Il y avait un globe terrestre sur le bureau de mon grand-père, à côté d’un grand bocal transparent contenant des pastilles à la menthe couleur de la mer. Ces nombreuses pastilles collées les unes aux autres, comme les gouttes d’eau inséparables des océans me fascinaient. Le globe et le bocal, deux objets pour un premier souvenir d’atlas. Difficile d’en trouver d’autres, si ce n’est l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud que nous devions dessiner à l’école primaire et j’avais adoré. Cela reste encore les deux seuls pays de mon atlas imaginaire. Je voyage autour du monde, j’écris un journal, je note les escales et pourtant je suis incapable de donner le circuit exact de notre bateau. J’ai un rapport aux plans, aux cartes routières assez fantaisiste et déconcertant. Sous mon ordinateur le plan de travail est un planisphère, avec la volonté de m’améliorer, de me représenter les pays, les continents. Tous les jours, tu visualises, tu apprends, et bien non impossible. Aucune amélioration. Il faudrait, je crois, des gens que j’aime sur mes atlas. Les souvenirs des pays que j’ai visités sont les rencontres, les paroles échangées, les musiques, les odeurs, les émotions, je n’ai rien trouvé de tout ça sur mes trois atlas empilés sur une table dans un salon d’hiver. Et pourtant je suis fascinée par leur présence qui me rappelle un globe terrestre et un bocal de pastilles à la menthe couleur des océans.
Un commentaire à propos de “#02 | Couleur de la mer”
Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.
Le bocal de pastilles à la menthe couleur des océans promet un voyage délicieux.