Première fois que je me risquais à lire en public parcours dans ces textes brefs. Evidemment, c’est comme du brut de décoffrage : on croit que ça tient, mais on comble en impro des manques, on met une vague planche sur perspective qui n’a pas été suivie. Il m’est tellement arrivé de me planter en lecture. On comprend très vite que tout restera étranger. Là, apparemment, ça tient : du moins, sur l’idée acquise de ce qui se passe, peut-être pouvoir fonder un parcours. En être sûr aussi : ça (…)
chronique photos et journal, par François Bon
Articles les plus récents
-
des énigmes
8 novembre 2009, par François Bon -
sous la terre
5 novembre 2009, par François BonCette fois ils ont disparu, les écureuils qu’on voyait partout, et les arbres n’ont plus de feuilles. Est-ce qu’il est possible d’évaluer le nombre approximatif d’écureuils enterrés pour hivernage dans la terre canadienne ? Drôle d’impression de marcher sur une terre peuplée, une terre devenue en entière animale.
-
faire ses courses
3 novembre 2009, par François BonEux ils disent magasinage. Moi je dis : c’est la plus belle galerie commerciale du pays. En tout cas certainement un laboratoire pour comprendre de plus près l’Amérique, celle des quartiers pauvres et des Dollarama. Fausses cheminées, bradage de livres où personne n’entre et musculation en gros avec panneau musclez aussi votre cerveau, comparer avec précédente galerie (Halifax). Chemin du ravitaillement quotidien, temps réel.
-
2009.11.03 | vie secrète (à) de Montréal
3 novembre 2009, par François Bonparking plan fixe, version jour et version nuit
-
sous-sol
2 novembre 2009, par François BonCurieux cette alternance de la ville et du sous-sol. Samedi soir, cette tempête à l’extérieur, balayant en quelques heures totalité des feuilles, on aurait dit une neige noire, bourrasque qui créait la nuit en plein jour. Et comme aujourd’hui c’était changement d’heure, l’impression que c’est la nuit qui a gagné. Dans le studio en sous-sol, la même perspective fixe, pourtant : rues vides, minérales. Ce matin, un rayon orange presque horizontal accrochant les toits, plus loin où ça surplombe (…)
-
2009.10.31 | Montréal, le terrier
31 octobre 2009, par François BonParlé longuement hier du Terrier, en cours (en allemand : Der Bau), en tout cas plus longuement que j’avais prévu, même si c’est toujours une sorte de libre dérive surprenante pour soi-même, de s’embarquer à partager Kafka. Donc, cette problématique uniquement dynamique, creuser chambres et galeries, et impossibilité d’en déduire un narrateur précis, pas du tout comme dans La Taupe géante du même. Est-ce que ça a à voir avec cette construction de site en expansion permanente ? Ou avec ces (…)
-
mots-croisés
30 octobre 2009, par François BonN’ai pas pu m’empêcher de photographier cette annonce. Pourtant, les mots-croisés me semblent faits pour ça : qu’on écrive dans les supports qu’on lit. Dans les salles d’attente dentistes médecins, ils sont toujours remplis en partie. Ou bien la page arrachée, pliée et mise dans la poche (pas par moi ou pas pour moi, je ne pratique pas : il me semble que – par définition – ayant été rédigés pour une solution qu’ils contiennent, il ne m’importe pas de la chercher). Faire des mots-croisés sur (…)
-
annexes
28 octobre 2009, par François BonLe taxi longe deux kilomètres de cimetière : c’est le plus grand de la ville, nous dit le chauffeur. Et puis, à ce carrefour avec station-service, bouffe-vite et je ne sais quelle enseigne d’électro-ménager, le centre social et le bâtiment éclairé qui, toujours d’après le chauffeur "ça, ça ressemble à une bibliothèque". Oui, la rencontre est chaleureuse, presque vingt personnes, et on a le même âge, ça rapproche. Qu’est-ce que nous intériorisons, pour la littérature, d’à qui elle s’adresse (…)
-
organismes
27 octobre 2009, par François BonLes Québécois ne doivent pas s’en étonner, mais curieux spectacle ces quelques écureuils gris ou noirs qui s’obstinent, et restent hébétés au ralenti dans un coin de jardin. Peut-être effrayés de leur propre hivernement à venir ? Pourtant, à le regarder longtemps, celui de ce matin, l’idée que ce ne serait pas si mal pour soi-même, on reverrait la politique, le compte en banque et même probablement son propre travail d’un autre oeil, dans six mois, au réveil. Reste à apprendre.
-
2019.10.26 | marcher, Québec sans bout
26 octobre 2009, par François BonCes marches où toujours l’espace surprend parce que c’est trop grand : la ville au loin est toujours une image, dans sa superposition verticale, à quoi le soleil rasant arrache des reflets de conte. Qu’on se retourne : la montagne, sombre. Qu’on se retourne : échappée sur le fleuve, grise, violente (ils disent « le fleuve, l’eau », jamais constaté qu’ils l’appellent de son nom). Un pont, trois rues, la ville se refait, identique. Les voitures ne ralentissent pas. Dans les maisons, ils sont (…)