#anthologie #08 | qui parle à son corps.

La clef si simple, si nue, qu’elle semble remplaçable. Un bout de fer suffirait, pense-t-on avant de renoncer. Si peu de dents au bout — ces longues clefs par endroit rouillées. Si peu suffirait, pense-t-on. Jeux de doigts pour trouver l’accroche. Bouger dans le trou, pas de mouvement brusque. Et ça s’enclenche, on ne sait comment, comme un jeu. L’agacement quand hâtés de fermer ou d’ouvrir. Ce sentiment de petit miracle quand ça cède, comme surpris de soi.
Parfois je prie ne pas y arriver. Que sa chambre reste enfermée derrière la porte. Que la porte soit mur à tout souvenir.

A propos de Gracia Bejjani

Je suis née à Beyrouth. À vingt ans à peine, j’ai quitté famille, amis et pays. Quitté pour une autre vie, une autre langue, un autre possible. J’écris en français avec l’arabe en moi, ce corps d’avant les mots. J’écris depuis l’intérieur des choses, des espaces, des êtres. Mon roman "Sobhiyé – Corps de femmes" a paru aux Accro Éditions en 2026, précédé du recueil "J’ai appris à parler sur tes lèvres" (La Kainfristanaise, 2024). Mes textes circulent également en revues et anthologies. graciabejjani.fr youtube.com/@graciabejjani

4 commentaires à propos de “#anthologie #08 | qui parle à son corps.”

  1. Une chambre boîte de Pandore. Merci pour ce texte Gracia, qui ne veut pas ouvrir la porte…