vers un écrire/film #02 | course-poursuite

Son regard | inquiet effronté | se déporte depuis l’homme vers la chaussée | quand elle ne le regarde plus | c’est là | qu’il apparait | des lunettes sur un nez imposant | des lèvres charnues qui remuent un langage étranger | Il parle et | son profil avale les briques de maisons les vêtements des passants les marches des immeubles | Elle | n’aime pas ce qu’elle entend elle le pénètre du regard à nouveau elle l’interroge elle n’est pas contente | il détourne les yeux | quand surgit le petit garçon | à vélo | sa chevelure claire détonne sur les briques des bâtiments | une petite lumière qui avance à contre-sens | il fait la course | une course à rebours | un jeu d’enfants | il est heureux et les observe | il les suit des roues et des yeux | il ne regarde | qu’eux | ce couple de papa et de sa fille | ce n’est pas sa fille | il ne regarde qu’eux ne regarde pas à droite | il file comme le vent joue dans ses cheveux | la passante adossée à son mur | il ne la voit pas | son reflet dans les fenêtres basses | il ne le voit pas | il roule | lui et son vélo ne sont qu’un | il roule | fluide | Elle | elle ne le voit pas | aussi fort qu’il roule elle ne le voit pas | son chemin à elle est sombre et brumeux | son chemin à elle manque de lumière | son chemin à elle n’est pas droit | il y a un virage | son chemin à elle est inquiet | elle cherche des regards familiers entre les rues

A propos de Lamya Ygarmaten

A quitté l'enseignement et la France pour le web et le Maroc. Doublement étrangère dans un pays. Ecrit des chroniques de lectures sur instagram : lamia.gormit, et maintenant les dit sur youtube (Ya Lam)

8 commentaires à propos de “vers un écrire/film #02 | course-poursuite”

  1. La scène fonctionne très bien, même sans (re)connaître cette minute de film, les personnages sont là, incarnés, présents. J’aime beaucoup la scansion | Elle | que le pronom | ça pose le personnage aussi bien qu’un plan sur un visage ou un corps.

  2. “son profil avale les briques de maisons les vêtements des passants les marches des immeubles ” “sa chevelure claire détonne sur les briques des bâtiments”
    il et Elle dans ce jeu de regards qui se croisent. Roulent. Voient et ne voient pas. et la lumière et l’ombre. J’aime les images et le mouvement.

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