# rectoverso #4 | Béatitudes

La route déserte s’étend à perte de vue, avec des montagnes au loin. Un homme, la quarantaine, disons, se tient appuyé contre une voiture arrêtée sur le bas-côté. Jean, chemise à carreaux ouverte sur un t-shirt blanc, une bière à la main. Mais si tu veux mon avis, il était pas comme ça, en vrai.— Qui ça ?— Moriarty.— Hein ?— Tu me demandes, je Continuer la lecture# rectoverso #4 | Béatitudes→

# rectoverso #04| le passé présent

Une épeire. Du grec epi, au-dessus et eiro, fil ou tissage. Avec des toiles classiques verticales, en spirale, avec rayonnement. L’araignée géante de Tintin dans l’Étoile mystérieuse. Ainsi peut être vue cette maison. Maison de famille où j’ai passé toutes mes vacances d’enfance, de jeunesse et dont la charge me revient désormais. Je suis prise dans sa toile depuis tant Continuer la lecture# rectoverso #04| le passé présent→

rectoverso #04 | le livre et la prison

«La première chose à observer» quand elle arrive à l’hôtel, c’est le livre que lui a laissé Pedro. Où est-il Pedro? Est-il encore en vie? Elle savait qu’il aimait les livres, qu’il lisait de la poésie. Elle connaissait, et était fascinée par sa collection d’ouvrages révolutionnaires en français, en espagnol, en anglais, en allemand (et même quelques vieux exemplaires de Continuer la lecturerectoverso #04 | le livre et la prison→

#rectoverso #04 | Ce qui n’est pas sur la photo

Tes pieds se recroquevillent, rougissent à en perdre leur peau, gelés, frigorifiés, dans une botte de froid qui monte et qui descend, hésite sur ton mollet, entre cheville et genou à chacune de ses vagues. Quand l’eau repart, tu vois presque tes pieds, mais joliment marbrés, ondulés, déformés, tu as tes pieds de mer et puis tes pieds de terre, Continuer la lecture#rectoverso #04 | Ce qui n’est pas sur la photo→

#rectoverso #03 | le ferry du lendemain

RECTO Il y a le vent dans tes cheveux, sauvage et parfumé. J’aime me souvenir de cet instant. Il y a cette côte dessinée à l’encre de Chine, puis aquarellée. Carte trouvée dans une brocante un matin, sur le port. Il y a ce cri dans la nuit, glaçant. Il y a cet horizon imprenable. Chaque jour, il défie ma Continuer la lecture#rectoverso #03 | le ferry du lendemain→

#rectoverso #02 | ombre solitaire

RECTO à ce stade de la nuit, plus rien n’existe. Les réverbères municipaux se sont éteints et la nuit glisse sur la ville jusqu’à engloutir la moindre lumière résistante. Je retiens mon souffle. Peu à peu, mes yeux s’habituent à l’obscurité. De la fenêtre de la chambre, j’aperçois un chat ramper le long du mur d’en face. Ombre solitaire sans Continuer la lecture#rectoverso #02 | ombre solitaire→

#04 rectoverso | la décennie

Y’a un homme, une femme, un autre humain — moi — et puis encore deux autres mais je vais pas les embêter plus que ça. Il faudra penser chaque fois que eux aussi sont par-là, pendant la décennie. Tu y retournes encore ?  Que crois-tu en dire que tu ne saches déjà. Que tu n’aies déjà dit, pensé et même, Continuer la lecture#04 rectoverso | la décennie→

#rectoverso #04 | à reculons

RECTO Des blouses grises et bleues, des préfabriqués, des vastisas et l’origine du mot, was ist das?, des murets, des marches en cairons, des grillages, un portail, un couloir, ce qui pourrait définir une prison. C’était l’inverse.  Auguste Comte, le positiviste qui ne respecte pas les règles d’orthographe,  Les billes, et forcément le sac de Billes de Joseph Joffo. L’ai-je Continuer la lecture#rectoverso #04 | à reculons→

# recto-verso #04 | L’Emprise de la princesse de Clèves

Bien sûr, je me souviens de la Princesse de Clèves, et de son infortunée liaison qui a fait le tour des salons. Mais plutôt que de narrer des événements désormais bien connus, je me contenterai d’évoquer les robes à panier de soie, les pas de danse, les petits fours et les éventails.En toile de fond, les murmures et chuchotements des Continuer la lecture# recto-verso #04 | L’Emprise de la princesse de Clèves→