Il y a une certaine irritation à voir toutes ces piles de livres couchés dont on ne peut même pas lire les titres, désordres en attente d’un traitement, (lecture, étude, don, classement) lequel traitement ne débouchera jamais sur l’ordre des livres rangés debout, puisqu’il n’y a définitivement plus aucune place. Le rapport à la lecture s’en trouve modifié, le zen de la bibliothèque, fauteuil, silence et surtout disponibilité intérieure, s’éloigne comme dans un couple les irritations premières et sans solution vont s’accumuler, en gâcher inexorablement la sérénité jusqu’à transformation radicale.
Fort heureusement il reste de l’ordre initial la partie musicologie, quelques rayons magnifiques vieillissant en paix sans aucune consultation, dont on fait la poussière d’un seul geste devant les volumes alignés, soulevant délicatement le seul objet de la bibliothèque, un angelot made in Italy de quatre centimètres, joufflu à souhait, vêtu d’une aube blanche tenue à la taille par une cordelette dorée, les bras levés pour diriger car c’est un petit chef d’orchestre dont la baguette dorée a été cassée, donc finalement transformé en petit chef de choeur, mais il s’en sort quand même très bien pour un objet: longévité, sérénité, sens et fraîcheur. Superbe.
livre, zen et ange…. quel bel ensemble! merci pour ce texte vif et .. superbe!
Merci Eve de ce retour-synthèse. Sobre, j’aime! (Avec ce titre j’aurais pu prévoir ta lecture)
Merci Valérie pour cette bibliothèque en attente de classement, un aveu partagé que faire des livres qui débordent ?
C’est magnifique. Le couple, l’angelot, le chef d’orchestre, un enchantement de si bon matin, merci.
Merci de ta lecture et de ton retour matinal!
J’ai imaginé ces livres empilés
une communauté très zen,
en exercice de yoga,
dans l’attente que l’angelot chef d’orchestre, leur demande
de sa baguette dorée
(même endommagée)
de se relever et de chanter.
Tandis que public des anciens, droit dans sa poussière, se réjouit en silence d’entendre bientôt leurs voix.
Très riche de connaitre ce ricochet du texte sur l’imaginaire du lecteur. On ne sait rien de cela quand on écrit, et c’est donc un retour très précieux. Merci!
on pourrait prêter l’oreille à la musique des livres..
Encore des possibles..exploration sans fin. Merci de ta lecture!