Un tableau surement, mais aucune mention du nom de l’artiste. Des couleurs surannées. Des jaunes tendant vers le vert, des verts reflétant le soleil. La présence de palmiers et de fleurs exotiques indiquent un pays lointain. Un siècle passé ?
Une pliure zigzague tout le long de la couverture sans la déchirer. Le coin droit est plié, deux marques qui balafrent le nom de la maison d’édition : Points. Livre neuf ou d’occasion ? Le nom de l’auteur et le titre se calent à l’opposé, en lettres blanches, épaisses. Au dos de la couverture ou sur la première page, je n’ai noté ni mon prénom ni la date à laquelle je l’ai acheté. L’édition date de 1980. J’avais 9 ans. Il n’était pas de mes lectures à cet âge-là. Il est rangé dans l’étagère de droite en entrant dans la chambre, celle aux casiers 19×19 cm, lui, mesure 18×11 cm, calé entre l’Enchanteur et la Nuit des Temps de Barjavel, l’étagère de mon époque de jeune maman. Chez un bouquiniste ce week-end, la même illustration de couverture, la même édition, les mêmes traducteurs, mais une tranche de 2,5 cm, un centimètre de plus que celle de mon édition. Il s’agit pourtant d’un « texte intégral ». C’est noté en bas à droite en lettres blanches capitales, si petites et mêlées aux feuilles vert foncé des plantes exotiques qu’on les distingue à peine, positionné près de deux cercles que l’on prendrait pour un œil, et au-dessus, le mot Roman. Alors ? Typographie plus petite, papier plus fin ? La quatrième de couverture résume l’ouvrage, rappelle le prix que l’auteur a obtenu en 1982. Il m’en reste une perception foisonnante, une nostalgie et un tourbillon. Un livre à relire. Je m’en fais souvent la remarque.