Chroniques#04|Trouver la cohérence

1|Pas question non

Pas question non pas question de renoncer
Exigez le meilleur
Partez tranquille
Allez, debout !

Codicille 
Ça fait slogans publicitaires mais pas moyen de me les sortir de la tête. Je garde cependant pour EM Allez, debout ! clin d’œil à l’invitation Tenir debout

2|Mes cahiers

Codicille 
Un atelier ça se prépare en cherchant continument ce qui te relie à la littérature ce qui te relie à l’écriture. C’est à partir de ça et que ça, ça puisse résonner dans une proposition, qu’on trouve la cohérence de notre chemin – François Bon| tiers livre| été 2026 « chroniques » 25 juillet|#04

Depuis le 21 juin 2024 pour un projet d’écriture je traque les couleurs dans les livres que je lis. Je retranscris ici les occurrences entre chien et loup au kilomètre, glanées dans une centaine de livres – ce sont mes lectures qui me tiennent debout –

La lune s’était levée et brillait très fort dans le ciel encore bleu jour| plus loin encore l’eau bleue deviendra indigo| L’heure dorée a atteint l’immeuble d’en face et une lueur rougeoyante se réfléchit sur les murs| En fin de journée, son père dégageait une odeur différente de celle du matin. Il ne sentait pas mauvais, non. C’était plutôt comme s’il s’était transformé en autre chose qu’un humain. Il y avait un je-ne-sais-quoi qui évoquait l’indigo, et lorsqu’elle ouvrait la porte de la maison à la nuit tombée, il lui semblait que ce n’était pas son père qui se tenait devant elle, mais les vagues de la mer, qu’elle n’avait vues que dans les tableaux| Le crépuscule colorait de rouge le relief| le vert sombre des montagnes vire au noir| le ciel montre les premiers signes légers de l’obscurité et de la nuit qui gagnent, avec des touches de rose et d’orange se glissant en bordure des nuages| les nuages se couronnèrent de feu, des rayons rouges percèrent, dans le ciel une étoile apparut| Le soleil déclinait vers l’ouest et, passant derrière la petite fenêtre, dessina un carré de lumière jaune sur la porte close| le soleil déclina avec une insoutenable lenteur, puis se teinta d’un jaune pâlissant à l’approche de son coucher| Au-dessus des collines, le tissu du ciel varia lentement du bleu sombre au noir très clair| les lumières scintillant dans le crépuscule violet sous le garrot du volcan| la lueur orange à l’ouest| des franges de pourpre et d’ardoise au-dessus des montagnes enneigées| un peu de rose traîne encore à l’ouest, mince rainure sous un mur d’encre bleu-noir| le désert [vire] au violet puis au noir| Frange écarlate en bas du bleu du ciel qui se reflète en flaques mauve lilas sur la glace, terre noire| Le bleu ardent là-bas s’estompait, passait au gris quand le soleil descendait derrière les montagnes| il regarde les couleurs qui s’estompent| des toits bleutés sur un fond de ciel brûlant et déjà violacé| Le ciel s’était empourpré subitement. Devant lui, le soleil se couchait sur la [campagne] verte et riante| un bleu indigo, légèrement strié d’or pâle, rémanence crépusculaire ou halo d’une lune orangée| la lune, énorme, orange, leur avait jailli à la figure| le soleil est orange tirant sur le rouge du soir| le soleil s’était finalement noyé dans une mare rouge sang| lors d’un crépuscule orange| le vermeil qu’offrait encore là-haut le soleil à la nature| tandis que le ciel recrée la parfaite descente de l’ocre et du rouge| le soleil est tombé, les lumières rose passent sur nos visages| le ciel garde son éclat mais vire déjà au rose, au orange, presque bleu marine. La lumière de fin de journée inonde [la voiture]| A la fin c’était du bleu foncé, du noir, du gris, du brun| Comme si le soir tombait déjà, l’ombre bleu foncé a englouti sa silhouette élancée| Le soleil déclinant emplit la chambre d’une lumière jaune sombre| Là où, en fin d’après-midi, le jaune se meurt en orange| La nuit était presque tombée, une lueur bleutée envahissait les rues| le déclin de la lumière du soir a brusquement assombri la pièce| l’ouest s’ouvrit comme un fruit mûr et inonda le pare-brise d’une langue de pourpre et d’indigo| alentour la nuit commençait à reculer le ciel| le ciel rouge autour [de la ville] enluminé du couchant| Il y avait déjà un peu de neige sur les sommets, et les rayons du soleil couchant donnaient aux glaces bleutées une subtile teinte violacée| Il y eut une minuscule brèche dans les nuages et la fine entaille prit une couleur rouge cramoisie quand le soleil commença à se cacher derrière les montagnes| un soir de velours bleu et or| L’azur des soirs se fit plus dur, tourna au violet. Les couchers de soleil se teintèrent de sang| Sous le soleil couchant, le ciel se teintait de rose| En traversant la clairière alors que le soleil se couchait, les nuages festonnés prenaient une teinte orange qui évoquait le magma| Le soleil se couchait et le ciel prenait une teinte rose orangé| le soir venu les prairies devenaient bleues avant que la nuit lisse leur surface| le soleil déclinant projetait des ombres indigo sur la poussière argentée| La nuit vient, elle monte, elle est grise et noie la neige|

