#construire # 11| Quelle panade

Le thème de la panne me met en panne. Qu’est-ce qui peut bien me dépanner ? Une fois dépannée, j’oublie la panne pour tomber dans la suivante. A chaque panne son dépannage.

Marcher, des idées surgissent entre deux pas, parfois. Entre deux pas, fin de la panne, euréka ! mais pas toujours. 

Le ménage, 2e antidote, non qu’elle stoppe la panne mais on n’y pense plus avec la satisfaction qu’au moins quelque chose avance…

Écrire la panne, c’est ce que je suis en train de faire et ça tourne vite en rond. Vous allez voir…

On ne peut quand même pas écrire sans arrêt la panne. Se parer de panne comme un  vulgaire roastbeef.

Les jeux de mots idiots comme anti-panne: un vieux truc productif, pas toujours qualitatif mais faut bien sortir de la panne, on ne peut pas stationner comme ça au milieu de la voie. Ça encombre. 

Préparer des escalopes panées, à la milanaise s’entend et tant qu’à faire… 

Avoir recours au dictionnaire, un excellent anti-panne, parfois. Ça ne mène pas bien loin comme ce qui suit le démontre mais ça occupe :

panner c’est aussi creuser avec la panne du marteau (la partie la plus mince avec laquelle on peut creuser ou extirper un clou) autrement dit creuser la panne, panner la panne en somme pourrait mener quelque part… 

La panne peut être de velours et c’est l’étoffe la plus fluide qui soit, contrairement à l’extinction de toute fluidité dans la panne textuelle comme dans la panne sexuelle.

La panne sèche est la plus redoutée et pas bien loin de la panade, d’autant que les pannes sont des œuvres médiocres, on peut donc dire que la panne nous abrite de commettre des pannes.

La panne peut être une saisie, vous saisissez ? je te panne ta TV en guise de rétorsion. Je ne panne vraiment rien à tout ce fatras.

J’ai tenté d’incarner mes pannes, je les ai appelées Le Juge, ou plutôt, j’ai désigné le juge comme en étant la cause : il me jugeait. Il me coupait l’herbe sous le pied. Il m’inhibait, le chien. Le Juge, redoutable figure paternelle m’a conduite dans le Tube, dont je ne parviens plus à sortir, je suis narrativement en panne…pourtant, mon juge est moins virulent qu’autrefois mais la paresse, ou la fatigue, le découragement sont autrement plus puissants, y a toujours moyen de panner… J’attends le dépanneur, il va encore me coûter les yeux de la tête, je viens pourtant de me faire opérer des yeux et je vois plus clair et ce qui est clair c’est que je ne vois rien. La panne c’est la partie basse de la courbe, attendre qu’elle remonte… parfois… attendre …

Pan prononcé panne veut dire monsieur en polonais. Pan Dupond, par exemple et ça se décline, Pana Duponda à l’accusatif, Panu au génitif, ce qui m’évoque que la panne est un genre de nudité : on n’a plus rien sur soi, plus rien avec soi, ni en soi. Au fait, le Tube sera peut-être titré Nue, je n’ai pas encore tranché. Quel est le rapport ?  Aucun ! ça rallonge mon texte et en cela dépanne un brin la panne, car rien ne dit que la fin de la panne doit être l’excellence, rien ne dit que chaque proposition doit mener quelque part. Rien ne dit que ce qui compte est d’aller quelque part. Rien ne me dit.

A propos de Catherine Plée

Je sais pas qui suis-je ? Quelqu'un quelque part, je crois, qui veut écrire depuis bien longtemps, écrit régulièrement, beaucoup plus sérieusement depuis la découverte de Tierslivre et est bien contente de retrouver la bande des dingues du clavier...

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