Sur ma table de chevet j’avais posé mon Quarto lesté de post-it selon le plan de la conf, et la table de chevet c’était une photo de Marcel Proust en transparence, sur le mur de la chambre non pas le portrait colorisé de Mme Adrien Proust mais une composition avec 4 fois ce portrait, et au-dessus du lit cet agrandissement géant d’une photo que je ne reconnais pas, mais où un personnage semble s’éloigner dans une lumière floue –- la lecture conf impro au musée Henner prévue ce samedi 14 mars (…)
chronique photos et journal, par François Bon
Articles les plus récents
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2020.03.15 | ma nuit chez Proust
15 mars 2020, par François Bon -
2020.03.12 | mauvais côté du cimetière
12 mars 2020, par François BonJ’exagère : il n’y a pas un bon et un mauvais côté du cimetière, sinon cette rue perpendiculaire à la rue Froidevaux et qui le coupe en deux parties inégales. Mais celle-ci est plus rude, ombreuse et un peu délaissée, malgré le monument aux Fédérés.
J’en parlais hier, j’y venais saluer Maupassant, mais le trouble vient de ce que j’interviens à l’école Camondo, pour vous situer c’est en face la fondation Cartier, tout droit à l’aplomb de la tombe de Joseph Kessel, et que lorsqu’on travaille (…) -
2020.03.11 | cher Maupassant vieux fripouille
11 mars 2020, par François Bonprécédent _ suivant Quand je relis Maupassant, et que je recroise Les tombales (dans Maupassant, rare qu’on retombe sur les nouvelles qu’on cherchait, mais on en relit d’autres dont on n’avait pas prévu la revisite), c’est toujours avec le sourire.
Alors comment, chaque fois que je repasse le saluer, ne pas penser à ce texte, Les tombales. Il est dans la partie moins visitée du cimetière, près de Kessel et quelques autres, mais bien moins de touristes. Et je trouve que sa tombe est un peu (…) -
2020.03.09 | football
9 mars 2020, par François Bonprécédent _ suivant
Je ne suis pas un spécialiste de football. Je ne suis pas un spectateur de football. Je ne suis pas un amateur de football. Je n’ai jamais supporté l’idée de ballon. Mais j’aime les géométries en tant que prisme optique : ce que l’ordre géométrique des choses nous enseigne sur les codes sociaux et les usages qui nous restent à distance cependant, et cela même en l’absence de tout protagoniste lié à ces usages et à ces codes. -
#Évry #13 | reconstruction du temple
8 mars 2020, par François BonEvry corps béton, roman-photo, le sommaire En géométrie descriptive autrefois on faisait ces exercices-là, intersection d’un cône par un cylindre, projection sur les trois dimensions. Un simple logiciel y procède aujourd’hui bien mieux, je n’aimais pas ça, n’étant pas assez soigneux, mais ça gardait un caractère un peu fascinant — objets que la réalité n’invente pas, mais qui peuvent l’exprimer selon une symbolique abstraite qui la rehausse.
Ainsi, c’est une chance. À chacune de mes venues (…) -
#Evry #12 | hypothèses concernant cette pièce secrète de la ville
1er mars 2020, par François BonEvry corps béton, roman-photo, le sommaire précédent _ suivant
Hypothèse n° 1 : c’est une allégorie. Personne dans cette ville ne s’intéressait plus à la littérature. Même les gens que vous abordiez en ami : « Qui es-tu, je ne te connais pas ? » Alors on avait dissimulé, derrière la porte blindée, sous le pont de béton, ces trois transformateurs émettant de la littérature par tous points d’éclairage dans la totalité de la ville. Peut-être la ville serait sauvée (et la littérature aussi, (…) -
#Evry #11 | le rêve de la ville est sous la ville
29 février 2020, par François BonEvry corps béton, roman-photo, le sommaire précédent _ suivant
Quand on marche dans Évry avec Franck Senaud (c’est eux mes invitants, l’association Préfigurations), c’est toujours en courant parce qu’on a tel rendez-vous et qu’on est en retard, mais il a bien compris que pour moi ça marche moins vite. La preuve c’est qu’il rajoute toujours un écart, et tant pis si on est encore plus en retard : — Attends je vais te montrer un truc...
Mais comment je protesterais : ces villes (…) -
2020.02.27 | Beckett solitude splendeur
27 février 2020, par François Bonprécédent _ suivant
Toujours cette impression, en passant saluer Beckett en sa demeure abstraite, de quelque chose qui brille un peu plus, dedans, que dans les tombes voisines. Ou est-ce Suzanne. Qu’on aurait mis là par mégarde une sorte de radiation. D’avoir ce cycle d’écriture à Camondo-Raspail, de 10h à midi, fait que je passe devant à l’ouverture, tôt matin, dans le cimetière désert sauf ceux qui y bossent, enterrent, nettoient. D’ordinaire, toutes ces années, c’est plus tard dans la (…) -
2020.02.26 | Baudelaire poubelle
26 février 2020, par François Bonprécédent _ suivant
Plus de 20 ans que je photographie cette tombe plusieurs fois par an, plus de 40 ans que je visite cette tombe plusieurs fois par an, eh bien jamais je ne l’ai vue dans un tel état de poubelle. Encore, les imbéciles qui s’amusaient (idem sur ce pauvre Sartre et sa Simone) à mettre du rouge à lèvres au pochoir la pluie en a eu raison. Mais pas des fleurs en plastoc ramsées sur les tombes voisines. Pas leur en vouloir, ça part d’une bonne intention, mais disons que ça (…) -
#Evry #10 | muette menace des antennes
24 février 2020, par François BonEvry corps béton, roman-photo, le sommaire précédent _ suivant
Nous sommes baignés par les antennes. Elles sont discrètes, mais omniprésentes. On ne s’en occupe pas. On ne sait pas qui s’en occupe, les entretient, répare, installe. Même chez soi c’est lesté d’antennes. Si le réel est manipulé par les antennes, comment ce serait absent de nos récits. C’était déjà un peu cela dans Tumulte (ou bien ici, sous ciel plus bleu) mais peut-être pas encore directement ciblé sur l’énigme des (…)