3| Les obligés du système

– C’est pas équitable.
– Non.
– On achète pas d’engrais du 1er juin au 30 septembre on l’achète plus tard. On peut même pas tricher.
– ?
– Par exemple facturer maintenant mais payer plus tard. Il faut joindre à la demande le justificatif du règlement. Si ça se trouve t’achètes ton engrais avant le 30 septembre tu déposes ton dossier avant le 6 novembre t’es dans les clous mais comme l’enveloppe est limitée pof tu te fais bananer. Ils font comment les petits ? C’est sûr les gros ils ont la trésorerie mais les petits ? C’est encore eux qui trinquent. Encore un coup de la FN…
– Hélas.
– Benh ça sert à rien cette aide. Les marchés ont encore explosé. Ça profite aux marchands d’engrais qui vendront leurs engrais cling tiroir-caisse à un prix même pas revu à la baisse puisque les acheteurs vont être subventionnés alors hop ’vont pas se gêner.
– Non.
– Les fournisseurs sont dans les starting-blocks ils regardent à leur porte-monnaie, faut faire du chiffre. Alors quand ils te disent euh est-ce que cela vaut le coût c’est à vous de voir euh mais décidez-vous rapidement, c’est d’abord leur intérêt qu’ils regardent. Vendre vendre vendre. Et toi tu vends tes céréales à un prix souvent inférieur au prix de revient. Au final c’est toi qui te fais baiser qui dois emprunter c’est toujours toi qui dois.
– Eh oui.

Codicille 
Aide exceptionnelle à l'achat d'engrais azotés simples

Cette infolettre est envoyée à tous les déclarants PAC 2025 isérois ayant renseigné une adresse mail.
Le présent numéro porte sur l'ouverture d’une procédure FRANCEAGRIMER : Aide exceptionnelle à l'achat d'engrais azotés simples pour soutenir les agriculteurs face à la hausse des coûts de production
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Face au renchérissement exceptionnel des prix des engrais azotés observés depuis le début de la crise au Moyen-Orient, est mis en place un guichet exceptionnel d'aide destiné aux exploitations agricoles afin de préserver leur trésorerie, soutenir leur activité et sécuriser la production agricoles pour la campagne 2026/2027.
Cette aide vise à compenser une partie des surcoûts en engrais minéraux azotés simples des exploitations agricoles, sur la période du 1er juin 2026 au 30 septembre 2026.
Elle donne droit au versement d’un montant de 50 euros par tonne d’engrais éligible. Ce montant est bonifié à hauteur de 70 euros par tonnes d’engrais éligibles pour les exploitations les plus exposées, dont les engrais pèsent plus de 10% de leurs charges sur le dernier exercice clos avant le 31 décembre 2025.
Les engrais éligibles à l’aide sont les engrais minéraux azotés simples. Il s'agit de produits composés d’azote pouvant contenir des éléments nutritifs secondaires (calcium, magnésium, sodium, soufre), et des oligoéléments, mais sans phosphore, ni potasse : urée, ammonitrates, solutions azotées, autres engrais minéraux simples azotés.
[…]

