#voyages | Voyage A

#5 NB, neuf

Ligne droite

J’avais pourtant vérifié du haut de l’écran de l’ordi, ça paraissait facile. C’est en le faisant en marchant sur mes deux pieds, l’un après l’autre, que rejoindre Dolus du Chateau s’avéra…un poil plus long que prévu. Plus monotone que dans mes souvenirs, plus froid qu’anticipé.

L’antre du diable

Rue du moulin, précision : aujourd’hui rue du moulin au bourg. Je reconnais parfaitement les lieux, la végétation, les murs, les sols. Mais tout est tellement…petit ! La maison ressemble presque à une maison de poupées, mais je ne connaissais pas encore Denton. Comment a-t-on pu tenir à autant dedans… ? Pour un « antre du diable », je m’attendais à quelque chose de plus…grand, déjà. Le glauque y est, ce n’est pas le souci. Mais il a l’air mal en point. Je plaindrais presque les murs de la maison qui semblent être inexorablement poussés vers le centre de la terre comme pour s’excuser de n’être pas à la Hauteur du mythe. Pas de photos.

L’église

La porte de l’église, fermée. Je n’essaye même pas de la pousser. Il doit y avoir, à l’intérieur de l’intérieur, d’autres portes, secrètes, menant vers des salles sombres, des rituels résonnants, une robe du dimanche, blanche à carreaux rose avec un petit tablier blanc brodé de fils de couleurs. La peur ? Non, ce n’est pas de la peur. C’est bien plus que cela. Pas de photos.

L’école maternelle

Une année passée ici, j’aimerais aller voir si les énormes lettres sont encore dans le jardin, je me souviens de ce « B » énorme où Matthieu s’était assis. L’image est là, sépia. Mais je crois que je ne supporterais pas que ces lettres-là aient rapetissées. Des cris, des hurlements.

La grand-mère

Pourquoi pas ? Elle n’habite plus sur l’île, depuis. Elle vit dans un taudis de Rochefort. Les odeurs, la crasse, la petitesse des lieux. Comment ? Comment ont-ils osé la laisser là ? « C’est ton oncle qui m’a offert le salon !!! », et elle y croit encore. Comment ? Comment peut-elle encore y croire ? Un salon acheté en bois massif certes, mais c’est bien tout ce qu’il lui a laissé. Et sa fille ? N’est jamais venue. Elle m’emmène à la boulangerie. « C’est ma petite-fille !!! elle est venue me voir !!! ». Je regarde la boulangère, surprise, interdite, nos yeux se croisent, dans les miens mille et une excuses…pour mille et deux raisons ignorées. Mais le sentiment de culpabilité ancré.

Le repas

Des pommes de terre à l’eau, mon repas préféré. Un peu de pâté de foie. Je prends un peu de pâté pour mettre sur la patate découpée encore tiède. J’adore ça, mais je ne le fais jamais. C’est l’occasion. « Ah !!! comme ton grand-père !!! il faisait toujours ça !!! ». Ah ? Ah…vous reprendrez bien un peu de honte pour faire passer tout ça ?

« Tu reviendras ? »

« Je ne te promets rien, mémé. Je ne sais pas. » Je ne suis jamais revenue.

Le phare de Chassiron

Ce vent !!! de diou !!! Allez, hop, deux photos de mes cheveux !!! Je m’amuse bien. J’ai reconnu le phare dès qu’on s’en est approché en voiture. L’océan devant. Allez, une photo. J’ai pourtant hésité, puis j’ai fini par lui demander de prendre la pose, devant l’océan. J’en aurais au moins une. Je pourrais la montrer quand je parlerais de lui. Pas souvent, mais quand ça m’arrivera, je pourrais dire « attends !!! voilà mon père ! ».

La gare

J’aimerais revenir. Mais je sais déjà que je ne reviendrai pas. Elle est pourtant très belle la gare de Rochefort, petite mais belle. Il n’y a que cela de beau d’ailleurs à Rochefort. Le reste est comme une pellicule de film oubliée dans de mauvaises conditions de conservations. A moitié moisi. Pour le restaurer, il faudrait 10 budgets pour monter d’autres films. Alors à choisir, autant monter d’autres films. Je ne reviendrai pas. Avant très longtemps. Avant d’avoir monté d’autres films.

#4 Les autonautes de la cosmoroute

Passer une semaine sur une île, fut-elle maternelle, c’est long. Surtout sans permis.

