L’arbre

Une tige de métal gris clair semble avoir comme émergé du goudron. La tige est carrée, et dépasse très légèrement le mur qui est situé juste derrière elle. Mur crépi crème, surmonté par quelques tuiles de couleur brique qui ondulent. Sur cette mer urbaine une plante actuellement vert tendre, grimpante, se repose quelque peu et regarde la rue. La rue est un peu en pente, et le jeu géométrique de cet arbre de métal et de ce qui l’entoure amuse l’oeil. Le trottoir descend. C’est comme s’il coulait un peu. Perpendiculairement, au sol, les lignes blanches d’un passage piéton se dirigent vers lui et le rejoignent pourtant. Le mur au fond et à la marge du trottoir est vers le sol plus ou moins de la même couleur, indéfinie, sorte de camaïeu de gris et de marrons tristes qui cessent brutalement d’être par une ligne tranchée, soudain bien droite, bien propre et semblant incongrue. C’est ce crépi crème sur lequel se détache cet arbre urbain, de métal, à la tige carrée, fabriqué on ne sait où. Au bout de son tronc —ou de sa tige— un triangle blanc, bordé de rouge. Il dépasse les tuiles qui ressemblent à des vagues et les branches d’un doux vert qui sont par-dessus. Au centre du triangle, cette ronde dessinée et annoncée ajoute encore une figure géométrique avec ses trois flèches successives qui forment du coup un cercle. C’est à la fois fixe et pourtant cela danse. Et soudain cette question. Où sont les pépinières de ces arbres de nos villes? Peut-être des ingénieurs ont-ils cherché les meilleurs alliages pour ces habitants de nos trottoirs et du paysage urbain que l’on regarde sans vraiment leur prêter d’attention cependant. Et puis d’autres hommes ont sans doute surveillé des machines les fabriquant. Ils ont dessiné la ronde. Au bout de la rue, c’est la piste de danse. On y remarque la ronde parfaitement orchestrée des bestioles à quatre roues qui traversent ce morceau de la ville ce matin.

A propos de Cécile Camatte

Musicienne professionnelle, j’écris et je photographie à mes heures trouvées.

6 commentaires à propos de “L’arbre”

  1. Relu pour bien voir et… il me manque juste ces trois flèches dans le triangle « qui forment du coup un cercle ». Ouh ! j’y arrive pas !!! Mais tout le reste, oui, c’est lumineux😀

  2. moi je n’ai pas essayé de voir ou comme avec un regard filtré, j’ai surtout savouré la souplesse du texte qui le cerne