Le téléservice dédié au dépôt des dossiers ouvre ce 1er août 2026 jusqu'au 6 novembre 2026 14h, dans la limite des crédits disponibles.

Toutes les informations sur les conditions d'éligibilité, les modalités de dépôt ainsi que les documents utiles pour constituer le dossier sont accessibles sur le site internet de FranceAgriMer.
Le lien vers la déclaration apparaitra le 1er août sur ce même site dans l'onglet "Comment?"

4| Quoi faire de tout ce soleil engluant l’été ?

28 juillet 2026 l’atelier Fin de mois s’écrit depuis le 28 janvier 2023 tous les 28 du mois une proposition envoyée à dix ou douze personnes par messagerie électronique. J’ai lu soleil j’ai pensé soleil 1, 2, 3, soleil, j’ai superposé ma plaine iséroise accablée de soleil aux paysages du grand ouest étasunien à travers des romans westerns américains de 1900 à nos jours. J’ai relevé des occurrences du mot « soleil » toutes implacables comme l’est le soleil ces derniers étés, implacable. Je me souviens aussi d’Hélène Cadou qui a publié J’ai le soleil à vivre comme pour ne pas mourir et surtout garder le souvenir présent en elle de son mari René Guy Cadou, mort jeune. L’oublier dit-elle aurait été le faire mourir une deuxième fois. Et je découvre récemment dans la librairie « le grain des mots » à Montpellier où je suis allée avec JH, Paul-André Landes qui a publié 73 fois l’été sous la forme de soixante-treize fragments numérotés de 1 à 73. C’est devenu 73 fois le soleil pour les personnes les plus endurantes, écrire le soleil, en s’inspirant des notations relevées dans la littérature américaine, dans de brèves sections, fabriquant ainsi une mémoire distanciée de cet été probablement mémorable.
DGL me répond « Ce sont les feux qui me fascinent encore bien plus que le soleil ».

5|Tenir debout

tenir depuis ce jour funeste un mantra répété comme formule sacrée un credo carapace au bord du précipice du gouffre de la tombe encore une fois une dernière fois j’ai pensé porter voilette m’y suis rendue tête nue tenir même fermés les livres à portée de mains les tendre attraper au hasard Gellé Cathrine Zola Valet et les autres échafauder consolider construire parapet vent debout tenir les rênes sans les chevaux les cordons de la bourse et de la vie la ferme à bout de bras et le garçon debout

A propos de Cécile Marmonnier

Elle s’appelle Sotta, Cécile Sotta. Elle a surtout vécu à Lyon. Elle a été ou aurait voulu être marchande de bonbons, pompier, dame-pipi, archéologue, cantinière, professeure de lettres certifiée. Maintenant elle est mouette et fermière. En vrai elle n’est pas ici elle est là-bas. Elle s’entoure de beaucoup de livres et les transporte avec elle dans un sac. Parfois dans un carton quand il ne pleut pas. Elle n’a pas assez d’oreilles pour les langues étrangères ni de mémoire sur son disque dur. Alors elle écrit. Sur des cahiers sur des carnets sur des bouts de papier en nombre. Et elle anime des ateliers d’écriture pour ne pas oublier de vivre ni d'écrire.

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