#rectoverso #06 | une journée ordinaire

On dirait en me regardant de prime abord, que je suis une personne simple, sans histoire, menant une vie terne et probablement ennuyeuse voire mortelle pour ceux qui préfèrent l’action à la contemplation. Ma vie est routinière, c’est vrai comme tout le monde. Ma vie est réglée au cordeau entre mes obligations d’épouse, de mère et d’employée. Mon mari travaille Continuer la lecture#rectoverso #06 | une journée ordinaire

#rectoverso #01 | Lieu-dit

(Recto) On y accède en suivant une ruelle étroite et étouffante. Déjà on aperçoit le palier du premier étage qui surplombe le parc du lieu qu’ils appelaient entre eux le château. Des branches s’étendant comme des bras lui fouettent le visage, griffent ses joues, écorchent ses oreilles. Les fenêtres très hautes s’ouvrent sur les arbres. Au loin, derrière le mur Continuer la lecture#rectoverso #01 | Lieu-dit

#06 rectoverso | petite pieuvre

Je traverse la place après une dernière dizaine de minutes tranquilles avant le travail, un café bu à une table dehors, j’ai adouci la boisson d’une goutte de lait, j’ai même ajouté un peu de sucre. La morte à la mise en plis me regarde et sourit, elle aime me regarder boire lentement en sachant qu’elle est là et elle Continuer la lecture#06 rectoverso | petite pieuvre

#rectoverso #04 | Marianne Alphant | Verso | Quel cadeau !

Les derniers rayons du soleil couchant filtrent à travers les rideaux de lin. L’odeur persistante du dîner flotte encore dans l’air, un mélange de rôti et d’épices du dîner. — Cette année, elle a fait fort ta mère. Elle veut toujours offrir le meilleur cadeau, dit-il en lui tendant les assiettes sales qu’elle place dans le lave-vaisselle. Debout entre la cuisine Continuer la lecture#rectoverso #04 | Marianne Alphant | Verso | Quel cadeau !

#rectoverso #04 | Marianne Alphant | recto | Pensées

Lorsque son aînée, encore toute petite, prononça un semblant de mot ressemblant à maman pour la première fois, elle se demanda si l’autre avait pu lui aussi dire ce mot ? Qui appelait-il en tendant ses petites mains dans le vide ? Quand l’avait-il dit ? Où l’avait-il dit ? À qui ? Quand sa fille fit ses premiers pas ? Elle pensa à Continuer la lecture#rectoverso #04 | Marianne Alphant | recto | Pensées

Pelharòt traînant des dépouilles et des songes / #rectoverso #06

Clamer ce qu’on cherche, avancer comme ça en clamant, jusqu’à en claquer quand on est pelharòt. Faut le faire ! Avancer en zig-zag comme ça, le trottoir d’un côté, le trottoir de l’autre côté. Tu ne t’arrêtes que lorsqu’ils ont à t’en donner, des chiffons, des tissus, des peaux de lapin. C’est qu’ils en ont, des peaux de lapin, dans ce Continuer la lecturePelharòt traînant des dépouilles et des songes / #rectoverso #06

#rectoverso #06 | Trous

La question de la vigilance, comme sur l’autoroute en ligne droite quand tu roules, tout va bien, soudain tes paupières sont lourdes, lourdes … au cirque ça me fascinait le numéro du magicien, la femme tombait d’un coup – narcolepsie tu connais?–, elle basculait à l’horizontale en lévitation sans avoir touché le sol ; le magicien avançait vers elle avec Continuer la lecture#rectoverso #06 | Trous

#rectoverso #06 | règne animal

RECTOSi on me laissait le choix, je serais psychiatre à Blida-Joinville, je serais un inconnu rescapé du Vel d’Hiv heureux d’avoir vaincu l’ignominie, je serais un garçon aux cheveux rouges et aux ongles longs, je marcherais dans la rue un kebab en ligne de mire, je n’aurais aucun mérite, je ne dirais rien que vous ne sachiez déjà, I would Continuer la lecture#rectoverso #06 | règne animal

#rectoverso #05 | N’a d’horreur que le souvenir

RECTO En extrémité d’une petite commune de Vendée, il y a deux longs murs blancs de 3 mètres de haut qui s’imbriquent en un angle droit. Avec une autre maison, ils délimitent un espace assez grand où on aperçoit le toit d’une maison derrière trois cyprès, deux eucalyptus et un gros chêne. Un portail blanc tout aussi haut que les Continuer la lecture#rectoverso #05 | N’a d’horreur que le souvenir

# rectoverso# 06 I les fleurs ont des racines, la mer pas

Il y a des jours où j’en ai marre. Marre d’avoir mal au dos le soir d’avoir trop porté, marre d’avoir toujours des gants épais, marre d’avoir une combinaison comme uniforme. Avec elle je deviens un invisible pour les femmes qui passent près de moi. J’ai l’air de rien, l’air d’avoir un corps informe alors qu’avec un Levis taille 30 Continuer la lecture# rectoverso# 06 I les fleurs ont des racines, la mer pas