C’est un constat indispensable pour qui déménage souvent : les livres requièrent un petit carton lorsqu’ils déménagent. La tentation est grande de les empiler dans un grand format au prétexte que c’est plus rapide : c’est une erreur. Vos véritables amis, venus vous aider, vous haïront aussitôt pour cette faute de goût. Plusieurs petits cartons plutôt que quelques gros. Toujours. Ignorez ce conseil et vous vous retrouverez seule à traîner ces blocs de béton.
La première fois, mes livres étaient peu nombreux, ils partagèrent un carton de draps et de couvertures. Le constat a donc été découvert ultérieurement. La première fois dont je me souvienne, c’était pour le retour à la maison après la première année d’étude secondaire. Ils étaient peu nombreux, perdus parmi les cours polycopiés. Ces derniers pieusement conservés dans le grenier parental puis jetés en bloc sur une décision conjointe de le vider pour pouvoir y entreposer les cours des étudiants suivants de la fratrie. Ce passage tampon par le grenier semblait nécessaire pour purger ces documents porteurs d’une instruction qui serait peu utilisée telle quelle dans la vie professionnelle.
Mes livres n’étaient pas hébergés au grenier. Ils avaient rejoint l’étagère où trônaient les quelques ouvrages possédés en propre et qui ne m’avaient pas accompagné lors de cette première année. Ils ne m’ont pas suivi, j’en ignore la raison, peut-être étaient-ils à l’abri dans cette chambre qui serait encore la mienne pendant mes années d’étudiante. Il y eut quelques ajouts successifs, peu nombreux, je fréquentais surtout les bibliothèques.
Lors d’un déménagement ultérieur, celui de l’entrée dans la vie active, mes livres ont suivi. Combien étaient-ils, je l’ignore, quels étaient-ils ? J’ai souvenir d’un livre de recettes de cuisine offert avant mon départ du cocon maternel. Lui, était rangé entre la machine à café et la colonne du vide-ordures. Je l’utilisais souvent les premiers temps. La bibliothèque a progressivement élu domicile dans la chambre, jusqu’à couvrir tout un pan de mur. Un empilage, assez laid, de briques sur lesquelles reposaient des étagères en bois. Les ouvrages pouvant être placés debout ou allongés. Pourquoi la chambre et pas le salon ? Là encore, le choix n’était pas raisonné. Il perdure, ma bibliothèque actuelle est toujours dans une chambre. La maison est spacieuse, c’est à présent un véritable meuble dans la chambre d’amis. De déménagement en déménagement, elle s’est étendue. Les petits cartons se multiplient. C’est devenu une routine, une demi-étagère d’une vingtaine d’ouvrages pour les gros volumes, une étagère et demie pour les poches. Inutile de noter le genre sur le carton, lors de la réinstallation, ils seront rangés par auteurs tout formats confondus.
J’aime le titre! Merci pour cette histoire, et une fois encore on voit ce lien de l’organisation des livres, pour chacun semblable et différent.