#40jours #20 | la main donne

Donne aubervilliers l’instinct de toi, un instinct donné de toi, mon aubervilliers ma pantin depuis le collège et tous les lycées des quartiers bâtisses imprenables, milliers de langues qui donne poussent et secouent donne les écoles avec la rumba le bongo donne où la haine ne rime avec rien car s’ouvrent en grand les classes d’accueil pour les enfants donne pour les anciens donne, pour tous les squats les bidonvilles tu n’imagines pas le nombre de maisons d’écoles d’associations de mains tendues, les professeurs mains sur le cœur pour les enfants pour les anciens, les noms taggués sur les briques rouges donne le long des lignes du RER en pensée donne parmi les rails avec reggae sur les oreilles, faut que ça chante mains sur le cœur, rumba samba bibliothèques de quartiers moussent de pages, coupé-décalé les petites criques ensyllabées donne on n’oublie pas le rouge carmina Lagos et Manhattan donne partout les briques font des usines afro-souk  donne l’orange des étoffes, simili soies, donne le souk embruns dociles dans les cheveux, souples friser doucement les rues donne et sent bon la mangue le safran dans les odeurs ravageuses de soleil à te faire courir entre les vitrines les coiffeurs, étals de bouchers, ronde des viandes au resto grec donne des mains qui tchèquent sermonnent et te saluent donne ô salam pincent la joue, te fixent dans les yeux comme la rue te fixe le cœur avec la tendresse d’un Django qui fume au balcon par-dessus donne la joie de tous les restaurants où tu fais tomber ta vie sur le dossier d’une chaise donne accoudé aux frêles souvenirs, mais l’accordéon t’emmène en bateau trop beau donne le clair d’un petit verre de thé quand les grands s’agenouillent au crépuscule, rassemblent tous les mômes donne un instinct de toi, mon aubervilliers ma pantin, rentre tes pas dans les miens pour donner la beauté brique et branque des filles à talons

Quand viennent les étoiles – et tous les cinémas. Donne.

A propos de Françoise Breton

aime enseigner, des lettres et du théâtre, en Seine-Saint-Denis, puis en Essonne, au Cada de Savigny, des errances au piano, si peu de temps pour écrire. Alors les trajets en RER (D, B, C...), l'atelier de François Bon, les rencontres, les revues, ont permis l'émergence de quelques recueils, nouvelles, poèmes. D'abord "Afghanes et autres récits", puis en revues "Le ventre et l'oreille", "Traversées", "Cabaret", "La Femelle du Requin"... Mais avant tout, vive le collectif ! Création avec mes anciens élèves d'Aulnay-Sous-Bois de la revue numérique Les Villes en Voix, qui accueille tous les textes reçus, photos, toiles...

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