La première photo de la recherche. Le samedi 02 février 2013. Ce dont je me souviens c’est l’abattement du non-aboutissement, le début de la prise de conscience de l’impossible entreprise. Puis, quand même, une photo. Une trace de la non-trace. C’est bô quand même. C’est une plage avec l’océan. J’ai sorti ma tablette, et j’ai pris une photo. C’est déjà ça. C’est pas rien. Mais ce n’est pas ce que je cherche. Les vents calment mes colères et autres auto-déceptions de n’avoir pas assez bien préparé ce voyage. J’ai vraiment cru qu’il allait suffire que je vienne pour qu’elle m’attende, là ou là. Et que je n’aurais qu’à la chercher pour la trouver. C’est très mauvais, de croire qu’on sait ce qu’on cherche, très mauvais. Ça fait des nœuds dans la pelote, comme s’il n’y en avait pas déjà suffisamment pour occuper deux ou trois vies. C’est très mauvais, mais ça me semble aujourd’hui inévitable, nécessaire. Paradoxalement, c’est ça que j’étais venue chercher. Et que je ne trouverai pas. Là.

Loin de tout, loin de moi, quelque part où je me sente « chez moi ».

Si on ne peut même pas se fier à ses propres ou sales images, comment ?

Où ?

Ni là-haut, ni ici, ni là-bas.

Alors où ?

Où se reposer?

# 3 impossible retour

La plage.

« qui cache son fou meurt sans voix »

…ce n’est toujours pas celle-là. Combien y-a-t-il de plages sur une île ? Trop ou pas assez ? Je la veux elle, celle qu’on entend depuis le bas de la dune sans la voir, celle qu’on sent dans l’air et sous les pieds le sable sans la voir, je suis venue pour elle, principalement, sûrement, assurément. Où est-elle ? Il y a la petite cabane qui vend des glaces et des chouchous avant de la gravir, la dune. Il y en aura d’autres de l’autre côté, mais les prévoyants ou les impatients s’arrêtent ici, en bons sherpas, pour se ravitailler avant d’entamer l’escalade. Je le sais, je le vois. Là, sous mes yeux, dans mes yeux, derrière mes yeux, floue, vague, olfactive, sensitive…mais où est-elle maintenant que le froid a fermé les baraques, que les morts ont vendus leurs maisons, que les Zhommes sont passées sans laisser de traces ?

Je marche des heures pour en tenter une. Jamais la bonne. Où est la bonne ? Je m’y arrête quand même, il y a la mer, c’est déjà ça. Mais pas la bonne.

Je voulais toutes les essayer à pied. Mais l’entreprise impossible fut relayée par un père en automobile. Il m’a emmené sur toutes les plages auxquelles peut être…mais non. Combien ? Au moins. Mais pas elle.

Je ne l’ai jamais retrouvé. Je pensais sincèrement, jusque-là et depuis que je l’avais quitté la dernière fois, que je la retrouverai un jour. Il faudra bien me rendre à l’Évidence. Je ne la retrouverai jamais. Pas ici.

Il faudra donc que j’économise les images que j’en fais, voilà tout ce qu’il m’en restera jamais.

En route pour l’île.

