se défouler

peur de la foule, peur des autres, peur des gens, au milieu de la foule je me défile, me carapate ou bien m’enroule et siffle comme un serpent, au milieu de la foule au milieu des autres au milieu des gens qu’aurais-je pu voir ou bien entendre et vous en dire, et pourtant j’en ai vu des foules, moi qui en ai peur comme un serpent qui siffle et se défile ou bien s’enroule, des foules manifestantes surtout, sur des épaules et puis par la main et puis à quelques pas et puis perdue devant ou derrière et puis toute seule avec les copains à crier banderoles petits cartons et autocollants et pétards et sifflets et fumigènes et de toutes les tailles gabarit, mais pas toutes les chaussures pas trop d’escarpins pas trop de tailleurs et puis devant tout en bleu tous pareils derrières des barrières derrières des boucliers derrière les ordres et les circulaires derrière les matraques derrière une loi un peu obligée forcée d’être la.

peur de la foule, peur des autres, peur des gens, au milieu de la foule je me défile, me carapate ou bien m’enroule et siffle comme un serpent, au milieu de la foule au milieu des autres au milieu des gens qu’aurais-je pu voir ou bien entendre et vous en dire, et pourtant j’en ai vu des foules, moi qui en ai peur comme un serpent qui siffle et se défile ou bien s’enroule, pendant les fêtes, les fêtes du village du saint patron à la campagne, beaux habits du dimanche de campagne de paysans, belles queues du Mickey beaux sourires, beaux yeux brillants, et joues couperosées, gros rires, interpellations, rencontres salutations présentations, beaux habits paysans campagne c’est la fête du saint patron depuis qu’on était enfant, toujours là, la queue du Mickey, la main qui plongeait attrapait dans les distributeurs les pochettes surprises, et les enfants courant vers les parents pour un peu d’argent pour le manège, les autotamponneuses, les distributeurs de pochettes surprises, la barbe à papa et les enfants qui couraient et le père qui dans sa poche sort les billets, ça va ça va criez pas tant, j’aime bien sortir mon argent tout en parlant, un peu couperosé, et souriant

peur de la foule, peur des autres, peur des gens, au milieu de la foule je me défile, me carapate ou bien m’enroule et siffle comme un serpent, au milieu de la foule au milieu des autres au milieu des gens qu’aurais-je pu voir ou bien entendre et vous en dire, et pourtant j’en ai vu des foules, moi qui en ai peur comme un serpent qui siffle et se défile ou bien s’enroule, foules joyeuses manifestantes chantantes de fête de l’huma, mon dieu avec la pluie et les pieds en plastiques et le soleil et les casquettes de Che guevara de la CGT ou de Ricard ou de cuba faut pas déconner un peu couperosé et là aussi des rires et des grillades et du rhum et des cigares venus de l’ile pas libre qui s’était seule libérée , et des grandes banderoles et des stands et des verres et des bouteilles qui circulaient et des gens intelligents avec micro qui parlent et parlent sans s’arrêter et des gens assis qui écoutent qui apprennent qui bougent la tête pour dire qu’ils sont bien contents que c’est bien vrai que c’est pas des choses qu’on dit à la télé.

Laisser un commentaire