#L9 Faubourg (contrechamp)

il y aura donc quatre images – j’ai longuement recherché pourquoi (et d’où me venait) le numéro de la rue au droit duquel est placé l’opérateur, mais je ne l’ai pas retrouvé – pour dire le vrai (que je crois connaître, dont je ne sais pas exactement s’il l’est, que je dévoile ici du mieux que je peux) il devait s’agir d’un livre traitant de (ou prenant pour décor) ce lieu géographique et, la plupart du temps, ce genre d’ouvrage m’indispose (ce lieu est devenu autre chose : j’ai préféré, lors d’un épisode précédent non encore publié parce que non encore terminé (ça ne saurait trop tarder) de cet atelier m’inspirer (ce n’est pas le mot juste) de son histoire plutôt que de son actualité) (j’agonis la manière de changer des quartiers de Paris qui vont vers la gentrification ou l’embourgeoisement, les heures heureuses aux schpritz/rhumarangé/pinte/mijito (prononcer morito) à 5 6 ou 7, les terrasses en lèpre grasse partout et la joie tellement suprême de se retrouver entre soi) – la période durant laquelle se déroule l’action (il s’agit du passage d’un type jeune (23 peut-être bien) et harassé sur cette portion de rue, un matin tôt de dimanche d’une fin de mois d’août) étant assez éloignée dans le temps (le début du dernier quart du siècle dernier – soixante-seize, pour être plus précis) je n’en dispose pas d’images.

Pis aller donc.

Il s’agit d’images automatiques, elles ne sont pas cadrées autrement que dans un même dispositif, lequel est posé (si j’en crois les explications du producteur) arrimé scellé soudé sur le toit d’une automobile (on ne sait pas si des automobiles sans conducteur seront utilisées pour ce genre de cartographie photographique – on nage en pleine technologie gafam, certes – pour le moment, des humains sont employés afin de les conduire, ces automobiles, dans les endroits les plus reculés de la planète; on affrète d’autres humains aux dos équipés d’un sac dans lequel se trouve le dispositif de captation du même tonneau semble-t-il afin de renseigner des endroits plus secrets – ou auxquels on ne peut accéder en automobile (Venise, par exemple) (on trouverait aussi des images réalisées par des personnes humaines montées sur des monocycles ou des vélos) . Tout ou presque y est automatique, on en est à la quatrième génération d’optique (trois cent soixante degrés merdique aux raccords) et de caméras, numériques et toujours plus performantes, conformément au credo de ce type d’entreprises. Il s’agit de la pointe avancée d’une certaine recherche qui n’a pas d’autre souci que celui de se montrer le plus rentable possible pour ceux (et celles) qui lui apportent des capitaux, que cette recherche donc emploie dans ces escients-là (on a une idée de la composition des personnes humaines (car c’en sont, dotées, comme toutes celles de cette espèce-là, de pas moins de neuf orifices) composant ce groupe particulier (les détenteurs de capitaux) dans un diptyque déposé dans les gravats de la maison[s]témoin, qui propose l’évaluation de ce que possèdent les quelque vingt-six (premières, alors) “merveilles du monde” (ici l’épisode un: le deux) (dans un autre compartiment du jeu, on pourra noter que, de ces vingt-six êtres humains, deux sont du genre féminin – l’honneur est sauf) (ces affaires datant de plus de deux ans, il se peut (et c’est aussi la bonne règle qui nous est donc enseignée et assénée dès que possible : puisque tout passe, tout casse, tout lasse achetez donc tout dès maintenant, changez – et surtout les nouveautés) que ce recensement ait évolué (la plupart de ces gens sont assez âgés et, comme nous tou.tes, ils (et moindrement donc elles) ne font que passer).
Ensuite, vient l’opération qui consiste, pour le rédacteur (et donc devenu aussi opérateur) à s’approprier lesdites images, afin d’y placer le point de sa vue – on prend une image par capture d’écran, laquelle s’enregistre dans un dossier préalablement crée (ici intitulé “dossier personnel”), enregistrement nommé “Capture d’écran” suivi de la date “à l’anglaise” (pour aujourd’hui 2021-08-29) afin d’aider à une meilleure facilité de rangement (meilleure dans le sens où elle s’automatise plus facilement suivant un processus qui parle le langage numérique, évidemment); on ouvre ce fichier (double-clic sur l’image) puis avec un logiciel de traitement d’image (ici Shotwell photo viewer – traduction automatique “visionneuse de photo shotwell” (“shotwell” est plus que probablement la marque du logiciel (libre) (traduction automatique : “puits de tir” (terme balistique, plutôt utilisé pour des blessures dues à des armes à feu qui indique le parcours de la balle dans le corps humain pratiquement un orifice supplémentaire (sinon deux, en ressortant dudit corps) – par ailleurs “shot” veut dire tirer (un coup de feu souvent, une prise de vue, par extension) et “well” indique le bien) – , on recadre, on ôte les scories imposées sauf celle de la marque du producteur (le plus souvent vers le milieu du bas de l’image) : cette opération dans l’opération nécessite un certain apprentissage et prend position dès le début de la prise de vue (la bien nommée) : le premier prend de cette explication que je (vous) pose en gras italique pour mieux comprendre) (?); on travaille un peu les teintes, les contrastes, les ombres et saturations, on peut rogner, pivoter, redresser – on n’omet pas d’enregistrer – au besoin on peut renommer. Puis on importe dans l’article (on dit qu’on “télécharge” ou (nettement mieux) qu’on “upload”).

