#rectoverso #04 | Carnets d’yeux

RECTO J’ai rouvert les yeux sur mes murs, je les revois chaque année au même moment selon la même lumière et j’attends la nuit pour revoir Vénus aux côtés de cette lune qui m’arrive en pleine face. * Lorsque je fermais le velux automatique au point limite qu’un plan de lumière oblique traversait ma chambre, mes mansardes prenaient une couleur Continuer la lecture#rectoverso #04 | Carnets d’yeux

#rectoverso #05 | rue petit

RECTOPierre n’était jamais revenu par là. Dans les années 80, il habitait à cette adresse, un immeuble —poteaux de bois, torchis, deux ou trois étages, style faubourg du 19ème siècle — qui appartenait à un milliardaire provincial qui avait eu des soucis avec Jacques Mesrine. Il y est arrivé un jour de septembre, s’est débrouillé pour être le premier visiteur, Continuer la lecture#rectoverso #05 | rue petit

#04 Recto Verso# Le silence baroque

Memoire. Positionner un temps révolu, loin derrière les lignes de l’absence.Raconter le quotidien des souvenirs oubliés. Il y a des trous par endroits.L’oubli pour tout départ ? Tu pars d’où, et où ? Raconte moi ta vie, tes rencontres littéraires, artistiques, musicales ; tes émois, tes explosions, tes sidérations, tes indignations. Parle moi du mouvement des couleurs, du bouillonnement de Continuer la lecture#04 Recto Verso# Le silence baroque

#rectoverso #04 | Mémoire vive

Une voix, votre voix, elle était restée lovée au creux de mon oreille, je ne le pensais pas et pourtant, attablée à la terrasse d’un café, j’ai entendu votre voix. Les graves, cette lente diction, ce temps arrêté, cette douceur et à la fois cette détermination. Oui, c’était votre voix. Je me suis retournée,  qui pouvait bien avoir votre voix ? Continuer la lecture#rectoverso #04 | Mémoire vive

#rectoverso #04|Mariane Alphant, maintenant

Le présent s’impose comme une injonction silencieuse. Non pas le présent des horloges, des cadrans ou des mises à jour, mais celui qui colle au corps, cette pellicule d’instant qui ne cesse de se régénérer, de nous happer. Il faudrait être là, tout de suite, parfaitement là. Être présent à soi, au monde, à la conversation, au visage de l’enfant, Continuer la lecture#rectoverso #04|Mariane Alphant, maintenant

# rectoverso #4 | Béatitudes

La route déserte s’étend à perte de vue, avec des montagnes au loin. Un homme, la quarantaine, disons, se tient appuyé contre une voiture arrêtée sur le bas-côté. Jean, chemise à carreaux ouverte sur un t-shirt blanc, une bière à la main. Mais si tu veux mon avis, il était pas comme ça, en vrai.— Qui ça ?— Moriarty.— Hein ?— Tu me demandes, je Continuer la lecture# rectoverso #4 | Béatitudes

rectoverso #04 | le livre et la prison

«La première chose à observer» quand elle arrive à l’hôtel, c’est le livre que lui a laissé Pedro. Où est-il Pedro? Est-il encore en vie? Elle savait qu’il aimait les livres, qu’il lisait de la poésie. Elle connaissait, et était fascinée par sa collection d’ouvrages révolutionnaires en français, en espagnol, en anglais, en allemand (et même quelques vieux exemplaires de Continuer la lecturerectoverso #04 | le livre et la prison

#rectoverso #04 | à reculons

RECTO Des blouses grises et bleues, des préfabriqués, des vastisas et l’origine du mot, was ist das?, des murets, des marches en cairons, des grillages, un portail, un couloir, ce qui pourrait définir une prison. C’était l’inverse.  Auguste Comte, le positiviste qui ne respecte pas les règles d’orthographe,  Les billes, et forcément le sac de Billes de Joseph Joffo. L’ai-je Continuer la lecture#rectoverso #04 | à reculons

# recto-verso #04 | L’Emprise de la princesse de Clèves

Bien sûr, je me souviens de la Princesse de Clèves, et de son infortunée liaison qui a fait le tour des salons. Mais plutôt que de narrer des événements désormais bien connus, je me contenterai d’évoquer les robes à panier de soie, les pas de danse, les petits fours et les éventails.En toile de fond, les murmures et chuchotements des Continuer la lecture# recto-verso #04 | L’Emprise de la princesse de Clèves

#rectorerso #04 | je reviens, encore

Ce que l’on sait. Ce que l’on invente. Ce que l’on ressent. Les départs, les enfants endormis, les promesses.
Je me demande pourquoi les enfants endormis me poursuivent.
Corbera le nom. Corbera le lieu réel. Le papier peint. Les gestes. Les silences, le manque. Les absents. Les fantômes. Des peurs. Les répétitions. J’entends les voix basses dans la cuisine, les objets qui Continuer la lecture#rectorerso #04 | je reviens, encore