#histoire #08 | il faut que je vous raconte ces moments suspendus

Il faut que je vous raconte le moment. Quand le joueur d’orgue qui n’était pas encore un joueur d’orgue, mais un novice, un apprenti, un débutant a franchi le porche de l’église, je l’ai vu hésiter un instant. J’ai entrevu ce court instant, tout juste perceptible, comme s’il savait ce qui devait se passer en pénétrant à l’intérieur de cette Continuer la lecture#histoire #08 | il faut que je vous raconte ces moments suspendus

#Histoire #08 | Alger – de ce qu’elle sonne comme douleur

Je suis de retour. J’avais comme oublié l’odeur de mon pays, les terres ont chacune leur odeur, je ne parle pas de celle des corps, ni de l’haleine des passants, je parle de celle l’air, élément principal avec la terre, le ciel, et le soleil de ce décor qui me souffle au visage à ma sortie de l’avion, quand les Continuer la lecture#Histoire #08 | Alger – de ce qu’elle sonne comme douleur

L’eau de la borne / #histoire #08

Je reviens de chez Adrien et Etiennette, remontant la rue Sainte-Hélène. Elle est devenue difficile à remonter pour moi, la rue Sainte-Hélène, alors qu’autrefois, j’y ai couru si souvent pour retrouver Ernest. Ce qui m’aide, c’est la perspective de la borne à eau. A cette saison, quand le soleil du soir filtre par la rue Raoul-Ponchon, il vient faire briller Continuer la lectureL’eau de la borne / #histoire #08

#histoire #08 | Franz Kafka, je suis de retour

• téléchargement des docs d’appui et sommaire sur Patreon (page fixe)• sommaire général de l’atelier hebdo #08 | Franz Kafka, je suis de retour Voici le texte Heimkehr de Franz Kafka, probablement vers 1916, et repris à titre posthume dans le recueil Description d’un combat: «Je suis de retour. J’ai traversé le vestibule et je regarde à l’entour. C’est la vieille ferme de Continuer la lecture#histoire #08 | Franz Kafka, je suis de retour

#histoire #07 | Malaises

Il voit la femme passer dans la rue. La robe légère en mouvement avec le pas rapide. Les jambes en mouvement, la cheville fine du pied au-dessus de l’escarpin brun, les muscles des mollets tendus. Il voit le banc vert bouteille où il aimerait s’asseoir face au bac à sable du parc. Les enfants sont assis dans le sable, grimpent Continuer la lecture#histoire #07 | Malaises

#histoire #06 | Marches 44 heures 55 minutes

Je sors fourbu de la gare, ce voyage est très long, lent, étouffant, la lumière oblique, ma fatigue tout cela me traverse, je vois le jeune père Sayisi, silhouette droite, son enfant sanglé contre lui dans des peaux de caribou, il ajuste les armatures de bois d’un geste rapide, précis, ancestral. Il me traverse d’un signe de tête, s’éloigne, rejoint Continuer la lecture#histoire #06 | Marches 44 heures 55 minutes

#histoire #07 | Lueurs

Elle voit les quatre flammes osciller au-dessus des quatre bougies rouges plantées dans la couronne d’Avent. Des branches de sapin, des pommes de pins, des rubans rouges, des senteurs de cannelle et de badiane, de forêt et de mousse. Elle voit les petites lueurs s’étirer, plier, sautiller dans l’air ambiant, des messagers de Noël Elle voit les feuilles des arbres Continuer la lecture#histoire #07 | Lueurs

#histoire#07, instantanés

Séparation Elle voit le monument aux morts au milieu de la place, l’ombre des platanes disposés en carré ne le protège pas encore du soleil qui pointe par-dessus la mairie. Elle s’approche de la lourde chaine  reliant les quatre colonnes en forme d’obus de canon marquant les coins du monument. Elle voit,  gravées séparément dans la pierre, deux listes de Continuer la lecture#histoire#07, instantanés

#histoire #07 | On dirait qu’il neige

Elle voit le brancard sur lequel les pompiers allonge une femme aux cheveux noirs. Elle est vêtue d’une chemise de nuit à fleurs. L’eau dégouline sur son visage, se mêle à ses larmes. Elle voulait se noyer mais le canal est presqu’à sec cette année.  Elle voit le feu qui fait fondre le plastique de la poubelle accrochée au réverbère, à Continuer la lecture#histoire #07 | On dirait qu’il neige

#histoire #07 | Esquisse d’atlas

Il vit sur la falaise, au bord du précipice, là où les ronces bataillent pour maintenir leurs racines dans l’argile glissante, où le paysage se découpe pour se jeter dans l’horizon, le corps de la femme, désarticulée, avec son manteau trempé trop lourd.  Elle vit haut dans le ciel, ronde et pleine, comme posée là par une main invisible, se Continuer la lecture#histoire #07 | Esquisse d’atlas