add du 32 août 2021 : une image dudit faubourg datée du mois de mai 2008 avait échappé à l’enquête : la voici,on y voit l’existence (déjà) d’un parking droite cadre,ainsi qu’une chaussée large et suffisamment praticable (comme il fait moche et gris, ce qui n’est pas rare en cette ville, la statue du faîte de la colonne n’apparaît pas)



Quatre images donc et cependant.
La première date du mois de juin de la douzième année du siècle :

les dates ne peuvent être précises, mais c’est égal – des détails : fait pas beau; les travaux de la rue (pas de panneau fond bleu grand P blanc majuscule droite cadre indiquant un parking pour automobile); les panneaux de vente d’habitation (même immeuble en travaux –

(add du 31 août 2021 : on distingue sur la façade de cet immeuble droite cadre (numéro 43 du faubourg) à peine de côté une image donnant une appréciation dessinée d’un avenir proche

trois images qui renseignent sur l’avenir (on aime à le prédire, ce qui nous permet de juguler un peu cette angoisse qui ne cesse de nous assaillir sur nos raisons d’être ici) : la première, en haut le potager; la seconde indique le nom de la “cour” – deux personnes allongées sourient car on travaille pour elles, elles se reposent, elles sont tellement heureuses (on peut remarquer que dans cette position, elles ne risquent pas de se livrer à des ébats qui donneraient lieu,s’ils n’y prennent garde, à une demande d’appartement plus grand, car à peine leurs systèmes pileux se frôlent); la troisième montre l’intérieur de la fameuse cour une fois les travaux achevés.

On ne résiste pas à poser deux images supplémentaires de ces deux êtres allongés : lui de face affrontant

(comme c’est beau au loin…) le radieux avenir et elle allongée sur le ventre ravie…

sans commentaire sur les positions respectives – fin d’addenda)

; le carré noir gauche cadre (magasin de meubles chics chers modernes : pratiquement* toutes les qualités); le génie (ici qu’on distingue doré) (à l’or fin sans doute) qui montre son derrière mais de loin (je pense que c’est cette vision qui a prévalu à l’attrait pour le point de vue géographique – nous autres sommes tellement décomplexés, n’est-ce pas); sur la gauche aussi, un peu plus proche dans l’image, l’excroissance d’un immeuble (au 32) bâti dans l’ancien mo(n)de (assez haussmannien si on veut, aux fenêtres assez renflées (en “bow window” je suppose – bow signifie arc en anglais, window, fenêtre) : le mur de briques rouges qu’on aperçoit là marque son emprise et sa limite); les autres façades sont de rapport, ateliers locations etc.

