Enfin trouvé Paul-Marie Lapointe en librairie, chez Olivieri, Côte-des-Neiges (sans neige) à Montréal. Dans le bus retour, lu p. 79 (texte complet) : Je suis un homme qui dévorait un mur jaune. Panneaux, barricades, armoires de débauches, cadavres érigés, puanteurs de fer. Je suis un homme. Un mur ne garde plus mes portes. Je fais le repas d’un mur. Coeur de pierre, poumons de pierre, sang de pierre. Tout l’espace derrière le mur avalé : mon paysage derrière vos maisons d’hommes.
Il est (…)
chronique photos et journal, par François Bon
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3 décembre 2009, par François Bon -
fac soir sous neige
2 décembre 2009, par François BonAyant rendu la clé du studio en sous-sol, je me retrouve toute cette journée dans le bureau 3318 de la fac, dont j’ai la clé. Étrange lieu, parce que le précédent occupant devait avoir beaucoup de livres, et j’ai hérité de 6 étagères (chacune en comportant 8) mais moi je n’ai pas un seul livre, tout est dans l’ordinateur, ou les ouvrages que j’apporte avec moi pour le cours. Plus un vieux Mac G4 au système obstinément réglé sur 2001, et dont je n’ai pas l’accès admin. Qu’on travaille ici ou (…)
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2009.11.30 | expropriation
30 novembre 2009, par François Bon« Il fait partie de mon bonheur de n’être pas propriétaire », disait Nietzsche. Ça console. Est-ce que j’en ai profité comme j’aurais pu ? La découverte d’un pays est une appropriation lente, qui racle au fond. Il faut apprendre l’espace, entendre la distorsion de la langue, apprendre à cerner la rudesse des visages. Écouter le bouleversement intérieur s’établir. Peut-être là, maintenant, après 3 mois de rues, de bus, de voix et visages, j’entrerais autrement dans ce vaste espace souterrain, (…)
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2009.11.29 | Québec avec visages
29 novembre 2009, par François BonJeudi, ici à Québec, les ai fait travailler sur la notion de visage et aujourd’hui, plus tôt qu’ils le font d’habitude, j’en reçois toute une vague. Le visage, puisque justement on n’a rien à en dire, multiplier en amont les pistes de langages qui y mènent – avec ce bel incipit de Jabès : Jamais je n’ai décrit votre visage. Passer par l’éclatement des fragments, laisser le narratif surgir de la mise en tension des fragments. Parlé de Michaux (visage, c’est un des mots qui y est le plus (…)
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évidement
27 novembre 2009, par François BonL’évidement est d’abord intérieur. Ce qu’il faudrait faire semble peint sur les murs, à distance, avec tous les il faudrait accrochés, ternes, inaccessibles. On pourrait essayer d’écrire, de danser ou marcher, il faut un enfoncement – c’est trop de distance autour, qui vaut aussi bien pour les cloisons que pour le temps. C’est peut-être à ce moment-là que la musique devient irrépressible, qui ne se fait pas avec la tête, qui est mouvement d’une matière : on entre enfin dans la nuit.
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2009.11.26 | inventaire progressif ligne Québec Montréal 4
26 novembre 2009, par François Bonde Ben Lalen à l’hôtel Madrid, depuis le bus Orleans Express
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2009.11.26 | de pleurer
26 novembre 2009, par François BonJ’ai appris progressivement que ce n’était pas si grave, de pleurer, en atelier d’écriture. Ça finit toujours par arriver une fois. L’important, c’est que la beauté du texte soit suffisante pour conjurer ce qu’on évoque, que ce conflit de forces vives passe devant – mais c’est bien pour ça, les pleurs, quand ça advient. Et on était parti de Francis Ponge, la rage de l’expression ou ces expressions salutaires, genre Celui qui crève les cercueils à coups de talons de souliers ou d’autre chose, (…)
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2009.11.24 | Montréal, perspectives villes dans les rêves
24 novembre 2009, par François BonÇa fait partie des projets : se concentrer uniquement, dans les rêves, sur ce qu’on y aperçoit de fragments de villes. Juste les noter. Brièvement décrire. Ce n’est pas la même couleur, ce n’est pas la même circulation. Si c’est immobile, si c’est en mouvement. Juste accumuler ça, sur semaines et mois. Ça fabrique quoi, comme ville, à qui appartient-elle, et qui l’habite ?
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où est la source du roman ?
23 novembre 2009, par François BonCes jours-ci c’était dans ma tête : écrire un long article pour tiers livre, dont le titre aurait été où est la source du roman ? Et s’en tenir à ce principe simple : des paramètres essentiels de la relation du langage au monde pré-existent aux formes littéraires, qui résultent de l’interférence précise, époque par époque, avec les modes de production et diffusion – cela allant bien sûr jusqu’au roman d’aujourd’hui. Ainsi, avec les étudiants dont j’ai la charge, affronter qu’il n’y ait pas (…)
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2009.11.22 | salons du livre
22 novembre 2009, par François BonComme je venais d’entrer, j’avais gardé mon badge autour du cou, ça devait faire officiel, un gars qui ressemblait à Philippe De Jonckheere (mais n’était pas lui) m’a attrapé par l’épaule : – Dis donc toué où qu’il est-y René Angelil ? à peu près en un seul mot. J’ai hésité, puisque j’avais dû me frayer passage par là-bas, mais je l’ai quand même envoyé dans la bonne direction. Le soir ce serait l’incendie du Hilton. Et là, les amis Daniel Pennac et le grand Martin Winckler.