Janvier/février 2013

En partant, j’avais demandé au Maître si je pouvais faire les exercices dans le sable, si j’avais le niveau, si je n’allais pas me blesser bêtement, seule, sur l’île. Je ne lui avais pas demandé comme ça, mais j’avais repris le sport depuis seulement quelques mois, et mon corps reprenait à peine quelques réflexes. Il avait approuvé de la tête, plusieurs fois, en souriant, comme toujours. J’avais 37 ans et à peine 50 kg toute mouillée. Comme j’étais soulagée d’avoir enfin un Maître. Pourtant, si on m’avait dit, juste un an avant que je m’y inscrive, que je ferais un jour du Kung-Fu, j’aurais ri, mais ri. Du fin fonds des tripes. De ce rire qui dit « vous entravez que dalle, vous êtes vraiment trop con, bande de sous-merdes de soubassement de cul de basse fosse. », ou à peu près. Parce que le Kung-Fu, c’était le sport de mon frère. Enfin les rares fois où je l’ai vu utilisé son Nunchaku après avoir regardé les films de Bruce Lee. Je le trouvais…ridicule. Alors en faire moua. Certainement pas. Je ne veux pas être ridicule. Il aura fallu que, pour la deuxième fois de ma vie, je passe sous la barre des 50kg pour m’y résoudre. Pour ne plus rire du tout, sardonique-ment ou autre-ment. Et j’avais découvert, dès la première séance, que j’adorais ça. Pas les autres, pas même la compète avec les autres. Mais moua défiant moi. Suer, avoir mal, se dépasser, dépasser les premières douleurs, les fausses, pour atteindre les autres, les vraies, s’entendre craquer de l’intérieur. Et il y avait un Maître pour voir quand j’allais trop loin. Il était véritable moine Shaolin, défroqué car marié à une française. Il était plus petit et presque aussi fin que moi. Mais quand il vous mettait un petit coup, vous décolliez de 2 mètres. Alors on peut être petit, souriant, et se défendre. Tout ça, juste en travaillant avec son corps. C’était idéal. Alors c’était décidé, j’allais y aller. Seule. J’avais pris les tickets de train, puis de bus, expliqué à ma compagne de l’époque que « je dois y aller seule d’abord. Peut-être plus tard, on ira ensemble. Mais là, je dois y aller seule. Tu comprends ? ». Non, elle ne comprenait pas. Comment aurait-elle pu comprendre que je me prenne une semaine de vacances sur l’île d’Oléron au début février, sans prévenir, et sans elle, ou inversement. Alors qu’on était en couple depuis deux ans et qu’on n’était jamais parti plus loin que Joué-les-Tours. Ah si, une fois, elle était venue en Bretagne, pour l’enterrement de mon beau-père. Mais je ne sais pas si ça compte…  J’avais essayé de lui dire, de lui expliquer. Mais les mots ont des limites. Ils ne peuvent que nous renvoyer à notre propre ou sale réalité. Le réel, lui, échappe à toutes syllabes, à toutes lettres, à tout signes. Les chiffres et les nombres peut être, et encore. Je n’avais certainement pas le niveau nécessaire pour l’entr’apercevoir de loin, et je ne l’ai toujours pas. Je voulais juste qu’elle comprenne que je ne pouvais emmener personne. Rien que moi et moua, y’avait déjà de l’excédent de bagages. Je prends le train sur le quai de la gare de Tours, belle gare, je crois que c’est là que je m’en suis rendue compte pour la première fois. Était-elle avec moi sur le quai ? Je ne sais plus. Vrai-ment. L’intérieur d’abord. L’extérieur, ce sera pour plus tard, bien plus tard. Je ne sais plus quelle image j’ai vu en premier ce jour-là. Peut-être qu’en y retournant. Je crois qu’elle était à droite en entrant. Je crois. Avec une mémoire comme la mienne, j’aurais dû partir en Suisse travailler dans l’industrie du gruyère, j’aurais fait carrière, ou meule. « Un diagnostic réalisé en 2013 a conclu à l’urgence de la nécessité de restaurer ces tableaux menacés par d’importants problèmes d’adhérence. » Tu m’étonnes.

L’hôtel Lafayette de Rochefort. Une nuit avant de. J’aurais pu m’arrêter là. Après tout, j’y suis née. Mais non, ce n’était pas ma destination finale. Pourquoi et comment je n’avais pas réussi à y aller directement sans passer une nuit dans cette ville. Ou peut être l’avais-je fait exprès. Une nuit à Rochefort, ma naissance vaut bien ça. L’hôtel était joli, un peu prétentieux dans une ville qui avait perdu toutes les siennes. Un peu moderne aussi dans une ville qui s’était fait une idée toute particulière de la modernité. Une ville arrêtée sur des images de film qui l’avait capturé juste avant que. Mais que la ville est basse. A part l’hôpital où je suis née qui hurle l’architecture urbaine des années 70 en pleine souffrance abandonnale. « Son architecture massive et impersonnelle, ses matériaux, ses couleurs et ses lignes verticales offrent un violent contraste avec le tissu urbain ancestral de la vieille ville et s’affiche comme un symbole de renouveau et plonge Rochefort dans l’ère de la modernité. » Un violent contraste, c’est ça. Surtout depuis qu’ils l’ont abandonné-e-nt-z-etc. Et pour la plongée, je crois qu’ils sont encore au fonds, ils ne sont jamais remontés. La chambre d’hôtel est petite, j’ai réservé pour une personne. Ça ne m’embête pas du tout. Quand je suis seule, je préfère les petites pièces. Je n’ai pas besoin de beaucoup de place, au contraire, ça me paralyse. J’aime que tout soit à portée. Ne serait-ce qu’en apparence.

