maisons bien alignées, comme alors, il y a la mer. Au bord de la rue et du trottoir, une grille que quelqu’un doit toujours aller ouvrir pour y faire entrer la voiture –qui peut-être Continuer la lecture#anthologie #22 | la maison rouge hier et aujourd’hui

#anthologie #24 | Pas de la fiction

Comme un souffle léger, comme le vent pour soulever une plume, je l’appelle souvent ma plume. L’envie de se mettre juste à la sortie de l’air devant son nez, de s’allonger à son côté et de le sentir passer sur mon visage, prendre son rythme, le suivre, respirer avec elle. Ce rythme apaisant, un rythme apaisant c’est régulier, sans grandes Continuer la lecture#anthologie #24 | Pas de la fiction

#anthologie #20 | La photo tronquée/ le visible et le néant qui guérit

#anthologie# 20 La photo et le coup de ciseau en trop. Le vertige du néant guérisseur « le visible et le néant » Une superstition a cours en Egypte : les coups de ciseaux en trop ou à vide peuvent attirer le malheur car ils risquent de blesser les mauvais esprits qui se mettent en colère. Dans notre album de famille une Continuer la lecture#anthologie #20 | La photo tronquée/ le visible et le néant qui guérit

#anthologie # 23 | la fenêtre

C’est ainsi. A chaque fois que je passe dans leur rue, je ne peux pas m’empêcher de relever la tête vers leurs fenêtres, celle du salon à trois battants, et celle, basculante de la cuisine. Je regarde surtout celle du salon car c’est dans celle-ci que pointaient soudain leurs têtes quand j’arrivais (souvent) en retard. Les éléments de la cuisine Continuer la lecture#anthologie # 23 | la fenêtre

#anthologie #24 | Le dessert

Hier soir à table, j’ai préparé pour le dessert une mousse au chocolat dans laquelle j’ai ajouté un hypnotique très puissant, 16 Zoplicone de 7,5 mg que j’avais écrasés. Le Zoplicone est un somnifère sans goût, j’ai vérifié avant. Tout le monde en a pris. Pas moi, j’ai prétexté mon régime d’avant l’été. Il y avait à la maison Paul, Continuer la lecture#anthologie #24 | Le dessert

#anthologie #24 | Quand Rosalie dort

Le ciel a perdu son bleu métallique. La lune se cache derrière le pigeonnier. La chère vieille maison de pierres, on ne la voit pas, on la sent. Tapie dans l’ombre, elle sommeille dans sa couverture de vigne vierge. Sa lourde porte close, ses jalousies entrebaîllées par pudeur sur la nuit, lui confèrent respectabilité et inviolabilité. Ce qu’elle a perdu Continuer la lecture#anthologie #24 | Quand Rosalie dort

#anthologie #21 I marginalia

« Pour une femme1, voir Allemagne mère blafarde2 c’est perdre la parole3, devenir muette4, être sidérée. Comment les hommes, eux, voient-ils ce film ?5  » 1 – dans l’expression générique pour une femme, il est question du prototype de la femme européenne de 30 ans dans les années 80, qui n’a pas vécu la guerre et qui n’est donc pas prête à Continuer la lecture#anthologie #21 I marginalia

#anthologie #20 l La pellicule des mythes

Tu es tout l’inconnu assemblé en un seul corps. Ce corps gracile. Ces bras immenses où jouent l’enfant qui te sourit. Cet enfant main sur la bouche où retentit ton cri. Un cri de mère planté à la racine des dents. Ce cri d’enfant qui dit maman n’est pas le tien. Pourtant il est le sang qui enfante l’autre mais Continuer la lecture#anthologie #20 l La pellicule des mythes