# recto-verso #04 | Un bloc de silence obscur et dense.

nous portons en nous ce qui nous a fait. (A. Marzano-Lesnevich) Raconter la chambre noire de l’enfance ? Eculé. Difficile. Impossible ? Et pourtant. Récemment la question d’un ami : « Pourquoi as-tu commencé à écrire ? » La question m’a étonnamment surprise. Je ne me la suis jamais posée de façon aussi explicite, et c’est ça je pense qui m’a étonnée, perturbée. Je crois que Continuer la lecture# recto-verso #04 | Un bloc de silence obscur et dense.→

#rectoverso #04 Portes

Portes. Fermées. La porte de l’armoire de la chambre de ma mère. Une armoire haute et sèche, anguleuse et formidable. Tout en haut, hors de portée de l’enfant, un étui noir où gît un violon couché dans son écrin doublé de soie violette. Derrière la porte de droite, sur l’étagère du milieu, veillent, lovées sur la pile de linge, deux Continuer la lecture#rectoverso #04 Portes→

# recto/verso #04 | narration

Je ne suis pas ukrainien, non plus que russe, gazaoui ou israélien, pas plus que syrien ou afghan, argentin ou hongrois, brésilien ou turc, vietnamien chinois ou philippin, yéménite ou soudanais. Je ne me sens rien de spécial vis à vis du pays où je vis, de la langue que je pratique, je ne tiens pas à aller perdre la Continuer la lecture# recto/verso #04 | narration→

#recto-verso #04 | les souvenirs de Camille

Il y a eu Bangkok et il y a eu Siam Reap. Une année professionnelle entre ces deux villes ou plutôt passant de l’une à l’autre. Des sensations se répondant, se superposant, s’entremêlant. Tout cela m’a constitué, s’est constitué comme une mémoire trouble et fondamentale. L’arrivée d’abord, le trajet entre l’aéroport et le quartier encore inconnu où j’allais loger de Continuer la lecture#recto-verso #04 | les souvenirs de Camille→

#rectoverso #04 | on n’y peut rien

Déjà là à peine arrivé ici bas…partenaire d’une vie à jamais inséparable jusqu’à ce que la mort nous sépare dit-on…un serment? non une évidence…une certitude…c’est ainsi pas moyen de faire autrement…toutes les tentatives, toutes les ruses pour y échapper n’y feront rien…on doit faire ensemble notre bonhomme de chemin. Au début, c’est discret, imperceptible et pourtant déjà à l’oeuvre, agissant Continuer la lecture#rectoverso #04 | on n’y peut rien→

#rectoverso #04 | le monde coule rouge

la mémoire effroi se couche devant toutes les époques_devant grand Homme et petite femme_devant tous petits corps_le point de bascule est là dans ce petit corps fragile qui ne sait pas comment dire non_comment se protéger de la grande main trop grande pour le petit corpsl’effroyable brutalité des corps qui choquent et croquent à n’en plus finir jusqu’aux os jusqu’à Continuer la lecture#rectoverso #04 | le monde coule rouge→

#rectorerso #04 | je reviens, encore

Ce que l’on sait. Ce que l’on invente. Ce que l’on ressent. Les départs, les enfants endormis, les promesses.
Je me demande pourquoi les enfants endormis me poursuivent.
Corbera le nom. Corbera le lieu réel. Le papier peint. Les gestes. Les silences, le manque. Les absents. Les fantômes. Des peurs. Les répétitions. J’entends les voix basses dans la cuisine, les objets qui Continuer la lecture#rectorerso #04 | je reviens, encore→

#rectoverso #04 | Il faut la prendre dans les bras*

Entre eux deux c’est une grande histoire. Une histoire qui pourrait ne pas avoir d’âge. Une histoire qui traverse le temps, qui pourrait remonter à la préhistoire. Une histoire à soubresauts, à rebondissements. Quand on aime on ne compte pas Elle devait en rêver, bébé, quand elle tétait le sein de sa mère. Depuis, elle s’est bien rattrapée. Pourtant des Continuer la lecture#rectoverso #04 | Il faut la prendre dans les bras*→

#rectoverso #04 | Ah, Madame, le temps qu’il fait

« Il s’agit de gagner du temps ». Je tire au hasard dans le cinquième casier un petit cahier rouge OPERA daté du 01/12/2023 au 08/04/2024. Je lis sur la deuxième de couverture je cours juste avant la nuit et j’écris je cours juste avant la nuit. J’attends l’instant précis où le soleil se pose sur l’horizon. Tout devient or, tout est Continuer la lecture#rectoverso #04 | Ah, Madame, le temps qu’il fait→

#rectoverso #03 | quelque chose d’encombrant

#3 – Après Camille Laurens Recto. Il y a quelque chose d’encombrant dans sa vie, quelque chose qui pourrait bien expliquer insomnies, malaises, mal-être. Celle colère sourde qu’elle refuse de laisser s’exprimer. Se conformer, décider que oui, vraiment, c’est mieux comme ça, plus simple, plus facile à vivre, moins contraignant. Il y a encore et toujours cette rancœur, cette mère Continuer la lecture#rectoverso #03 | quelque chose d’encombrant→