#2 Plus qu’un pont

Avant de prendre le bus de Rochefort à l’île d’Oléron, je me décide enfin à appeler mon père. La question était encore en suspens hier soir, ce matin en cherchant le nectar noir serré qui m’ouvrira les poumons afin de recueillir les premières bouffées de fumée, sur le chemin en allant à la gare routière. J’ai trouvé une cabine, je crois, pourquoi une cabine ? Je me souviens que je l’ai appelé d’une cabine. Pourquoi ? Pourquoi ce souvenir ? Son numéro, comment l’avais-je eu ? Pas d’images.

” Allo ? Papa ? C’est Alexia.

Autant dire que les deux secondes qui suivirent furent longues, mais longues. Je lui laissais le temps de repasser en tête tous les visages connus pouvant porter ce prénom avant d’arriver jusqu’à celle qui devait plus ou moins me représenter dans sa mémoire.

Ah…comment ça va ?

Ca va. Ca va…

Ca c’est sûr. Parce que c’est toujours comme ça avec mon père. Il me demande toujours comment ça va comme il le demanderait à un vieux pote qu’il n’a pas vu depuis 10 ans. Et je lui réponds toujours que ça va bien, comme je le répondrais à un vieux pote que je n’aurais pas vu depuis 10 ans. Sans y penser quoi.

“…et toi ?”

Ça, c’est moins sûr, mais ça fait mieux. Demander aux autres comment ils vont, j’ai rarement l’idée qui me traverse l’esprit. Je ne sais pas pourquoi, mais ça ne m’intéresse absolument pas. En fait, ce n’est pas que ça ne m’intéresse pas, c’est la question qui est inintéressante au possible. Ça se voit quand quelqu’un va “bien ou mal” ou quelque part entre les deux, ou bien au-delà des deux. Bref, ça se voit. Pourquoi se poser cette question? Pourquoi s’alourdir? Et alors le fait qu’on est censé répondre à chaque fois “çà va, ça va”, alors là, je lâche l’affaire. Sauf pour lui. Parce que je ne saurai vraiment pas quoi dire d’autre. Je n’ai aucune intention de le blesser de quelques manières que ce soit.

Après quelques banalités d’usages :

“Je t’appelle parce que je suis à Rochefort. Je suis venu pour une semaine. J’ai loué une maison sur l’île.”

Re-deux secondes interminables. Ça fait beaucoup d’informations après 10 ans de silence, peu ou prou.

” -ah… tu veux venir à la maison ?

Non, non, je te dis, j’ai loué une maison. Mais je voulais te dire que j’étais dans le coin, si tu veux, on pourrait boire un café un de ces quatre, dans la semaine. 

Ah…ben aujourd’hui, je peux pas, je vais à l’hôpital pour des examens…

-Ça tombe bien parce qu’aujourd’hui non plus je peux pas, je vais prendre les clefs de la maison sur l’île. Je prends le bus dans 20 minutes là. T’inquiètes pas, on a tout le temps pendant la semaine, je voulais juste te prévenir. 

Ah…tu es là demain alors ?

-ben oui, je te dis, j’ai loué une semaine…

ah…ben alors demain ! on peut se voir demain…tu sais où tu loges exactement ?

je te dis, j’y vais là, j’ai pas encore les clefs. J’ai pris une petite maison au Château, je voulais pas aller trop loin non plus. Je vais devoir aller prendre mon bus là, je te rappelle ce soir pour te donner l’adresse si tu veux ?

ah ben oui, oui… ! tu me rappelles ce soir alors, hein ?

oui, t’inquiètes, je te rappelle ce soir. A ce soir.

Il me restait 20 minutes, mais j’ai des rituels. Je n’aime pas arriver où que ce soit au dernier moment. J’ai au moins deux clopes à fumer avant de monter dans le bus.

J’aurais aimé vous parler du trajet en bus. Je vois un peu la gare routière de Rochefort, les arrêts de bus qui s’alignent, probablement la ligne 6 E, probablement vers 15h52, histoire d’arriver avant la nuit. J’aurais aimé vous parler des arrêts à Marennes, à Bourcefranc, vous dire ce qu’est la porte d’Ors au Château d’Oléron, et le pont entre les deux. J’aurais aimé, mais je n’ai que des images de pluie cognant fébrilement sur les fenêtres du bus, une petite pluie mais qui empêche tout embellissement de l’acte héroïque en cours justement. Une vache ? peut-être, une blanche et noire. Je les aime bien les blanches et noires. Elles me rappellent…quelque chose, mais quoi. Je ne sais pas. Des claires? Moins sûr. Sur le pont, le vent surtout, je sens mon corps osciller avec le bus. Tu m’étonnes que mon cerveau ait préféré tout effacer. Aquaphobe. Peut-être un coup d’œil en arrivant du côté de l’île qui n’en est plus une du coup, vers l’ancien parc à huître de mon grand-père. Là où quelques années auparavant “on” a jeté quatre roses qui formèrent un A à la surface de l’eau tout en accompagnant les cendres dudit qui ne s’étaient pas envolées dans l’œil de ma petite sœur.