* : pour pratiquement on pourra  se reporter au magnifique chapitre IV du Nocturne Indien d'Antonio Tabucchi, (Sellerio éditore 1984, traduction Lise Chapus chez Christian Bourgois  en 1987 - ici en collection 10/18 achevé d'imprimer en avril 1990, page 43 à 48) qui débute par ces mots du monsieur : "Qu'est-ce que nous faisons dans ces corps" (ledit livre,comme un certain nombre d'autres, ne faisant pas partie de la proposition #L4 du présent travail puisque éditée six ans plus tard).


La seconde en date d’avril seize

plus de travaux à droite (meilleure lumière) (l’immeuble est terminé, on n’a plus qu’à louer – parking à l’avenant, évidemment – au droit du parking, un carré jaune-gilet qui marque l’emplacement du mendiant) sauf sur un immeuble côté gauche (moins d’emprise sur la rue en tout cas); au loin, côté gauche, l’enseigne “Roméo” a disparu (un développement sur ce magasin est en route et prendra place dans une des séries du site pendant le week-end (c’est fait ici) (on ne voit pas bien sur la précédente : une image de la nouvelle enseigne (bercing ? peut-être) – add. du 32 huit : on la voit mieux, en bleu sur fond noir – qui va disparaître aussi vite qu’elle est venue (celle-ci date de juin 14)

– c’est prévu : dans ce magasin trônait (c’est le cas de le dire) une image de l’acteur Delon Alain qui aimait peut-être les meubles proposés ici); droite cadre le mendiant allongé sur le trottoir (et son sac fluo donc)

scène de rue à peu près normale (ce pourrait, mais ce n’est point, semble-t-il, incontinence ou laisser-aller mais bien le renversement du contenu du gobelet qu’on distingue (la petite tache blanche) peut-être près du mollet droit de l’individu qui donne lieu à l’épandage de liquide) – la passante qui boit du café ou autre en parlant au téléphone, la boutique à louer, le parking neuf – etc.
La troisième juillet dix-huit

re-travaux droite cadre – évolution constante des prix du mètre-carré évidemment vers le haut, j’imagine pas moins de dix k – etc.
La quatrième juillet vingt vingt

rien de plus que ce qui est : les travaux sont terminés, on en entamera d’autres plus tard : côté gauche au loin, ça recommence en effet – on a réalisé un collage pour les besoins de la cause de ce neuvième épisode (je me suis perdu en route, je suis parti en vacances, je n’y ai plus pensé, j’étais dans une autre ville, un autre pays, une autre langue)

on ne voit plus guère de génie; c’est collé à la diable (je n’ai jamais su créer des images dans ce type de format – et j’ai décidé de travailler comme je peux); dix ans d’une portion de rue, là-bas au loin, se trouvait une prison qu’on a dû détruire (et c’est tant mieux)

arrivé là, j'ai vaguement le sentiment d'un exercice de style - à vide ? à quoi peuvent bien servir quatre images, (d'autant qu'il y en a huit) (et plus, ce 32 août) seraient-elles photographies numériques, d'un tel lieu ? remémorance du temps où on passait ici pour se rendre au cinéma qu'il y a à droite des images à la presque arrivée sur la place, sur ce faubourg, voir un "Tous au Larzac" (formidable) où on apprenait aussi que passé soixante-quinze ans mettre ses chaussettes debout devenait problématique ? rappel du café qu'il y avait en face sur la place, où on jouait (à ces époques-là) au billard ? effervescence du dix mai au soir un peu plus tard (où je ne fus point) mais où les voisins allèrent alors que je gardai leur bébé d'un ou deux mois (non, trois il est de février) ? le doré de la statue surplombant la colonne dédiée aux trois Glorieuses, le bus quatre-vingt-six qui va au bois et à Jussieu...
j'ai dévié; je ne sais plus; je vais voir - je ne vois rien mais je publie - est-ce au 9, je le crois, je n'en finis plus d'enrichir le 8 qui ne fait plus qu'un - enfin nous verrons on verra bien 

A propos de Piero Cohen-Hadria

la bio ça peut-être là : https://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article625#nb10 et le site plutôt là : http://www.pendantleweekend.net/

Une réponse à “#L9 Faubourg (contrechamp)”

  1. Rétroliens : #L9 histoire et géographie – Tiers Livre, explorations écriture

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