vers un écrire/fim #02 | une minute un de la ville.

Il est au milieu du plan | devant un éboulis de pierres | a sa gauche un vieil olivier | qui se détache sur un fond grisâtre | à la main droite un téléphone portable | main gauche sur la ceinture | en jean et chemise à carreau | le tee-shirt noir | tenue décontractée | mais visage crispé | on le sent contrarié | il regarde vers le bas | on entend le bruit d’un moteur | et des coups de pioche | une voix assourdie parle de prêter… | Non ce n’est pas ça d’une voix tranchante | un corbeau moqueur croasse comme lui | les coups de pioche ne s’arrêtent jamais | il tutoie le gars qu’on entend en-bas | sans le voir | pour avoir du thé | l’ouvrier lui répond en le vouvoyant | lui se déplace sans hâte | sur sa droite | de nouveau un plan fixe | il s’assied au pied d’un autre olivier | où fume une bouilloire | la vapeur s’évente sur la droite | forme des petits nuages | il voudrait du lait | d’en bas une voix assourdie | au village n’importe qui lui en donnera | lui n’en n’a pas trouvé | il se sert du thé | imperturbables les coups de pioche | toujours hors champ | lui hautain se lève | fait deux trois pas sur sa gauche | s’assied sur une pierre | en touillant son thé | le nez presque dedans | la voix d’en-bas parle à un autre | à côté du piocheur | de nouveau quand il leur répond | trois corbeaux piaillent aussi | changement total de plan | on le quitte lui | la voiture qu’on entendait ronfler | est déjà au milieu du plan | une diagonale coupe l’image en deux | a gauche on laisse une colline sèche et brune | à droite, une vallée verte | en petits carrés de champs | bordés de petits arbres | | la fumée blanche | du pot d’échappement de la voiture | laisse une trainée | deuxième diagonale croisant la première | juste là où la route tourne derrière la colline | les coup de pioche et le bruit de la voiture | continuent deux secondes.

5 commentaires à propos de “vers un écrire/fim #02 | une minute un de la ville.”

    • Brigitte, lui c’est un qui se dit d’abord ingénieur, il vient de la ville , et se fiche pas mal de l’ouvrier en bas et des paysans du coin, En fait, il vient faire un film documentaire sur les rituels des funérailles et il attend que la vieille femme meure, ce qui traîne et ne vient pas : ainsi il pourra mieux les voir et les écouter. C’est le film d’Abbas Kiarostami “Le vent nous emportera”

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