“J’ai grand-père dans l’œil… ! “

Il doit y avoir, dans la mithocondrie, un gène de la repartie. Ou dans la repartie, une gêne dans la mytho-condrie. Résultat : on a ri, mais on a ri.

Je ris beaucoup moins en descendant du bus, presque plus de pluie, des nuages bas, un temps d’avril. Est-ce pour cela que j’étais persuadée d’y être allée en avril ? Un peu plus loin, une seule voiture garée sur le parking. Je m’avance, une femme sort de la voiture. Elle va m’emmener à la maison louée. Une maison pour 6 personnes, elle me demandera cinq ou six fois si je suis bien seule. Je répondrais cinq ou six fois « oui ». Une bribe de « je viens juste pour retrouver quelques images de mon enfance… », à peu près. Elle n’a pas l’air de bien connaître le coin, elle n’a pas reconnu mon nom. Quelques commodités, un magasin Super U, le Château à dix minutes à pied. Je commencerai par là. J’ai vu un tabac en arrivant. Et avec un peu de chance, je retrouverai celui de mon enfance. Celui où il y avait des petites boites de puzzle en forme de boîtes d’allumettes pour cheminées d’aujourd’hui. Au sol, dans un carton. Je n’ai pas beaucoup d’images, mais les rares que j’ai sont…toujours assorties de sensations…à peine descriptibles en mot. Pour celle-là, il fait jaune, comme si j’entrais dans une photo sépia, le temps s’arrête quand je pose les yeux sur les boîtes. En-ai-je demandé une ? En-ai-je eu une ? Je ne sais pas. Je crois que oui, mais en réalité, je ne sais pas. Le tour de la maison, deux chambres, des draps…oui, oui. Le canapé me fait déjà de l’œil, je passerais tout le séjour dedans. Moins une nuit. Moment de bravoure intense, mais écourté par le vent dans le toit qui fait jouer des claquettes à mes dents du dedans. Ils sont nombreux. Je ne sais pas pourquoi, mais ça, je ne l’avais vraiment pas anticipé. Ou pas vraiment.

A propos de Alexia

Chercheuse par diplôme (Master 2, 2018) en littérature anglaise du 20ème siècle à Tours, indépendante car pas rattachée à une université pour l'heure, si vous cliquez sur mon nom vous arriverez sur l'ébauche de ce que je cherche à faire, notamment l'intro du mémoire commis revu et corrigé en mars 2022. J'ai énormément de travail devant moi. Je suis en phase organisationnelle. Je travaille sur le journal d'un écrivain anglais peu connu, Denton Welch. Il lie clairement le sien à celui d'André Gide, et Burroughs le cite comme un écrivain qu'il serait temps de mettre en avant. j'aimerais, in fine, démontrer comment ce journal déclenche des synchronicités chez les lecteurs.

10 commentaires à propos de “#voyages | Voyage A”

  1. Certes, certes, mais qu’est-ce-qu’un souvenir…? Une re-création au mieux? Même pas. Une dillution dépendante des taux de neurotransmetteurs qu’un individu est capable de s’auto-distribuer (la liste des neurotransmetteurs s’allongeant à force de chercher toujours le centre du nombril de l'”humain”)? C’est ce qu’en dit la science au mieux du jour. Et demain? qu’en dira-t-on?

    Je crois qu’après avoir passé une bonne trentaine d’années à essayer de comprendre les “règles”, je vais juste faire comme je peux. Et laisser les Zautres faire de même.

    Merci du passage.

  2. va savoir pourquoi, te lire m’a fait penser à ça:

    https://www.youtube.com/watch?v=DBCXT2GI0R0

    c’est pas celle-là, c’en est une autre, mais je suis sur un autre texte là. L’important c’est la phrase de fin de toute façon “c’est Terra, de Johnson”. Et c’est, le plus sincèrement possible au moment où j’écris malgré tout ce que j’ai pu mal comprendre de la notion, “bien” pour moi. Tiens, 1986…comme quoa.10 ans, ça doit être la durée d’un cycle chez moua…et moi.

    Multi multi mesc…

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