#construire #04 | Dans la poussière du monde

J’ai traîné sur des parquets cirés et des pavés mouillés dans des restaurants étoilés et des buffets de gare dans l’eau des piscines javellisées et des spa parfumés sur des routes bitumées et des sentiers caillassés dans des boites pailletées et des bals des pompiers sur des bancs publics et des chaises pliantes dans des émissions de télé et des Continuer la lecture#construire #04 | Dans la poussière du monde

#construire #03 | Exactement la même chose

Il n’est pas sorcier de savoir ce qu’il avait fait dans la journée précédant la mort de Béa : la même chose que les jours suivants. J’aurais pu le parier et j’allais vite en avoir confirmation. Exactement la même chose, à un détail près  Continuer la lecture#construire #03 | Exactement la même chose

#construire #04 | l’autre rive

Tu observes la foule. Les gens s’engouffrent dans la bouche de métro comme les petits pains vont au four, la déferlante des employés, tu ne rejoindras pas, tu n’iras pas, tu fais demi-tour, ce n’est pas une décision, juste une impossibilité, une frontière invisible qui te refoules, tu remontes la rue qui va du Radar au centre-ville, un centre-ville décentré, Continuer la lecture#construire #04 | l’autre rive

#construire #04 | marcher dans la ville

Tu vis ta jubilación comme du temps en plus pour tes vagabondages dans la ville. Marcher, observer, passer d’un lieu à un autre, à ton rythme, plus pressée par le temps, ça te donne un peu le vertige. A contresens de la foule, un jour de semaine. Tu longes la Garonne sur les quais de Bordeaux. Tu contemples les reflets Continuer la lecture#construire #04 | marcher dans la ville

# Construire # 04 | variations à la traine

On dirait bien toi, après la montée. Ou ta silhouette, immobile devant le porche de la vieille ferme morte, côté ville. Tu traines par là. Tu fais quelques pas, tu t’arrêtes devant le mur qui enfle dangereusement. Tu repars.  Tu longes la vie d’avant, celle qu’ont engloutie les grandes réalisations urbaines. C’est fini, tu traines tes guêtres dans un autre Continuer la lecture# Construire # 04 | variations à la traine

#construire #04 | Prendre l’air

« Je sors un moment prendre un peu l’air ! » Tu cries. La porte claque dans ton dos. Tu n’écoutes pas ce qu’elle te dit en partant. Tu entends comme un léger bourdonnement à tes oreilles entrecoupé par le bruit de tes pas sur les marches de l’escalier. Rapidement le bourdonnement cesse et il n’y a plus que tes pas. Rythme Continuer la lecture#construire #04 | Prendre l’air

#construire #04 | les mots qui traînent

Tu traînes. Tu traînes dans la rue sans regarder où tu vas. Tu traînes et tu regardes en haut, en bas, à droite, à gauche, juste devant, parfois derrière, devant l’arbre, à côté de l’arbre, juste derrière l’arbre, entre l’arbre et le mur, entre l’arbre et le bâtiment, c’est quoi ? une église ? entre l’arbre et l’église, entre l’arbre et l’arbre, Continuer la lecture#construire #04 | les mots qui traînent

#construire #04 | Traîneur de frontière

Tu traînes. Un homme t’a regardé. Tu ne sais pas par où passer. Tu ne sais pas comment franchir. Alors tu traînes autour de l’église. Tu cherches la porte basse. Tu cherches la porte la plus basse. Tu aimerais bien qu’il y en ait une. Revenir en arrière. Tu es au-delà. Le bantaba est là, ce qu’ils appellent l’arbre à Continuer la lecture#construire #04 | Traîneur de frontière

#construire #04 | Ennui

Tu t’ennuies.Tu t’ennuies avec une telle ardeur que tu te prends par moments à contempler ton ennui même. Sa pureté. Sa constance. Son acharnement. La fascination que t’inspire ton ennui éloigne encore un peu (est-ce possible?) le monde qui t’environne. Les rues défilent, spectrales, des boutiques à l’avenant annoncent Dieu sait quoi, attirant des êtres qui semblent savoir de quoi Continuer la lecture#construire #04 | Ennui

# 03 Atelier du mardi # Un vestibule, une maison, un patio, une panthère, une écriture

Michaux, le rideau des rêves. Depuis le vestibule coudé, j’entends monter du couloir les voix des voisins encollées contre les murs, elles répètent des mots sans suite déformés comme si elles venaient d’un autre âge qui n’a pas pu exister, leurs langues non plus. Ont-elles été effacées? Étaient elles universelles? personne ne le sait, ici l’algorithme a tout nivelé. Alors? Continuer la lecture# 03 Atelier du mardi # Un vestibule, une maison, un patio, une panthère, une écriture