#LVME #03 | cuisine de la honte

Brigitte Le François avait honte de sa cuisine qui ne comportait ni ilot central, ni bar (avec ses tabourets), pas plus de verrière ouvrant sur le salon. Les couleurs n’étaient plus au goût du jour, le plan de travail en bois clair n’avait rien de noble, l’équipement même laissait à désirer avec ses deux réfrigérateurs de récupération (le plus vieux, Continuer la lecture#LVME #03 | cuisine de la honte

#LVME #02 | l’homme de passage

Un homme en blue-jeans et portant un blouson de cuir rappelant ceux des aviateurs anglais de la deuxième guerre mondiale, se tient debout sur le toit du bâtiment principal. Le soleil de ce début d’hiver vient lui réchauffer agréablement le visage qui est celui de quelqu’un qui ayant déjà vécu quelques bonnes décades. Il marche lentement sur cette aile qui surplombe Continuer la lecture#LVME #02 | l’homme de passage

#LVME #02 | fin de partie

Elle passe un peu toujours à la même heure, que la maison soit pleine ou vide, de la fin avril aux premiers froids, elle longe la route au goudron râpé, à l’aller le chien devant elle ou plutôt une chienne, qu’elle dresse encore, une bête pressée de travailler, de mener la charge, elle, elle avance à pas réguliers, le bâton Continuer la lecture#LVME #02 | fin de partie

#LVME #01 | 7 décembre

17h57, 7 décembre, le plafonnier de la cuisine s’allume, escalier 3, sixième étage, porte gauche, un homme ouvre la fenêtre, se penche, secoue une main menaçante vers le bac à sable situé au pied de l’immeuble où quelques enfants font rouler des billes sous le halo d’un lampadaire, aussitôt un petit garçon se relève d’un bond, secoue le sable de Continuer la lecture#LVME #01 | 7 décembre

#LVME #02 | duo avec fibre

A l’étage, on a sonné. Deux hommes en sweats à capuches. Avant eux, le bruit d’une perceuse à percussion a déjà fait vibrer le béton quelque part dans le bâtiment, difficile de localiser le bruit, de savoir à quoi il correspond. Mais là, les deux hommes, tenant une perceuse, un escabeau et d’autres instruments, se présentent : pas de doute, Continuer la lecture#LVME #02 | duo avec fibre

#LVME #02 | à pied ou l’homme sans machine

Aujourd’hui, lundi 25 novembre, on lui a dit de faire le piquet. Il est face à la tractopelle. Il fait signe aux voitures. Avec sa main qui dit allez on roule, on y va. La machine a cassé la couche d’asphalte sur toute la longueur de la seule voie praticable. Ça fait comme une petite explosion avec tous les morceaux Continuer la lecture#LVME #02 | à pied ou l’homme sans machine

#LVME #01 | mardi 25 novembre 2025

C’est un texte qui prendra place à la fin. Forcément. Obligatoirement. On ne peut pas l’écrire ici et maintenant, au début je veux dire. À cause de sa fonction de vue d’ensemble de tous ces personnages qui seraient séparés et non pas rassemblés. Rassemblés à un bal par exemple, comme je l’avais envisagé et même peut-être déjà écrit, ce texte Continuer la lecture#LVME #01 | mardi 25 novembre 2025

#LVME #02 | Le chantier

Rue des Savonniers, route barrée, route creusée. Impossible d’accéder en voiture. On doit se garer plus loin, marcher au bord du trou, il y en a que ça contrarie plus que d’autres. Matahiarri est debout au fond de la fosse. Dans la brume piquante du matin, il regarde le godet de la grosse pelleteuse déposer son sable noir au fond Continuer la lecture#LVME #02 | Le chantier

roman maison #02/14# | l’homme de passage ou la femme

Son visage de jeune femme maquillée œil de biche capte la lumière de l’écran de l’interphone les cheveux tirés en queue de cheval dévoile une nuque déterminée… elle traverse l’espace avec assurance vêtue d’un pantalon de camouflage ajusté et d’un teeshirt Realift et se dirige vers l’armoire technique de l’ascenseur en panne. Arrivée devant, elle sort une clé singulière en Continuer la lectureroman maison #02/14# | l’homme de passage ou la femme

#LVME #02 | La ville et ses fantômes

Sur la devanture d’entrée de l’immeuble, un ouvrier agenouillé frotte vigoureusement le mur pour tenter d’effacer un tag, épais et tourmenté, peint en noir la nuit précédente. C’est le propriétaire de l’appartement du rez-de-chaussée qui l’a remarqué le premier en sortant faire ses courses ce matin et qui l’a signalé à la Mairie. Le netttoyeur porte une combinaison tachée d’anciennes Continuer la lecture#LVME #02 | La ville et ses fantômes